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 Une "black bourgeoisie" sud-africaine émerge

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Tite Prout
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15042006
MessageUne "black bourgeoisie" sud-africaine émerge

Une "black bourgeoisie" sud-africaine émerge dans les grandes villes, consomme et se surendette
LE MONDE | 15.04.06 | 14h16 • Mis à jour le 15.04.06 | 14h16
JOHANNESBURG CORRESPONDANTE


Tous les samedis, c'est le même rituel : Sibongile et Nozi jouent avec leurs cartes de crédit. A 23 ans, ces deux amies d'enfance n'ont qu'un loisir, faire du shopping. Elles pensent d'ailleurs s'offrir bientôt un voyage à Paris ou en Thaïlande, toujours pour faire du shopping.

Jeunes, jolies, sans complexe, elles font partie de la génération "born free", celle qui est née libre du joug de l'apartheid. Toutes deux sont cadres dans des entreprises privées et gagnent confortablement leur vie. Nozi a déjà acheté une maison, Sibongile s'est offert sa première voiture, une "mini-Cooper", très tendance.

En Afrique du Sud, on les appelle les "Buppies", les blacks yuppies, ou les "Black Diamonds", les diamants noirs, parfois la "blackoisie", la bourgeoisie noire. Quasiment inexistante sous l'ancien régime, cette classe moyenne se développe rapidement. En 2005, plus de 400 000 foyers sont venus grossir les rangs des ménages gagnant entre 800 et 1 500 euros par mois. La progression observée entre 1998 et 2004 est spectaculaire : le nombre de familles noires vivant avec un salaire mensuel supérieur à 1 600 euros a augmenté de 368 %.

Un phénomène visible surtout dans les grandes villes. Dans le centre commercial de Sandton, temple de la consommation du nord de Johannesburg, s'est ouvert l'unique magasin Vuitton d'Afrique. A Sandton, on trouve tout le luxe européen, du stylo plume à 400 euros au sac à main à 10 000 euros.

Les premiers postes de consommation restent les biens d'équipement, télévision, réfrigérateur, chaîne hi-fi ou ordinateur. La classe moyenne noire dépense aussi de plus en plus en vêtements. Les magasins d'habillement ont des ventes qui ont augmenté de 18 % à 25 % par an ces trois dernières années. L'émergence de cette "black bourgeoisie" se mesure aussi à la croissance du parc automobile. A Johannesburg ou au Cap, la circulation est passée de fluide à totalement congestionnée en moins de cinq ans. Les ventes de voitures augmentent de 25 % par an.

Simphile, 33 ans, conduit une Mercedes classe C. Cadre dans un centre de formation à l'audiovisuel, il n'a qu'un leitmotiv : "Gagner plus d'argent." "Tout ce que je fais doit me rapporter plus, explique-t-il. Je joue au golf, je trouve ça ennuyeux, on marche pendant des heures, mais je dois le faire, c'est comme ça qu'on rencontre des gens, qu'on fait du business."

LES DISPARITÉS PERSISTENT

A son fils de 8 ans, il veut transmettre deux valeurs fondamentales : "Etre fier d'être un Zoulou, et plus tard gagner le plus d'argent possible. Mais ne croyez pas que nous ne sommes qu'une génération de matérialistes, précise Simphile, nous participons au développement de ce pays. Par notre réussite, nous montrons que nous, les Noirs, pouvons faire aussi bien que les Blancs, que nous n'avons pas besoin d'eux pour faire prospérer l'Afrique du Sud."

Cette classe moyenne bénéficie d'une conjoncture favorable : une croissance économique de plus de 5 % par an, et des taux d'intérêt très bas. Ensuite, l'ouverture de la fonction publique à la majorité noire, celle des universités, autrefois réservées aux Blancs, et surtout l'"affirmative action". Cette politique nationale de discrimination positive donne la priorité à l'embauche aux "personnes désavantagées dans le passé", c'est-à-dire les Noirs, et surtout les femmes noires.

Sibongile a bénéficié de l'"affirmative action" quand elle a postulé il y a un an pour un nouvel emploi. "Je ne me sens pas avantagée, c'est normal. Je mérite ce que j'ai. C'est vrai que des portes s'ouvrent pour nous, mais encore faut-il les pousser", commente-t-elle. Jabu est aussi cadre, mais, à 50 ans, il porte un regard critique sur cette jeune génération de "bourgeois". "L'"affirmative action" n'est pas une politique efficace. On ne fait que remplacer des employés par d'autres sur des critères de race ou de sexe. Il n'y a pas de création d'emplois", explique ce spécialiste en communication. Pour lui, ces jeunes, "trop gâtés", ont perdu le sens des valeurs : "Les enfants s'amusent avec des téléphones portables dernier cri, les parents roulent dans des voitures de prestige, c'est une génération de m'as-tu vu."

Selon une étude publiée par l'institut de recherche d'Unilever, la moitié de ces "Black Diamonds" sont surendettés, et moins de 50 % ont planifié leur retraite.

"Le paraître dans notre société est très important. Quand nous rencontrons des Blancs, l'apparence est un signe d'appartenance sociale. Il faut leur ressembler pour être accepté", explique Lerato, directrice financière dans une université privée.

Ni Lerato, qui vient du Lesotho, ni Simphile, Sibongile ou Nozi, originaires du Kwazulu Natal, ne se sentent coupés de leurs racines. Ils gardent des liens très forts avec leur communauté d'origine. Selon l'enquête d'Unilever, même si 84 % des parents souhaitent que leurs enfants parlent couramment anglais, ils pratiquent à la maison une langue africaine. Ces familles continuent aussi d'assister aux cérémonies coutumières.

Quelque deux millions de Sud-Africains appartiennent à cette "black bourgeoisie". Son émergence cache de grandes disparités. A peine 3 % des capitaux listés à la bourse de Johannesburg sont détenus par des Noirs, et, aux postes de direction, on trouve seulement 10 % de Noirs, contre 81,5 % de Blancs. Le chômage frappe près de 40 % de la communauté noire, et 65 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Fabienne Pompey
Article paru dans l'édition du 16.04.06

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-762048@51-762137,0.html
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