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 Date de célébration des mémoires de l’esclavage (suite)

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AuteurMessage
mihou
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

03062005
MessageDate de célébration des mémoires de l’esclavage (suite)

Voilà pourquoi je pense que la priorité est dans la durée. J’ai, pour ma part, fidèlement accompli le rituel du 23 mai. Ceux qui, chaque année s’y retrouvaient, le savent. Nous étions de moins en moins nombreux. Cela n’enlève rien à la force de l’évènement fondateur en 1998. Mais cela nous renseigne sur nous-mêmes. D’avoir donné prise à un essentialisme privilégiant l’origine des uns et des autres pour en faire des facteurs de division plutôt que la polysémie du mouvement, nous avons dispersé nos forces au lieu de les multiplier. Et nos enfants ont continué d’être exposés aux mêmes violences symboliques ou réelles parce que, pour ceux qui nous réduisent à leurs préjugés, nos enfants se ressemblent et méritent le même traitement de méfiance et de rejet, qu’ils viennent des Amériques, de l’Océan indien ou d’Afrique. D’avoir répété à l’envi que la loi de 2001 était sans contenu, nous avons fourni au gouvernement une ambiance propice aux manoeuvres dilatoires sur son application. C’est ainsi que, malgré le concours René Cassin en 2001-2002 (2), la mise en place d’un premier CPME en 2002 et la rencontre avec les cinq principaux éditeurs de manuels scolaires, l’attribution de deux bourses de recherche en mars 2002, il fallut attendre deux ans avant que soit remis en place le CPME, avec moins de moyens que précédemment. Et les bourses, qui encourageaient la recherche en amont furent transformées en un prix, en aval, dont l’effet stimulant sera bien moindre. Quatre ans pour que l’article quatre conduise au premier rapport du CPME avec des propositions sur la date nationale et sur les programmes scolaires. Pourtant, une fois la dynamique lancée, il apparaît bien que nous disposons avec cette loi d’un instrument dont la force ou la faiblesse dépend de l’usage que nous voudrons en faire. Car, c’est l’article cinq qui a pu rendre Max Gallo inquiet et l’inciter à effectuer un revirement magistral après des propos équivoques sur la nature de ce crime contre l’humanité. C’est aussi en prenant appui sur la loi que le Tribunal de Paris a pu statuer sur une vente aux enchères. C’est également la loi qui par son article trois, contraindra tôt ou tard le gouvernement français à se rapprocher des pays du Conseil de l’Europe et de l’ONU pour une reconnaissance universelle du crime et un engagement à célébrer à l’unisson la mémoire des victimes de la traite négrière et de l’esclavage.



En nous querellant aujourd’hui, nous armons tous ceux qui veulent différer ou contester ces acquis. Et nous aurions tort de sous estimer le test auquel se livre le gouvernement en décidant de réserver sa réponse au rapport du CPME. Comme nous serions coupables de ne pas prendre au sérieux les coups de boutoir déjà lancés contre la loi de 2001 par les défenseurs de la loi du 23 février 2005 qui recommande l’enseignement du « rôle positif de la France » dans la colonisation. Et nous serions fautifs de manquer d’attention aux intentions des auteurs d’ouvrages relativistes qui visent à minimiser l’impact de la traite européenne. Quelle triste ironie si, grâce à l’article deux maintenu de haute lutte durant les débats parlementaires, des thèses folkloriques, exotiques ou révisionnistes pénétraient les écoles parce que nous sommes plus occupés à nous pourfendre qu’à participer à la production de livres scolaires.



Cette loi n’est pas parfaite. Ayant rédigé le texte originel, j’éprouve plus que tout autre ce que furent ses mutilations. Mais il n’y a pas de place ici pour mes nostalgies. Il ne peut être question ici que de nos responsabilités face à notre mission. Fanon nous enseignait que « chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir » (3). Et il sera bien lourd d’assumer, en contestant le CPME, la responsabilité de rendre vulnérable la structure investie du rôle d’Exécuteur légal. Nos aversions et nos sympathies personnelles envers les uns et les autres n’ont rien à faire ici.



Nous n’existerons pas les uns contre les autres, mais tous ensemble. Je ne perçois que des prémisses de dégâts dans les stratégies de la terre brûlée. Je n’y vois que la promesse d’une défaite collective. Je souhaite que nous soyons nombreux, à toutes les places, à démontrer que ceux d’entre nous qui brillent déjà ne sont pas des exceptions mais le reflet de nos capacités collectives. Je nous voudrais multiples à rayonner dans les sciences, les arts, les lettres, les techniques, les professions libérales, la politique, la haute administration, l’artisanat et que sais-je encore. C’est à ce prix que nous obtiendrons non pas des situations de prestige, fussent-elles méritées, mais la garantie de préserver les plus vulnérables et de nous assurer que chacun des nôtres aura la chance de devenir le meilleur de ce qu’il est capable d’être.



Si nous avions su faire masse pour exiger l’application de la loi dès l’année 2001, nous aurions sans doute été en mesure d’obtenir que ce jour de célébration soit férié et chômé. La conjoncture actuelle autour de la suppression du lundi de Pentecôte a considérablement réduit nos chances. Nous devrions exiger au moins que ce jour soit déclaré férié, même s’il est travaillé. Et nous aurons à batailler pour faire en sorte que des actions émanant des communautés scientifiques, universitaires, scolaires, culturelles, artistiques, associatives, visant l’ensemble de la Nation, et se déployant progressivement dans les autres pays grâce à des partenaires engagés, installent cette Histoire et ses conséquences de toute nature dans la conscience des peuples et des Etats, en ce qu’elle est : une part significative, douloureuse et féconde de l’Histoire de l’Humanité et l’acte de maturation du monde moderne.



Je suis prête à me joindre cette année encore aux manifestations du 23 mai. A l’unique mais incontournable condition qu’elles ne soient pas l’expression d’une confrontation et d’une remise en cause du Comité pour la Mémoire de l’Esclavage.



Quand donc cesserons-nous d’être « cette étrange foule qui ne s’entasse pas, ne se mêle pas : habile à découvrir le point de désencastration, de fuite, d’esquive. Cette foule qui ne sait pas faire foule » ? (4)





Ch.TAUBIRA







N.B. – Le rapport du Comité est disponible sur Internet. Par le moteur de recherche Google, cliquer sur CPME. Le téléchargement est possible.

(1) Léon-Gontran Damas in Pigments éditions Présence Africaine

(2) Le concours René Cassin est le plus prestigieux concours sur les droits de l’homme. Il est organisé par le ministère de l’Education Nationale et concerne tous les collèges et lycées en France et outre-mer et tous les collèges et lycées français à l’étranger. Par application de l’article 2 de la loi de 2001, il eut pour thème en 2001-2002, « L’esclavage d’hier et d’aujourd’hui ».

(3) Frantz Fanon in Les Damnés de la terre éditions La Découverte

(4) Aimé Césaire in Cahier d’un retour au pays natal éditions Présence Africaine
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