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 Et si l’Occident refusait de voir l’Afrique progresser?

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Tite Prout
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04042006
MessageEt si l’Occident refusait de voir l’Afrique progresser?

Et si c’est l’Occident1 qui refusait de voir l’Afrique progresser ?

Nous publions la 3e partie de la réflexion de Jean-Claude Djereke dont les deux premières avaient paru dans notre édition n°2097 du vendredi 31 mars 2006 en pages 8 et 9.

III/ Laisser l’Afrique écrire
elle-même son histoire
Avant toute chose, je voudrais reconnaître avec Jean-Paul II que, 45 ans après la décolonisation, nos pays “ se trouvent au début du chemin dans la construction d’une authentique indépendance. Car des secteurs décisifs de l’économie demeurent encore entre les mains de grandes entreprises étrangères, qui n’acceptent pas de se lier durablement au développement du pays qui leur donne l’hospitalité, pendant que la vie politique elle-même est contrôlée par des forces étrangères45 ”. C’est le cas, pour ne prendre que l’exemple de l’Afrique francophone, des entreprises françaises Bolloré, Vinci, Bouygues, France Télécom, Total, Elf, etc. C’est peu dire que l’économie de la plupart des anciennes colonies françaises est dominée par ces entreprises. Grâce aux révélations faites par Alfred Sirven et par André Tarallo, lors du procès d’Elf en 2003, on sait aussi que la caisse noire d’Elf a enrichi non seulement certains chefs d’Etat africains mais des hommes politiques français de droite comme de gauche. Le plus grave avec ces multinationales est leur ingérence dans la vie politique de nos pays. A cet égard, faut-il rappeler que la compagnie pétrolière Elf a contribué au changement de régime qu’a connu le Congo-Brazzaville en 1997 ? Si les multinationales sont aussi puissantes, si elles peuvent faire partir aussi facilement un président qui ne fait pas leur affaire, il n’est pas étonnant que nos chefs d’Etat ne puissent être autre chose que des marionnettes, incapables de travailler librement et de mener la politique qui arrange leurs peuples. Il n’est pas non plus surprenant que, pour ne pas subir les foudres de Paris, de Londres, de Bruxelles, de Lisbonne ou de Madrid, ils soient obligés de laisser les autorités françaises, belges, espagnoles ou britanniques piller les richesses nationales (pétrole, diamant, or, gaz, uranium, etc.), de ne pas protester quand les entreprises étrangères veulent se voir octroyer sans discussions les gros marchés, etc. Le problème de l’Afrique est là, dans cet impérialisme qui a pour conséquence la progressive clochardisation des populations locales.
C’est toute la question des indépendances qui est posée ici : quelle indépendance avons-nous eue au début des années soixante ? Une indépendance réelle ou nominale ? Les anciens pays colonisateurs (France, Grande-Bretagne, Belgique, Portugal et Espagne) ont-ils accepté de gaieté de cœur la proclamation des “ indépendances ” africaines ? Ont-ils cessé un seul instant de voir l’Afrique francophone, anglophone, lusophone et hispanophone comme des chasses gardées ? Sont-ils vraiment partis de l’Afrique ? On ne peut pas répondre par la négative avec Patrice Lumumba qui, dans une lettre adressée à son épouse peu avant son assassinat, écrivait ceci : “ Ce que nous voulions pour notre pays (aujourd’hui, la République démocratique du Congo), son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restriction, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux ne l’ont jamais voulu… Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance ”. Plus loin, dans la même missive, le patriote congolais déplorera que l’indépendance de l’Afrique ait été transformée en “ une cage où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir46 ”. De son côté, Fabien Eboussi écrit : “ Les indépendances africaines ont été la ratification et la reconduction d’un régime d’hétéronomie… Ces pays qu’on n’appelait plus des colonies le restaient par l’ordination de leur économie aux besoins des anciennes métropoles. Par cette extraversion, on reconduisait la traite, avec ses traités inégaux, ses marchés de dupes (or contre pacotille, hommes contre armes) 47).
Le “ colonialisme dégradant et honteux ” que dénonçait Patrice Lumumba au lendemain des “ indépendances ” a-t-il disparu de l’Afrique ? Non, si l’on en croit le Prix Nobel d’économie 2001 Joseph Stiglitz qui écrit : “ Concéder l’indépendance aux colonies… n’a pas fait changer d’avis leurs anciens maîtres. Ils se perçoivent toujours comme ceux qui savent. Ils n’ont jamais cessé de soutenir que les nouveaux pays indépendants doivent leur faire confiance et appliquer leurs recommandations… L’après-guerre a vu s’estomper l’influence des anciennes puissances coloniales mais la mentalité colonialiste est restée la certitude de savoir mieux que les pays en développement ce qui est bon pour eux48. ” Je partage entièrement le point de vue de Stiglitz car c’est le même colonialisme intriguant, méprisant et arrogant qui combat aujourd’hui le président zimbabwéen. Certes, je ne prends pas Robert Mugabe pour un saint. On peut critiquer la manière dont le leader de la Zanu-PF49 traite l’opposant Morgan Tsvangirai. De plus, il serait difficile de croire qu’il n’a jamais enrichi ses proches avec l’argent de l’Etat. Cela suffit-il cependant à expliquer pourquoi cet homme, “ longtemps considéré comme le chouchou des Occidentaux, honoré de plusieurs distinctions internationales, entre autres pour son action en faveur de la paix et pour l’autosuffisance alimentaire dans son pays, est devenu, du jour au lendemain, infréquentable50 ” ? D’autres explications sont nécessaires, à notre avis. La première, c’est que Mugabe a “ osé s’attaquer à un tabou (la réforme foncière), en donnant les terres de certains Blancs à des Zimbabwéens. Il est étonnant que ceux qui condamnent cette expropriation oublient de dire que l’aide promise en 1980 par la Grande-Bretagne pour soutenir son ex-colonie n’est jamais venue. Il faut dire aussi que Tony Blair en veut au président zimbabwéen parce que ce dernier lui tient tête. En Afrique francophone, Laurent Gbagbo, qui n’est pas sans défauts, eut droit au meilleur traitement que l’on puisse imaginer lors de son premier voyage en France quand l’exécutif était assuré par Jacques Chirac et Lionel Jospin.A l’époque, on ne disait aucun mal de son régime. C’était, pour ainsi dire, le grand amour entre Abidjan et Paris jusqu’au jour où le président ivoirien décida de revoir les accords économiques et militaires au profit de son pays, de traiter avec d’autres pays que la France, de ne pas prendre ses ordres à l’Elysée et à Matignon. Les médias français et les organisations de défense des droits de l’homme furent alors actionnés pour le diaboliser et le vilipender. Lui qui fut victime d’une tentative de coup d’Etat sera présenté comme bourreau. Pire encore, c’est à lui qu’on demandera de violer la Loi fondamentale que les Ivoiriens se sont librement donnée en 2000 et de faire des choses qu’aucun pays occidental ne pourrait accepter chez lui : prendre des terroristes dans son gouvernement, cohabiter avec un Premier ministre sorti de nulle part jusqu’aux élections d’octobre 2006, ne pas inquiéter les journalistes qui font l’apologie de la rébellion, etc.51
Avant Laurent Gbagbo, les Camerounais Félix Moumié et Ruben Um Nyobé furent éliminés par l’impérialisme. Ce fut ensuite le tour du Togolais Sylvanus Olympio et du Burkinabé Thomas Sankara de faire les frais de l’impérialisme français en 1963 et en 1987. On décrivait ces deux leaders comme des présidents anti-français. En réalité, Paris appréciait peu leur indépendance d’esprit. On sait, par exemple, qu’Olympio voulait mettre en compétition les entreprises allemandes, françaises et britanniques par appels d’offres internationaux et qu’il avait l’intention de sortir de la zone franc52. Quant à Sankara, il trouvait inutiles les sommets franco-africains qui rassemblaient plus de participants que les rencontres de l’Union africaine. Il désirait surtout que ses compatriotes apprennent à produire et à consommer burkinabè. Comme le rappelle Bruno Jaffré, “ la révolution s’entendait ici par le développement des forces productives, la modernisation et la rationalisation de l’agriculture, le développement de filières, la mise à sa place d’un circuit de commercialisation qui libère les paysans, l’alphabétisation et la lutte contre la chefferie53 ”. Une telle révolution ne pouvait que déranger ceux qui considèrent l’Afrique comme un débouché naturel pour leurs produits. Sankara voulait que les choses changent, que l’Afrique se prenne enfin en charge au lieu d’être assistée, que les Africains cessent de tendre la sébile et retrouvent leur liberté et dignité. Ce combat ne plaisait pas à ceux qui veulent nous voir éternellement couchés et dépendants. A.-C. Robert en rend bien compte quand elle écrit : “ Cette quête d’une véritable indépendance était très courageuse et ne pouvait qu’incommoder les anciennes puissances coloniales. Et ce n’est sans doute pas un hasard si le président François Mitterrand, qui n’a jamais remis en cause la “ Françafrique ”, ne manifesta de colère qu’envers un seul chef d’Etat africain : Thomas Sankara. Par contraste, l’image du Maréchal Mobutu, dictateur criminel s’il en fut, assis près du dirigeant français sur le parvis des droits de l’homme à Paris, lors du bicentenaire de la Révolution de 1789, représente le symbole, à la fois pathétique et tragique, de la trahison du discours de Cancun de 198254 ”.
J’ai donné ces exemples pour montrer que l’Afrique sub-saharienne n’a pas toujours été silencieuse ou résignée. Elle a connu des hommes et des femmes qui voulaient la tirer en avant, la faire progresser. De ses entrailles sont sortis des résistants, des hommes et des femmes qui voulaient le bonheur pour tous mais qui en ont été empêchés parce qu’ils ne voulaient pas se faire les complices de l’Occident. Comme le dit Daniel Tchapda, “ l’Afrique des décennies quarante, cinquante et soixante est une Afrique tumultueuse, une Afrique volontaire ”55. Il est donc faux de dire que les Africains n’ont jamais aimé leur continent. La vérité est que les anciens pays colonisateurs ne se sentent à l’aise qu’avec des présidents béni-oui-oui en Afrique. Ils n’aiment, n’encensent et ne laissent tranquille que ceux qui les suivent aveuglément. En ce sens, ce qui se passe en Côte d’Ivoire depuis septembre 2002 est très instructif. La crise ivoirienne montre en effet que les chefs d’Etat africains qui voudront s’affranchir le paieront au prix fort. C’est le sens de l’analyse d’Aminata Traoré lorsqu’elle s’adresse à J. Chirac en ces termes : “ Votre attitude à l’égard de l’équipe en place en Côte d’Ivoire n’est-elle pas faite pour décourager toute remise en question du statu quo ? Aussi sommes-nous nombreux aujourd’hui à regretter la plupart de ces pères des indépendances que certains d’entre nous avaient commencé à juger sévèrement et à condamner, en se référant à vos normes économiques et politiques. Nous rendons un hommage particulier à ceux qui, du nord au sud du continent, ont su résister – comme Patrice Lumumba, Modibo Keita, Kwame Nkrumah, Ahmed Ben Bella, Gamal Abdel Nasser, Amilcar Cabral, Thomas Sankara… Ils ont, pour la plupart, été qualifiés de dictateurs avant d’être déstabilisés, quand ils n’ont pas payé de leur vie l’audace d’avoir résisté56 ”. Autrement dit, tout porte à croire que le président désireux de gouverner tranquillement en Afrique est obligé d’accepter de faire la politique qui arrange non pas les populations africaines mais les anciens colonisateurs. Car, si certains présidents sont inamovibles en Afrique francophone, ce n’est certainement pas parce que leurs compatriotes sont satisfaits de leur gestion des affaires de l’Etat57 mais uniquement parce qu’ils sont les bons gardiens des intérêts de la France. Or l’Organisation des Nations unies (Onu) reconnaît le droit qu’a tout peuple de s’autodéterminer. Le droit de s’assumer est aussi une exigence de la démocratie dont les pays occidentaux aiment tant se vanter. T. Todorov le rappelle ici : “ La démocratie signifie que chaque peuple est souverain, qu’il a donc aussi le droit de définir pour lui-même le Bien, plutôt que de se le voir imposer du dehors. Par conséquent, lorsque les puissances occidentales conduisent leurs guerres coloniales au nom de la démocratie dont elles se veulent l’incarnation, les moyens utilisés annulent le but poursuivi. Comment peut-on promouvoir la dignité humaine des autres si on ne les laisse pas décider de leur propre système ? Si l’on impose la liberté aux autres, on les soumet ; si on leur impose l’égalité, on les juge inférieurs58 ”.
Au total, si nous voulons savoir pourquoi l’Afrique tourne en rond depuis quatre décennies, nous devons prendre en considération le fait que nos dirigeants ne sont guère libres et qu’ils ne sont appréciés que s’ils sont capables de permettre que la fameuse coopération entre l’Europe et l’Afrique bénéficie davantage aux anciennes puissances coloniales qu’aux Africains. Le reconnaître ne signifie point qu’on approuve l’incurie et la médiocrité que certains chefs d’Etat africains étalent jour après jour, ou qu’on oublie que tous nos présidents ne sont pas incompétents et cupides. De fait, on trouve des présidents ayant montré que, s’ils étaient arrivés au pouvoir, ce n’était ni pour être au service de l’Occident, ni pour devenir des milliardaires avec des châteaux et des comptes bancaires bien garnis à l’étranger mais dans le seul but d’améliorer un tant soit peu les conditions de vie et de travail des populations africaines. Malheureusement ces présidents n’ont pas pu appliquer leur projet de société, les puissances étrangères ne tolérant pas qu’on touche à leurs intérêts59. On aurait donc tort de voir dans les crises africaines une incapacité des Africains à vivre ensemble avec leurs différences ou une volonté d’une ethnie d’en découdre avec une autre. Ce qui est dit de l’ethnie est valable pour la religion. Ainsi, en Côte d’Ivoire, il n’y a pas un Sud soi-disant chrétien qui aurait envie de massacrer un Nord qui serait entièrement musulman. Ceux qui distillent ce genre de mensonges savent dans quel but ils le font : empêcher les Africains de comprendre qu’ils n’ont aucun intérêt à se laisser manipuler et diviser par des gens uniquement préoccupés de s’enrichir par tous les moyens. Interrogé sur le rôle de la France dans la crise ivoirienne, Mgr Adrien Sarr, archevêque de Dakar, donnait justement cette réponse : “ Je dis toutes les puissances étrangères. Je ne dis pas seulement la France, sans doute d’autres puissances. Mais je dis sincèrement que les crises africaines ne s’expliquent pas par les faiblesses des Africains eux-mêmes. Elles s’expliquent aussi par des interventions étrangères sournoises, que nous ne voyons pas toujours. Nous sommes victimes de certains grands jeux de la géopolitique mondiale. J’en suis persuadé. Et je dis que la base de tout cela souvent, ce sont nos richesses et, deuxièmement peut-être, certaines positions stratégiques qu’on veut occuper dans nos pays afin de pouvoir mieux gérer nos sols, etc. Je suis persuadé que les crises africaines ne s’expliquent pas seulement par les carences des pays africains, mais aussi par une mauvaise volonté et des manœuvres mal intentionnées60 ”.
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