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 La traite des Noirs en 30 questions par Eric Saugera(suite6)

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mihou
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07062005
MessageLa traite des Noirs en 30 questions par Eric Saugera(suite6)

Quand furent abolis la traite et l’esclavage ?
La chronologie de l’abolition chevauche deux siècles et s’étale sur plus de cinquante ans, de la Révolution française à la Seconde République. A elle seule, cette longue durée atteste des résistances qu’il a fallu vaincre pour éradiquer des phénomènes aussi profondément ancrés dans les mentalités. C’est donc tardivement - la Révolution est entrée dans sa sixième année - que la Convention nationale abolit le 16 pluviôse an II (4 février 1794) l’esclavage des Nègres dans toutes les colonies et accorde la citoyenneté française à tous les hommes sans distinction de couleur. L’abolition, qui fut longuement préparée puis votée à l’unanimité, est un des actes essentiels à mettre à l’actif de la Révolution. Mais, outre qu’il ne dit mot de la traite, le décret ne put être véritablement appliqué : on n’en tint pas compte à Bourbon ni à l’Île de France et la guerre maritime ranimée avec l’Angleterre l’année précédente avait coupé la métropole de ses possessions en Guyane et aux Antilles.

Cette première abolition ne correspondait pas au vœu du négoce français et dès que l’occasion se présenta de l’annuler on ne la manqua pas. Bonaparte étant Premier Consul, la paix fut conclue à Amiens le 26 mars 1802 avec l’Angleterre. Les colonies de nouveau accessibles, il fallait renouer sans tarder avec des habitudes qui avaient fait leurs preuves. Au mois d’avril suivant, Bonaparte reçut à Paris une délégation de députés de Nantes, Bordeaux et Marseille à qui il promit impli-citement le retour du commerce négrier. La promesse fut tenue : la loi du 30 floréal an X (20 mai 1802) rétablissait la traite et l’esclavage conformément aux dispositions antérieures à 1789. Un an plus tard, la rupture de la paix priva de sortie les navires négriers jusqu’au retour des Bourbons en 1814.

Louis XVIII n’eut pas le temps de légiférer sur la traite comme l’Angleterre, qui l’avait abolie en 1807, le lui demandait. Napoléon, revenu pour cent jours, prit les devants et décréta la fin de la traite le 29 mars 1815 - dans un geste politique à l’égard des Anglais plus que par humanité vis-à-vis des Noirs. La seconde Restauration ignora cette loi de " l’usurpateur ", mais pas l’Angleterre qui fit pression sur le roi pour que le processus d’abolition de la traite fût accéléré. L’accé-lération fut progressive et ne dura pas moins de seize années : Louis XVIII s’engagea bien le 30 juillet 1815 à interdire immédiatement la traite, mais il fallut une ordonnance et trois lois entre 1817 et 1831 pour mettre un terme à l’activité négrière française commencée presque deux siècles plus tôt. L’interdiction de la traite ne pouvait être complètement respectée tant que l’esclavage persistait. L’Angleterre montra la voie en l’abolissant en 1833, mais la France traîna encore des pieds pour la suivre. C’est Victor Schœlcher, sous-secrétaire d’État aux Colonies de la Seconde République naissante, qui obtint le 27 avril 1848 la signature du décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises.

La traite et l’esclavage avaient officiellement disparu mais pas le besoin d’une main-d’œuvre abondante et bon marché, aussi la France recourut-elle à d’autres sources et à d’autres méthodes.
Qu’appelle-t-on la traite illégale ?

L’historiographie récente désigne ainsi la traite négrière pratiquée en contravention avec la loi, sous la Restauration et la monarchie de Juillet.

Le 8 janvier 1817, le gouvernement français promulgua une ordonnance menaçant de confiscation tout navire tentant d’introduire des Noirs dans une colonie française. Cette première mesure coercitive ne devait pas inquiéter les armateurs négriers qui préféraient y voir une manière de calmer l’impatience britannique : rien ne les empêchait d’embarquer des marchandises de traite en France ni des captifs en Afrique... Le 15 avril 1818 l’ordonnance devint la première loi abolitionniste française sans que la détermination des intéressés en fût le moins du monde diminuée. Plutôt que d’apprécier les motifs humanitaires qui présidaientàcette lutte anti-négrière, les armateurs préféraient s’insurger contre les Anglais accusés de vouloir saboter l’économie nationale. Continuer la traite, c’était faire acte de patriotisme. C’était aussi gagner de l’argent, comme les belles années d’avant la Révolution en avaient laissé le souvenir.

Toujours est-il que la traite était désormais illégale et non pas clandestine comme on la qualifia longtemps, et pudiquement, à tort. La traite se préparait en dépit de la loi mais non en cachette des autorités qui fermaient les yeux. C’est ainsi qu’à Nantes, on pouvait se procurer des fers à nègres en vente publique ou qu’on armait des navires négriers au nez et à la barbe du commissaire maritime censé les interdire. Nantes tenait à son rang : en 1824-1825, elle expédia autant de navires négriers qu’au cours de ses meilleures années du XVIIIe siècle et, pour l’ensemble de la période illégale, 305 navires, soit 42,5 % des 717 navires français répertoriés par l’historien Serge Daget. Ce dernier chiffre, qui équivaut à 17 % de la traite française toutes époques confondues, montre la difficulté à vaincre des habitudes aussi solidement établies.

Pour venir à bout des récalcitrants, il fallut déployer un arsenal législatif et militaire sans précédent. Deux nouvelles lois, votées en 1827 et 1831, sanctionnaient très lourdement les armateurs et les marins qui y regardèrent désormais à deux fois avant de récidiver. De son côté, la Marine royale fut mise à contribution à partir de 1820 : des bâtiments de guerre modernes furent envoyés aux côtes occidentales de l’Afrique avec pour mission d’arraisonner les navires marchandssus-ceptiblesd’êtreaussi négriers. Les débuts furent timides : les croisières de répression, opportunément frappées de cécité, n’arrêtaient personne. Mais elles finirent par déployer une belle efficacité et se constituer un aussi beau palmarès que celui de la Royal Navy. Il faut dire que depuis 1825, les marins français avaient avantage à faire des prises négrières puisqu’ils tou-chaient une prime de cent francs par Noir " recapturé " et se partageaient le produit de la liquidation du navire négrier saisi.

La Seconde République décida de les supprimer peu de temps après l’abolition de l’esclavage. La traite illégale avait vécu, après avoir mobilisé contre elle des moyens et une volonté longtemps retardés par l’inertie et la complaisance des instances politiques locales et nationales.
Qu’appelle-t-on le coolie trade ?

Au XIXe siècle, les Français désignaient de cette manière les voyages qui relièrent l’Inde aux colonies françaises de l’océan Indien et de l’Atlantique pour les approvisionner en travailleurs libres ou coolies. (La ter-minologie anglaise indique que les Britanniques furent les premiers à pratiquer une activité qu’ils n’hésitaient pas à condamner quand elle était française : jusqu’au lendemain de la Première Guerre mondiale, ils transpor-tèrent de un à deux millions d’Indiens dans leurs propres colonies.) De 1849 à 1889, les navires français intro-duisirent officiellement à La Réunion, à la Martinique et à la Guadeloupe, cent trente mille Indiens - auxquels il faut ajouter ceux de l’émigration clandestine et les travailleurs noirs qui furent engagés sur la côte occidentale de l’Afrique. Émigration volontaire ou traite déguisée ?

La répression de la traite illégale eut comme consé-quence de réduire le nombre des esclaves aux colonies alors que les planteurs en avaient grand besoin pour cultiver une canne à sucre dont la production était en plein essor. Prévoyant la disparition à moyen terme de la main-d’œuvre servile, les grands propriétaires de l’île Bourbon firent appel dès 1827 à des travailleurs libres qui leur arrivèrent l’année suivante du comptoir français de Yanaon. C’était le début d’une émigration planifiée qui durerait soixante ans. En Inde, les agents recruteurs faisaient miroiter à ses habitants miséreux les conditions d’une vie meilleure dans les colonies françaises. Les planteurs qui les enga-geaient pour trois ans, promettaient de leur payer le voyage du retour, un salaire mensuel et tout ce dont ils auraient besoin dans leur nouveau cadre de travail. Mais les coolies déchantèrent rapidement : les conditions du transport maritime étaient mauvaises et celles que leur réservaient sur place les planteurs étaient pires. En 1839, l’émigration fut interdite. On l’autorisa à nouveau en 1849 sous réserve d’améliorations sensibles : engagés pour cinq ans maximum, les coolies, âgés d’au moins 21 ans et en bonne santé, devaient disposer à bord des navires d’une alimentation et d’une place suffisantes. Enfin, c’est en 1852 que l’émigration indienne vers les colonies d’Amérique fut permise et encouragée : trois ans plus tard, l’État accorda à la Com-pagnie Générale Maritime des frères Péreire le monopole du transport et lui alloua une prime d’encouragement de 355 francs par émigrant débarqué. Le trafic des coolies fut un commerce lucratif qu’on doit pourtant différencier du trafic négrier. Les Indiens étaient mieux traités que les Noirs et le taux de mortalité moyen des coolies ships reliant l’Inde à l’Amérique fut de 2,7 %, selon l’historien Jacques Weber. En revanche, la condition du coolie dans les colonies rappelait celle de l’esclave et la mortalité y atteignait des taux records de 30 à 50 %. Cela motiva, dans les années 1880, la déci-sion de cesser l’émigration indienne vers les colonies françaises.
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