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 20 ans après, le blanchiment de l’œuvre de Cheikh Anta Diop

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mihou
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Localisation : Washington D.C.
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11042006
Message20 ans après, le blanchiment de l’œuvre de Cheikh Anta Diop

20 ans après, le blanchiment de l’œuvre de Cheikh Anta Diop s’accélère
28/02/2006
http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1082&PHPSESSID=0f6194c3bd6ed084e1b1b631ae01584e


Il en va de l’égyptologie sérieuse, celle des connaisseurs, comme de celle des profanes attirés par les images, reportages télé, docu-fictions, vérités sur les vérités des pharaons. L’immense œuvre de Cheikh Anta Diop en la matière exerce une attraction thématique et scientifique qui n’a d’égale que la volonté ferme de la dissimuler. Le parricide des mythologies greco-européennes s’impose donc, il faut dénigrer le maître pour mieux spolier le nègre ... 20 ans après, si le savant africain n’est pas momifié, ses travaux subissent l’épreuve inattendue du temps, ils blanchissent à vue d’œil.

Ce serait une espèce de méta programme inavouable des égyptologues conventionnels que de reconvertir les thèmes, résultats, hypothèses fortes de Diop dans leurs propres énoncés, modèles, en tentant de maintenir le cap d’un eurocentrisme incrusté, non pas nécessairement sur toute l’Egypte, mais sur sa connaissance, sur le leadership scientifique en Egyptologie.



Les trois principaux thèmes diopiens sujets à ces assauts décidés en blanchiment sont : l’origine de l’humanité, l’antériorité de l’Egypte sur la Grèce et son modelage des civilisations contemporaines, l’élément nègre dans l’Egypte antique. Trois publications récentes impliquant des autorités incontestées en France tout au moins dans le monde scientifique, permettent de soupeser l’avancée de la leucodermisation de Cheikh Anta Diop : le numéro 293 du magazine «L’Histoire» paru en décembre 2004, la thèse principale de l’ouvrage de l’égyptologue eurocentrique réputée Christiane Desroches Noblecourt intitulé «Le fabuleux héritage égyptien» [Télémaque, 2005] et une publication grand public, le magazine «Ca m’intéresse», N°298 de décembre 2005.

Il est question d’une tendance générale qu’une profusion de productions médiatiques confirme, tels que les programmes de la chaîne franco-allemande Arte, ou des émissions comme Ushuaia sur TF1.



Il est frappant que l’idée d’une origine africaine de l’humanité, au sens où les premiers pas de l’Homme sur terre, à partir de ce que l’histoire peut en dire, se soient faits sur le continent noir, semble presque tombée dans le domaine du lieu commun. Il n’en a pas toujours été ainsi, tant la question télescope les fondements des religions dites monothéistes. Pourtant dans les années 50, Cheikh Anta Diop notamment prend clairement l’option scientifique de l’origine africaine unique de l’homme moderne dans son ouvrage culte Nations nègres et Culture [Présence Africaine, 1954].

L’ensemble des recherches ultérieures des paléontologues a donné raison au savant africain, sans trop jamais le dire. De Yves Coppens qui dès 1959 fit d’importantes découvertes sur ce thème et qui affirme dans un entretien accordé à la revue L’Histoire N°298 [2004]: «Il n’y a aucun doute sur l’origine africaine de l’homme», à la thèse désormais dénommée thèse monogénétique de l’origine de l’homme, il y a une convergence frappante. A la fin des années 80, cette confirmation scientifique est connue comme le scénario «Out of Africa» ou «Arche de Noé», indiquant le berceau unique africain de l’Homo sapiens sapiens sur terre.

De tous les pionniers de cette thèse, il est facile de deviner lequel n’est quasiment jamais cité et reconnu pour ses travaux... que d’autres se sont appropriés avec l’avancée des techniques de recherches et des découvertes de fossiles. Il faut dire que le savant sénégalais, en plus des distorsions de derme et d’africanité dont l’œuvre traite [falsification de l’histoire] et fini par en être elle-même l’objet, est singulièrement desservi en un sens par son à propos et par la scientificité de ses énoncés. Il en subi une forme de consécration négative. Plus l’égyptologie sera scientifique, les faits l’attestent aujourd’hui, et plus elle se rapprochera des conclusions diopiennes et, ceteris paribus, plus elle tentera de le blanchir.



L’antériorité de l’Egypte sur la Grèce est une douloureuse épine dans les pieds des eurocentriques qui en claudiquent toujours, mais commencent pour certains à en faire leur parti, contre mauvaise fortune bon coeur. La culture de la suprémacie, la construction de l’idéologie occidentale sur le miracle grec, ses institutions, son avant-garde dans tous les domaines de la civilisation qui entretient une vielle posture de supériorité perd sacrément de son lustre.

L’œuvre est particulièrement ardue, mutilante, saignante, pourtant, c’est jusqu’aux plus hautes autorités de l’égyptologie mondiale qui se risquent à ce périlleux rééquilibrage de l’influence égyptienne, fatigués d’une confrontation stérile aux faits.



Christiane Desroches Noblecourt, égyptologue française, Conservateur général honoraire du Département Antiquités Egyptiennes du musée du Louvre, chercheur prolifique qui a participé à la rénovation de temples égyptiens en collaboration avec l’Unesco, s’est récemment embarquée sans complexes dans la revendication de l’héritage égyptien de l’Europe. Dans sa livraison au titre évocateur «Le fabuleux héritage de l’Egypte» [Télémaque, 2004], l’égyptologue de renom avance l'hypothèse d'une véritable origine égypto-chrétienne de la civilisation occidentale. Son argumentaire retrouve en Egypte antique le point commun entre «la brique, le jeu de l'oie, l'alphabet, le calendrier, les animaux des fables d'Esope et de La Fontaine, le test de grossesse, les traitements de la cataracte ou de la migraine, les châteaux forts ou encore la symbolique chrétienne de la résurrection et de l'eucharistie». «Leur origine prend sa source au cœur de l'Egypte Ancienne. Philosophie, médecine, techniques et sciences, théologie... ces disciplines fondatrices nous viennent toutes, en droite ligne, des 4 000 ans d'histoire de la civilisation égyptienne» note l’éditeur.



En 1954, Cheikh Anta Diop n’aurait pas dit autre chose. Trop tôt ? ... 50 ans d’«antériorité» africaine sur des thèmes-sanctuaires des refuges de la culture savante occidentale, cela passe très moyennement. Sortie de la plume du savant africain, la vérité historique défendue -du bout des lèvres certes mais quand même- par des historiens leucodermes respectés devient réduction du tout à la culture africaine, affreux afrocentrisme. Deux poids, deux mesures, on ne peut pas dire que la Maat inspire beaucoup ses admirateurs spéculatifs.



La palme d’or de cette réappropriation de l’Egypte antique, civilisation mère et mère des civilisations contemporaine pourrait être attribuée provisoirement au magazine généraliste «Ca M’intéresse» de décembre 2005 dont l’édito ne fait pas dans la dentelle : «Nous sommes tous des Egyptiens! Leur histoire, c’est la nôtre. Ce sont les pharaons qui ont inventé l’organisation politique dominante de notre monde : un Etat centralisé dépassant les limites de la cité et s’appuyant sur une administration puissante. Un millier de générations plus tard, c’est toujours notre modèle. Les fouilles menées actuellement dans le sud du pays racontent comment est né cet empire fondateur. ». Tous les diopiens s’y reconnaîtront sans forcer les traits, et c’est toute proportion gardée la vérité historique qui en sort vainqueur.



Mais l’invisibilité du savant africain est poussée aux limites de la décence. Le magazine «L’Histoire», déjà cité, qui traitait de L’Afrique berceau de l’Humanité, a réussit l’exploit de faire un encadré sur Cheikh Anta Diop, sans aucun renvoi bibliographique, alors que tous les auteurs mentionnés dans le thème étaient assortis d’une bibliographie ne serait-ce que sommaire [?]. Cheikh Anta Diop est pourtant cité nommément, y compris son ouvrage de référence Nations Nègres et Culture par Georges Balandier qui reconnaît la justesse de ses conclusions tout en tentant de les relativiser, alors même que ni la question de l’Egypte ni celle de Diop ne lui est posée. Qui se sent morveux ...



Pour ce qui est de l’Egypte nègre, un double mouvement semble s’être ébranlé depuis quelques années en France. Effrayé par la perspective d’un résultat impossible à assumer, et n’ayant pas trouvé de parade autre que les Blancs à peaux noirs, difficile à rééditer de nos jours, il est urgent de ruser, d’attendre un éventuel accident historiographique qui permettrait à la pensée eurocentrique de faire la paix avec les évidences scientifiques.

Le temps d’attente s’appelle désormais les Pharaons noirs, laissant entendre et sous-entendre à souhait que les «vrais» pharaons étaient autres que noirs, mais manquant généralement de cran pour insulter la réalité historique au point d’affirmer explicitement qu’ils étaient blancs. Tout est dans le non-dit, sa subtilité, d’autant que Hollywood, les bandes dessinées, les docu-fictions se chargent de blanchir les Egyptiens y compris de vocaliser entièrement une langue que les spécialistes savent écrire, translittérer mais peinent à restituer phonétiquement ... Du joli.

D’où une notoriété, une véritable mode de la Nubie, de la Haute Egypte, du Soudan, fabriquant mentalement l’idéologie d’une périphérie de l’Egypte, de la vraie Egypte orientalo-méditerranéenne impensable en noir. A l’arrivée, malgré tout, même cerné par les filets de l’exception, de l’usurpation, les Noirs africains sont associés illégitimes à la grande Egypte.

Les représentations courantes continuent cependant de diffuser la place la seule audible du Noir, de l’Africain en Egypte antique, celle de l’esclave, qui sied tant à l’image que l’Europe ne pourrait s’abstenir de donner des Africains sans questionner sa propre place. L’anachronisme des esclaves transsahariens facilite ces raccourcis commodes quoique présumés et dénués de valeur scientifique.



20 ans après le départ de Cheikh Anta Diop -1923-1986- au terme d’une vie dédiée à la science, à l’histoire africaine et à la Renaissance panafricaine, son héritage volé se propage en Europe sans son nom, alimentant une nouvelle égyptologie mondiale. Tout se passe comme si l’histoire eurocentrique exigeait le tribut Cheikh Anta Diop pour céder du terrain à la vérité historique, une Egypte un peu plus nègre au prix d’une égyptologie toujours plus blanche. Les emprunts clandestins à Diop se multiplient alors, mais la force de la vérité historique n’est pas de se laisser instrumentaliser dans sa dynamique, car progressivement les eurocentristes ouvrent la boîte de pandores.

Par ailleurs des savants de bonne foi de toutes origines reconnaissent l’œuvre de Diop et leur position sera confortée par les générations nouvelles plus tenues par des exigences de concurrence, de productivité scientifique qui amoindriront le traumatisme diopien sur l’ancienne garde. Il y a aussi la génération montante des antadiopiens, les chercheurs africains américains, caribéens, africains qui prendront le moment venu leur rôle et leur responsabilité dans une écriture institutionnelle et scientifique de l’histoire.

Z.B
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