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 La troisième colonisation de l'Afrique #2

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Tite Prout
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Date d'inscription : 01/06/2005

10042006
MessageLa troisième colonisation de l'Afrique #2

Le vote qui aurait pu corriger tant d’injustices et d’aberrations est devenu une mascarade. Seules les personnes élues par les urnes en profitent, motivées par le contrôle des biens publics et des institutions, pour s’enrichir impunément. " En plus de cela, dans l'actuel processus de délocalisation, les pays d’Afrique Noire n'intéressent même pas pour l'implantation d'entreprises du Nord. Ces dernières s'installent dans des pays émergents d'Asie ou dans les anciens pays de l’Est, intégrés à l'Union Européenne.

Encore une fois, l'Afrique reste reléguée au rang de simple pourvoyeur de matières premières. Déficit démocratique Ce terme fut employé par l'actuel (ancien) président de l'Union Africaine et chef de l'État Fédéral du Nigeria, Olusegun Obasanjo, en se référant à la Côte l'Ivoire, durant la célébration de l'accord dénommé Accra III qui s’est tenu dans la capitale ghanéenne les 29 et 30 juillet 2004. Mais, à la rigueur, cela pourrait s'appliquer à la grande majorité des pays africains, en commençant par le Nigeria même. Si l’on observe les systèmes politiques, dans la brève histoire indépendante africaine, quatre étapes se distinguent.

La première étape voit affluer les "pères de la Nation", une première génération de dirigeants élus (plus ou moins) démocratiquement : c'est l'époque des Kwame Nkrumah, Félix Houphouët Boigny, Sékou Touré, Julius Nyerere, Modibo Keita, Joseph Kasabuvu, Léopold Sédar Senghor... Dans la deuxième étape, plusieurs de ces dirigeants se maintiennent, et d’autres, des chefs d’États militaires accèdent au pouvoir par le biais de coups d’États : c'est l'ère de Joseph Ankrah au Ghana, Mobutu Sésé Seko dans l’ancien Zaïre, Jean Bedel Bokassa en République Centrafricaine, Idi Amin Dada en Ouganda...

Tous partagent une caractéristique commune : Ils interdisent les partis politiques et créent un parti unique, fondé par le chef d'État en personne. Il y a cependant eu deux exceptions à cela : la Gambie et le Botswana qui ont maintenu les partis politiques et les élections démocratiques. Plus tard, le Sénégal de Léopold Sédar Senghor s’est joint à eux.

Dans la troisième phase, timide et limitée dans le temps, surviendront quelques militaires disposés à gouverner avec honnêteté : c'est l'ère des Jerry Rawlings, Thomas Sankara et la première partie de la présidence de Samuel K. Doe. Enfin, la quatrième étape voit l’éclosion du multipartisme, suite à la chute du mur de Berlin et des régimes communistes : c'est l'ère des convertis au pluralisme politique, plus ou moins convaincus, tels que Omar Bongo, Mathieu Kérékou, Kenneth Kaunda, Dennis Sassou-Nguesso, Paul Biya, Téodoro Obiang Nguéma... Au milieu de cette quatrième étape, un nouveau phénomène se produit : l'essor du grand banditisme et des milices de divers ordre.

Cela débute avec les conflits au Libéria et s'étend à la Sierra Leone, deux pays installés dans le chaos, dans lesquels des atrocités inimaginables furent commises contre la population civile. Apparaissent en même temps les phénomènes des enfants soldats et les petites filles esclaves sexuelles. Ce phénomène a également pris de l’ampleur au nord de l'Ouganda, où il sévit encore. L'essor du banditisme ou de milices a provoqué, de la même manière, une augmentation démesurée de la circulation des armes en Afrique de l’Ouest.

Une fois la paix retrouvée au Libéria et en Sierra Leone, le trafic d’armes vers d’autres zones chaudes -ou susceptibles de le devenir -a augmenté, comme en Centrafrique, dans le Nord Cameroun (coupeurs de route) et en Côte d’Ivoire. Il n'y a jamais eu autant d'armes en circulation hors du contrôle de l’État, des armes également utilisées pour des vols et des agressions. Selon des données officielles, il y a 40 000 armes en circulation hors du contrôle de l’État au Ghana.

Depuis les presque quatorze années que dure la quatrième étape, la forme d’exercice despotique du pouvoir a à peine changé, bien qu’elle apparaît revêtue d’une formalité démocratique. Dans quelques pays comme la Guinée Équatoriale, il s’exerce de la même manière que dans un système à parti unique. Il existe dans presque tous ces pays une grande faillite démocratique. Dans certains comme le Togo et la Guinée Équatoriale, la faillite est une banqueroute persistante.

Il apparaît alors peu étrange que Jean-Paul Ngoupande, ex-premier ministre de la République Centrafricaine, critique avec dureté le laxisme des dirigeants africains par ces mots : "Plus de quarante ans après la grande vague des indépendances de 1960, nous ne pouvons pas continuer d'imputer la responsabilité exclusive de nos malheurs au colonialisme ou au néocolonialisme des grandes puissances, aux blancs, aux hommes d'affaires étrangers et je ne sais à qui d’autre.

Nous devons accepter, une bonne fois pour toute que nous sommes les principaux coupables. Le fait d'avoir basculé dans la violence, et le laxisme dans la gestion du bien public, dans le vol à grande échelle, le fait de ne pas savoir nous accepter entre ethnies et régions, tout cela a des causes principalement endogènes. L'admettre serait le commencement de la prise de conscience et, par conséquent, de la sagesse ". Cela dit, nous assistons en Afrique à des élections législatives et présidentielles périodiques.

Au cours des dernières années, très peu de coups d'État se sont produits. La démocratie, avec ses imperfections et ses manques, fait son chemin dans un continent trop habitué au bruit des armes. Frustration et nouvelle domination Il est évident que l'adoption du multipartisme ne résout pas les problèmes de vie en communauté et de développement, entre autres raisons parce que cela ne dépend pas seulement du système.

Les régimes militaires et les partis uniques ont eu de moins bons résultats. C’est vrai, on sent l’absence d’un pouvoir réel, accompagné de deux facteurs préoccupants : Premièrement, l'abîme chaque fois plus grand qui se existe entre le pouvoir et la population civile; celle-ci a perdu la foi en ses dirigeants, car ils sont incapables de satisfaire leurs besoins vitaux. La désaffection des populations par rapport au pouvoir les a poussé à se débrouiller comme ils peuvent, en finissant, pour beaucoup d’entre eux- surtout les jeunes hommes – sur les routes d’une Europe mythique et opulente. Autrefois les jeunes hommes africains venaient en Europe pour s'inscrire dans les universités.

Aujourd'hui ils arrivent – plusieurs dans des embarcations de fortunes - pour trouver n'importe quel travail que les Européens ne veulent pas faire. Ce sont les boat people de la désillusion et de la frustration. Deuxièmement, l'assaut des multinationales qui viennent s’installer impunément dans les secteurs clés de l'économie.

Les multinationales sont maintenant la courroie de transmission des anciennes métropoles et des États-Unis, qui considèrent l'Afrique comme une parcelle privilégiée pour leur approvisionnement en hydrocarbures et en minerais stratégiques, indispensables pour poursuivre leur développement économique et technologique. Les États-Unis interviennent déjà ouvertement dans de nombreux pays africains. Comme le montre les visites fréquentes du Secrétaire d'État (l’ancien), Colin Powell, dans quelques pays africains et son intérêt pour la résolution des conflits comme celui du Darfour, au Soudan. Dans d'autres cas, comme en République Démocratique du Congo, ils stimulent ces conflits en se servant de pays Tiers - l'Ouganda et le Rwanda- pour tirer le plus grand profit du chaos.

Il est de plus inquiétant de voir l'apathie qui règne dans les universités africaines, qui devraient être le bouillon de culture des nouvelles générations, bien préparées à renouveler les administrations publiques et mêmes les partis politiques, accaparés par de vieux limiers ayant servi sans scrupules les partis uniques et les régimes militaires. On est passé, sans continuité du despotisme au multipartisme, mais les transitions démocratiques n'ont pas été entreprises, par le biais d’un renouvellement des appareils des partis politiques. Finalement, ce sont les mêmes que l’on retrouve, avec des vestes différentes. Il en résulte que l’on assiste même dans de nombreux pays, au spectacle d’un passage de témoin, à la tête des partis politiques majoritaires, entre deux personnes qui dépassent les 70 ans. Ce fut le cas au Kenya, aux Seychelles, au Malawi et finalement en Namibie, où le successeur de Sam Nujoma, Hifikepunye Pohamba remplaçait donc à 68 ans Sam Nujoma qui en comptait 75. Il s’agit en quelque sorte d’un changement…pour que rien ne change.

De plus, dans peu d’endroits au monde on retrouve autant de chefs d'État ayant passé autant d'années au sommet de l’État. Pendant ce temps, le nombre de jeunes hommes désoeuvrés augmente, qui pourtant ont fait de hautes études. Les portes des administrations publiques et du pouvoir politique leurs étant fermées, plusieurs de ces jeunes hommes se retrouvent dans les grandes villes, découragés, abattus. Leur avenir est loin d’être flatteur.

Plusieurs ne peuvent se marier, car ils ne disposent pas des moyens économiques pour célébrer la noce. Leur destin hypothétique se trouve dans un pays voisin ou en Europe. Parallèlement, le nombre d’africains titulaires d’un Doctorat dans diverses disciplines augmente en Occident. Ces derniers n’envisagent même pas de retourner dans leurs pays d’origine. Cette fuite de cerveaux cause un dommage irréparable à l'Afrique moderne, principalement dans cette ère de révolution technologique.

Il y a actuellement 250.000 professionnels africains, un personnel qualifié, des diplômés, des ingénieurs, des experts en nouvelles technologies, des médecins et des infirmiers travaillant hors de l'Afrique. Le ministre de la défense du Ghana, Kwame Addo Kufuor - un ex-employé médical et président de l'Association de Médecins de Ghana-, a déclaré au début du mois d’août dernier (2004), durant un congrès sur la santé, que le Ghana pourrait perdre presque 25 millions de dollars jusqu'en 2006, si la fuite des médecins vers les pays étrangers se poursuit. Ces 25 millions de dollars correspondent aux dépenses que l’État consent pour former 400 médecins.

Cela contribue encore une fois à ce qu’un continent comme l'Afrique reste relégué au rang de simple fournisseur de matières premières, certaines d'entre elles indispensables pour les NTIC. L’Afrique se retrouve assommée par une nouvelle colonisation, plus subtile que par le passé, mais non moins étouffante.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga – Solidaridad.net Publié le 17 mai 2005.

http://www.icicemac.com/edito/pointfinal.php3?nid=365
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