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 Gorée:La maison des esclaves (suite)

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mihou
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

07062005
MessageGorée:La maison des esclaves (suite)

Gorée en outre se trouvait à proximité de certains royaumes où les compagnies avaient des factoreries.

Par Rufisque à 20 KM elle commerçait avec le Cayor. Mais la cause profonde de l’échec des compagnies françaises résidait dans le fait que la région sénégalienne ne fournissait pas assez d’esclaves comparativement aux autres zones.

La technique utilisée par les Portuguais pour acquérir des esclaves lors de leurs premiers contacts avec l’Afrique était " FILHAMENT ".

On attaquait par surprise des villages dont les habitants étaient alors conduits au Portugal.

Avec le rapide accroissement de la demande, il était urgent de mettre sur pied un système d’acquisition plus rationnel que le rapt. Les populations avaient en effet appris à se méfier des navires. Dès qu’elles apercevaient des mâts, elles faisaient le vide. Les Ports gais cherchèrent donc à établir des relations commerciales normales sur la base d’échange de produits. Ils utilisèrent alors comme interprètes les premiers captifs naguère introduits au Portugal.

Ces esclaves leur fournissaient des renseignements précieux tant sur les sources de l’orsque sur les coutumes des indigènes.

Un trafic relativement régulier s’établit entre les Portuguais et les habitants du littoral.

L’intrusion des autres nations européennes dans ce commerce donna naissance à une catégorie d’individus qui jouèrent le rôle d’intermédiaires entre les compagnies et les Africains.

Ces intermédiaires étaient Noirs ou Mulâtres. Avant de se rendre dans les différents marchés de l’intérieur, ils signaient des contrats par lesquels ils s’engageaient à fournir une quantité déterminée d’esclaves aux bailleurs de fonds qui pouvaient être des négociants ou des agents de compagnie.

Avant le départ vers différents postes de traite on envoyait à grands frais les émissaires pour engager les commerçants de l’intérieur (dioulas) prendre la direction des marchés où se déroulaient les transactions. À l’approche de la date de départ vers les ports où ils devaient rencontrer les Européens ou leurs courtiers, les commerçants de l’intérieur procédaient au ramassage des esclaves qu’ils avaient achetés dans différents marchés de leur pays.

esclavage

Les prix

À l’époque de la traite négrière, les marchands africains avaient déjà de solides traditions commerciales. Les transactions avec le monde méditerranéen ou l’Océan indien en avaient fait des partenaires avisés, très attentifs aux moindres variations des cours des produits. Dans tous les cas, il ne s’agissait pas d’argent monnayé.

Les produits africains étaient troqués contre des articles d’importation. Les mêmes systèmes demeurèrent dans les traites. Les esclaves, marchandises humaines, étaient simplement troqués contre les produits de traite apportés par les négriers. Lors des premiers contacts avec les Africains les Européens introduisaient surtout du fer. Sans doute, les Noirs avaient-ils des hauts fourneaux qui leur permettraient de transformer en fonte les minerais de fer locaux.

La barre de fer devint rapidement la monnaie avec laquelle on achète les esclaves. La quantité de barre proposée dépendait de l’âge et de la condition physique des esclaves. Selon qu’ils étaient grands ou petits, jeunes ou vieux, infirmes ou bien portants, les prix suivaient des courbes variables.

L’esclave étalon qui servait de critère de référence pour la fixation des prix , était la " pièce d’Inde ". C’était un Nègre âgé de 15 à 20 ans, vigoureux, bien constitué et sans aucun défaut. En outre, le Européens inondèrent le marché africain de produits variés allant des textiles aux armes à feu, en passant par les couteaux, les sabres, les ustensiles de cuisine et les boissons alcoolisées. Ces articles avaient une grande importance pour les Africains, sinon ils ne les auraient pas acceptés.

Mais certains d’entre eux s’avérèrent finalement désastreux pour la santé de la population. Les spiritueux minèrent ceux qui les utilisaient sans retenue. Les armes à feu facilitèrent les destructions sur grande échelle des personnes et des biens même si ailleurs elles favorisèrent la constitution d’États forts.

Dans l’état présent, il n’est pas possible de convertir en monnaies actuelles la valeur des marchandises introduites en Afrique.

Les prix que payaient les marchands européens pour se procurer la marchandise différaient profondément de la valeur qu’ils mettaient en elles en venant les proposer aux commerçants africains. À la fin du XVIIe siècle le Européens s’étaient entendus pour faire du prix de vente en Afrique le double de celui d’achat. Ils devaient en effet faire face aux dépenses exigées par l’assurance, l’armement des bateaux et les pertes.

Mais en jetant un regard rétrospectif sur une longue période de l’histoire africaine, on ne peut s’empêcher de dire que c’est en définitive avec de la pacotille que l’Europe a privé l’Afrique de ses éléments les plus robustes au profit du Nouveau Monde.

Les conséquences politiques

Les conséquences politiques ne sont pas moins importantes que les conséquences économiques ou démographiques.

La traite bouleversa les structures politiques de certains États et incita quelques collectivités à réorganiser leurs structures afin d’être à même de faire face à la situation.

Mais la traite fit subir à la société africaine de profonds bouleversements. Les normes et valeurs morales traditionnelles étaient quotidiennement bafouées et les guerres avaient fini par endurcir l’homme. La recherche de quelques esclaves se transforma en une véritable chasse à l’homme. Les plus forts vendaient les plus faibles. Les collectivités familiales ou tribales transmettaient aux jeunes générations la haine implacable du voisin.

Et cependant, faisant totalement abstraction des factures que commandèrent l’évolution de la société africaine, certains Européens, trop heureux de porter au compte des Noirs les turpitudes inhérentes à la traite, se sont dépêchés de prononcer des condamnations sans appel des Africains en parlant de leur barbarie et de la honte qu’inspirait leur société esclavagiste.

Quelques historiens poussèrent le cynisme jusqu’à affirmer que les Noirs transplantés dans le Nouveau Monde y vivaient dans des conditions meilleures que celles de leurs congénères restés en Afrique, que les colonies à plantation étaient comparativement à l’Afrique, un véritable paradis pour les Noirs.

Il ne paraît pas utile d’ouvrir une polémique avec ces écrivains qui, exclusivement mus par la volonté de disculper l’Europe, considéreront comme un havre de paix la dramatique existence des esclaves dans les plantations.

L’esclavage, je l’ai déjà dit plus haut, existait bien avant l’arrivée des Européens, mais il n’était nullement comparable à celui qu’il était en Amérique. Je suis cependant d’avis que, si leur condition n’était pas rude, l’institution servile n’en était pas moins condamnable. On ne peut pas humaniser l’esclavage du moment qu’il prive des être humains de liberté.


L’actuelle Maison des Esclaves date de 1776, construite par les Hollandais --- C’est la dernière esclaverie en date à Gorée parce que les premières remontent à 1536, construites par les Portugais, premiers Européens à fouler le sol de l’île en 1444 .

L’effectif variait entre 150 à 200 êtres humains (hommes --- femmes --- enfants) séparés de cellules --- Ils étaient assis, le dos contre les murs et des carcans les maintenaient au cou et aux bras --- On ne les libérait qu’une fois par jour afin de leur permettre de satisfaire leurs besoins.

Généralement les esclaves vivaient dans un état d’hygiène si repoussant que la première épidémie de peste qui a ravagé l’île en 1779 est partie de ce sanctuaire.

Bien des fois dans cette Maison, il s’y trouvait toute la famille. Le père la mère et l’enfant étaient systématiquement séparés. Leur destination dépendait des acquéreurs, le père pouvait se retrouver en Louisiane, la mère au Brésil ou à Cuba et l’enfant partait pour Haïti ou les Antilles.

Ils partaient de Gorée sous des numéros matricules et non sous leurs noms africains. Une fois arrivés dans les plantations, ils optaient pour le nom de leurs propres maîtres blancs.

Exemple : Noirs des USA : anglais

Noirs du Brésil : portugais

Noirs de Cuba : espagnol

Noirs d’Haïti : ou des Antilles françaises : noms ou prénoms français

La valeur d’un homme dépendait de son poids et de sa musculature; le poids minimum étant de 60 kg, ils étaient engraissés comme des oies pour atteindre le poids exigé, au moment de la vente.

La valeur d’un enfant dépendait de sa denture et la valeur d’une femme de ses seins --- jeune fille n’étant pas considérée comme vierge une fois que ses seins s’affaissaient --- (une ancienne coutume africaine qu’à l’époque les négriers avaient empruntée pour mieux vendre leurs marchandises humaines).

Bien des fois, les jeunes filles esclaves avaient des rapports avec les négriers et quand l’on constatait leur état de grossesse, elles étaient mises en liberté dans l’île ou à Saint-Louis du Sénégal.

Sous les escaliers en fer à cheval se trouvent des oubliettes réservées aux récalcitrants.


Il y a aussi la chambre de pesage car la valeur d’un homme dépendait de son poids et de sa musculature. Les hommes une fois pesés étaient acheminés entre les deux escaliers en fer à cheval dans la cours on les palpait comme du bétail afin de permettre à l’acheteur et au marchand européens accoudés au balcon de juger sur la valeur musculaire de chacun.

Chaque race africaine avait sa cote et sa spécialisation, comme une espèce bovine ou chevaline ; la race la plus cotée était " YORUBA ", types de l’ouest du Nigéria et de l’est du Bénin (Ex Dahomey). Les " YORUBA " étaient considérés comme éléments géniteurs (reproduction) et on les appelait esclaves " BOUCS " ou " ÉTALONS ".

Longeant le long couloir donnant sur la mer, nous avons la porte du " Voyage sans retour " d’où un petit quai en rônier (bois de palmier) servait pour les embarquements d’esclaves. Face à la mer, deux galeries de surveillance où se tiennent les gardiens, esclaves affranchis l’arme à la main, car à chaque embarquement d’esclaves, certains esclaves tentaient de s’évader en plongeant. Ces pauvres ne pouvant aller loin parce qu’abattus par les gardiens ou dévorés par les requins --- (malades ou agonisant étant jetés à la mer, cela attirait les requins).

De cette porte, pour un voyage sans retour, ils allaient, nos ancêtres martyrs, les yeux fixés sur l’infini de la souffrance.

Ces hommes, ces femmes et ces enfants traversèrent physiquement et moralement des mondes, abandonnant ce qu’ils étaient et devenant des être d’un peuple à venir. Ils formèrent qu’un seul peuple : afro-américain.

L’esclavage aura duré trois siècles à Gorée : de 1536, premières esclaveries portugaises, à 1848 date de son abolition par la France. Trois siècles pendant lesquels 15 à 20 millions de Noirs émanant de toute l’Afrique de l’Ouest ont quitté Gorée pour les Amériques dont 6 millions sont morts de privation ou de mauvais traitements.

C’est une des plus belles races qui paraît d’Afrique, parce que sélectionnées.

Les meilleurs athlètes du monde, ne sont-ils pas ces Noirs américains?
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