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 A propos de la Colombie par Noam Chomsky 2

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mihou
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

30032006
MessageA propos de la Colombie par Noam Chomsky 2

Les opérations terroristes des Etats-Unis en Amériquecentrale étaient accompagnées par une expansion du trafic de drogue, concomitant habituel du terrorisme international, lequel repose principalement sur des éléments criminels et des ressourcesfinancièresd’origine inconnue - c’est-à-direlenarcotrafic.La mobilisation desislamistes radicaux par Washington en Afghanistan, en collaboration avec l’intelligence pakistanaise et avec d’autres alliés, a donné une explosion encore plus forte de la production de drogue et du narcotrafic, avec des effets fatals dans la région et au-delà. Ces plans des Etats-Unis se développant en même temps que la « guerre à la drogue » aux Etats-Unis et en Colombie, aucune question embarrassante n’est survenue. La production et la distribution de drogue croissent rapidement au Kosovo et en Afghanistan, conformément au modèle traditionnel, tandis que les paysans colombiens souffrent et meurent des attaques de la guerre chimique et sont déplacés vers les bidonvilles urbains où ils peuvent s’installer auprès de millions de personnes qui les ont précédés. Il s’agit de l’une des plus grandes catastrophes de populations réfugiées dans le monde. Et aux Etats-Unis la drogue re ste toujours aussi disponible, sans changement. Les mesures connues pour leur efficacité face au problème de la drogue (pour ne pas parler des conditions sociales qui favorisent son émergence) ne sont guère appréciées, et les victimes vont des bidonvilles urbains vers les complexes industriels-prisons, comme certains criminologistes les appellent.

Les tueurs de masse et les tortionnaires des Etats de la Sécurité nationale en Amérique latine ont au moins parfois dû faire face à des investigations pour les crimes qu’ils ont commis. Certains se sont même retrouvés devant la just ice, bien que rien de comparable à ce qui devrait être de rigueur pour de tels crimes selon les critères occidentaux. D’autres, par contre, bénéficient de la plus totale impunité. Dans le plus grand travail de recherche sur l’Opération Condor, le journaliste-analyste John Dinges observe qu’« il n’y a qu’aux Etats-Unis -où les diplomates, les services secrets, et les militaires étaient intimement mêlés aux dictateurs et à leurs hommes de mains- qu’il y a eu un silence judiciaire sur les crimes des années Condor ». Les Etats-Unis, continue-t-il, « s’octroient à eux-mêmes une amnistie de facto encore plus généreuse que celle dont jouissent leurs alliés latino-américains : aucune commission vérité ni aucune commission d’investigation officielle n’a été organisée pour regarder de près les dommages humains collatéraux de toutes les guerres p ar délégation soutenues en Amérique latine ou ailleurs » - et, nous pourrions ajouter, les guerres actuelles, y compris des crimes horribles, couverts par les la même amnistie auto-octroyée.

Les puissants sont, de façon caractéristique, immunisés contre les poursuites, ou même contre les enquêtes sérieuses, et y compris contre la mémoire dans ce cas-là. Il n’y a que leurs citoyens qui peuvent mettre un terme à ces crimes, et à tous les crimes encore plus terribles qui sont le résultat de l’impunité permanente.

Comme Stokes le montre avec des détails édifiants, la politique des Etats-Unis se poursuit tandis que les tactiques et les prétextes sont modifiés selon les circonstances. Parfois les principes de base sont déclarés de façon franche. Ainsi Gerald Haines, historien de la diplomatie (et également historien de la CIA), introduit son étude sur « l’Américanisation du Brésil » en observant qu’« après la Deuxième guerre mondiale les Etats-Unis ont assumé, pour leur propre intérêt, la responsabilité de la bonne santé du système capitaliste mondial » - ce qui ne signifie pas la bonne santé des peuples du système, comme les événements allaient le montrer, sans surprise. L’ennemi était le « communisme ». Un prestigieux groupe de recherche de la Fondation Woodrow Wilson et de la National Planning Association [Association pour la planification nationale], dans une étude de 1955 sur l’économie politique de la politique étrangère des Etats-Unis, en avaient souligné les raisons : la première menace du communisme, concluait l’étude, c’est l’évolution économique des pouvoirs communistes « vers des formes qui réduisent leur volonté et leur capacité à être complémentaire des économies industrielles de l’Ouest ». Donc, tout à fait logiquement, les perspectives de développement indépendant devaient être considérées comme un véritable danger, et elles devaient être préalablement combattues par la violence si nécessaire. C’est particulièrement vrai si la société dans l’erreur montre des signes de réussite sur des terrains qui pourraient être significatifs pour d’autres qui souffrent une injustice et une oppression similaires. Dans ce cas-là il s’agit d’un « virus » qui pourrait « infecter les autres », une « pomme pourrie » qui pourrait « perdre le panier », selon la terminologie des grands planificateurs, décrivant la véritable théorie du domino, et non pas la version fabriquée pour rendre obéissant des citoyens états-uniens apeurés.

La Guerre froide elle-même avait des caractéristiques semblables, s’étalant sur tout une vie pour des raisons d’échelle. Cela est implicitement reconnu par de fameux universitaires de l’establishment, notamment John Lewis Gaddis, considéré comme le connaisseur sur la question de la Guerre froide. Il fait, et de façon vraisemblable, remonter la Guerre froide à 1917, lorsque la Russie s’est affranchie de ses relations de dépendance semi-coloniale vis-à-vis de l’Occident et lorsqu’elle a cherché à suivre sa propre voie. Gaddis expose des principes fondamentaux de façon éclairante lorsqu’il considère la simple existence du régime bolchevik comme une forme d’agression. Ainsi l’intervention des puissances occidentales relevait de l’auto-défense, « en réponse à une intervention, potentiellement de grande portée, de la part du nouveau gouvernement soviétique dans les affaires intérieures, non seulement de l’Occident, mais de quasiment tous les pays du monde », c’est-à-dire, « le défi de la Révolution -qui pouvait difficilement être plus radical- envers l’ordre capitaliste menacé dans son existence même ». Un changement d’ordre social en Russie et l’annonce d’intentions de généraliser le modèle ailleurs c’est une agression qui mérite une invasion considérée comme de l’auto-défense.

La menace pour laquelle la Russie pouvait être un « virus » était très réelle, Woodrow Wilson et Lloyd George l’ont reconnu, non seulement dans le monde colonial mais y compris dans les riches sociétés industrielles. Ces inquiétudes restaient très présentes durant les années 1960, comme on le voit dans les archives internes. Il n’y a aucune raison d’être surpris donc que ces pensées soient réitérées sans arrêt, comme lorsque les architectes de la politique de Kennedy et Johnson alertaient sur le fait que la « simple existence » du régime Castro à Cuba représente un « défi victorieux » à la politique des Etats-Unis ayant son origine dans la Doctrine Monroe ; si bien que « les terreurs de la terre » devaient visiter Cuba, pour reprendre l’expression de l’historien Arthur Schlesinger, confident de Kennedy, décrivant le premier objectif de Robert Kennedy, à qui on avait attribué la responsabilité des opérations terroristes.

La Colombie, une fois de plus, se trouve dans le cadre d’un schéma beaucoup plus général, bien que dans chaque cas, les horreurs endurées sont terribles dans leurs indescriptibles et particulières modalités.

Noam Chomsky

- Source : www.chomsky.info/articles/200412--.htm


[Avram Noam Chomsky, 78 ans, linguiste américain, est professeur au Massachussets Institute of Technology (MIT), l’un des principaux centres de recherches aux Etats-Unis. Ils est l’un des principaux critiques de la politique et des médias de son pays et a écrit plus de 60 livres, parmis lesquels 23 sur la politique des Etats-Unis.]
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