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 LUTTES ANTI-ESCLAVAGISTES EN MAURITANIE 8

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mihou
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

15022006
MessageLUTTES ANTI-ESCLAVAGISTES EN MAURITANIE 8

Mais si la révolution de libération nationale du Fuuta Tooro a eu des répercussions dont Pétition, l'un des futurs chefs de la révolution haïtienne, considère qu'elles sont les signes avant-coureurs de bien des mouvements démocratiques, elle n'a pas pour autant changé l'ordre social. Encore moins le système esclavagiste domestique. Les Almamy (présidents de cette république) n'étant issus ni de la caste servile, ni des autres castes socio-professionnelles, avaient-ils jamais essayé de mettre en avant une politique de réformes sociales dans le sens de la suppression de l'esclavage ? L'histoire est presque muette sur ce chapitre. Le premier Almamy, Abdoul Kader Kane, a bien entrepris des réformes radicales en matière politique, éducative, administrative et foncière. Mais le temps qu'il dût consacrer à la consolidation de son pouvoir et à la défense du nouvel État contre ses ennemis, ne lui permit certainement pas d'opérer les réformes sociales nécessaires. Parmi elles, celle de la suppression des castes, comme c'était le projet, à en croire l'idéologie, du mouvement et de ses objectifs principaux. On peut parfaitement penser, dans ces conditions, que l'Almamy était disposé à aller jusqu'au bout de sa politique de réformes et à faire disparaître en douceur l'esclavage domestique - un esclavage déjà sublimé dans le phénomène des castes et dont la disparition était, selon toute vraissemblance, programmée.
Mais quand l'Almamy Abdoul Kader Kane se mit à appliquer ces réformes en commençant par le foncier après avoir vaincu les ennemis extérieurs, il se heurta à l'hostilité de l'aristocratie terrienne qui organise son assassinat, le 4 avril 1807, avec l'aide des États voisins et des compagnies du commerce atlantique que cette révolution dérangeait. C'est en portant secours en 1794-95 aux habitants de la province autonome cayorienne du N'diambour, menacés d'être vendus aux négriers de Gorée en cas de défaite dans la lutte qui les opposait au roi-Damel du pays, que l'Almamy Abdoul Kader Kane fut fait prisonnier et perdit la réalité de son pouvoir à son retour au Fuuta. Après les défaites des bracks du Waalo (Fara penda Tegrella) en 1785, et des Trarza (Ely El Kowri) en 1786, une coalition des souverains de la région, armée par les Anglais de Saint-Louis du Sénégal pour détruire le nouvel État anti-esclavagiste, affronta l'AlmamyAbdoul Kader Kane et mit fin à sa vie, le 4 avril 1807. L'expérience s'arrêtait là. L'avenir d'un Fuuta stable et indépendant aussi.
Pourtant, dix ans après son avènement, le nouvel État avait fixé, par le Traité du 13 mars 1785, les conditions du commerce avec les Européens, supprimant ainsi officiellement l'esclavage dans l'État du Fuuta Tooro, et ce bien avant les abolitions françaises. Ce traité entre le Fuuta et la France, signé par l'Almami Abdoul et le gouverneur français de Saint-Louis (Blanchot) codifie la circulation des marchandises et les déplacements des chrétiens le long du fleuve Sénégal, "tolérés parce que payant les coutumes".
Quelles leçons retenir de toutes ces tentatives de transformation sociale opérées par l'aristocratie religieuse montante ? Si les Zawayya maures et Torobé pulaar ont mené une lutte acharnée contre la traite esclavagiste et ses complices locaux, les deux mouvements ne se sont pas, à notre connaissance, attaqué de manière frontale et claire à l'esclavage domestique. L'Islam qu'ils ont brandi comme arme de mobilisation contre la traite n'a pas été utilisé au préalable pour combattre la pratique esclavagiste locale. Je ne crois pas que l'Islam dont ils prétendaient être les représentants puisse autoriser ad eternam l'asservissement durable d'un correligionnaire, comme c'est le cas jusqu'aujourd'hui. N'y a t-il pas plutôt sacralisation de l'ordre social inégalitaire dans ces sociétés, où la fatalité est fortement instrumentalisée par les ordres hégémoniques ? Il faudra attendre dix-huit ans après l'indépendance de la Mauritanie pour voir sortir de l'ombre un mouvement authentiquement anti-esclavagiste, engagé pour la libération et l'émancipation des esclaves domestiques dans la société maure. Un seul exemple le précède dans l'histoire de la région sénégambienne: le mouvement de libération et d'émancipation initié par Alfa Molo Eggé, avec prise du pouvoir au Fouladou (région de Kolda, au Sénégal), et soutenu par El Hadj Oumar Tall.
La Mauritanie indépendante adoptera des abolitions implicites (en droit moderne : constitution du 20 mai 1961 dans son préambule et le reste du texte d'une loi fondamentale républicaine : art. 1er ; 4 ; 6 ; 7 ; 17 ; etc qui évoque le droit musulman et les droits de l'homme), mais aussi des abolitions explicites (abolitions juridiques). L'examen de l'Ordonnance 81-234 du 9 novembre 1981 nous autorise à affirmer que son adoption permettait davantage la pérennisation de l'esclavage que de son éradication. Les esclaves et les citoyens libres ne s'y étaient pas trompés. Car ses articles 2 (la Charia comme référant pour la compensation) et 3 (recours à la compétence des Ulémas pour l'indemnisation) favorisent et cautionnent la perpétuation de la pratique esclavagiste en Mauritanie. Et mieux : "au lieu d'attaquer l'esclavage et de faire pression sur ceux qui le pratiquaient, la stratégie du gouvernement Beydane fut de détourner de cette question l'attention du monde entier". Toutes ces mesures ne changèrent rien à la condition servile qui prévaut aujourd'hui, à des degrés divers dans l'ensemble des formations ethniques et sociales du pays. Aucune politique conséquente d'éradication n'a été menée par les différents gouvernements. C'est dans ces conditions que le mouvement El Hor voit le jour.
2. El Hor, l'Organisation de Libération et d'émancipation des Haratines.
Mohamed Lemine Ould Ahmed prend l'année 1966 comme point de départ de la contestation de l'ordre esclavagiste, date à partir de laquelle "la jeunesse mauritanienne, dans son immense majorité, avait été atteinte par le virus du nationalisme et de la contestation". Or cette année-là est surtout celle de la levée des boucliers des Négro-mauritaniens contre l'arabisation forcée et les premiers signes du glissement de la Mauritanie vers une ethno-nation au profit de l'élite maure blanche. La contestation de la confiscation de l'indépendance nationale au profit de l'élite d'une seule composante ethnico-raciale fut réprimée dans le sang. Les auteurs du Manifeste dit des 19 qui contestèrent cette confiscation sont voués aux gémonies. Les Haratines furent utilisés par leurs maîtres comme bras séculier de la répression du mouvement de refus de spoliation des chances d'une Mauritanie égalitaire.
"Deux mouvements, le Mouvement Démocratque National (MDN) et le Parti des Kadihines de Mauritanie (PKM) étaient nés de cette prise de conscience". Les Haratines militent dans ces deux mouvements. Des ressortissants négro-africains d'origine servile autre que haratine y militent également. Mais il n'y aura pas de groupe d'esclaves originaires de leurs formations sociales qui se détacheront de tous ces mouvements pour former une organisation de lutte qui leur soit spécifique, à l'instar des Haratines. Les ressortissants des castes artisanales des formations sociales négro-africaines, pas plus que les Znaga chez les Maures ne formeront de groupe d'émancipation qui leur soit propre. Les raisons psycho-sociales, culturelles et politiques de tels paradigmes ne sont pas encore étudiées. Pourquoi seuls les esclaves du milieu maure ont-ils à crée une organisation spécifique ? L'échec du PKM et du MND conduisent les jeunes Haratines à s'organiser mieux. Ils l'étaient déjà plus ou moins en 1974. Mais l'idée de créer El Hor aboutit le 5 mars 1976, selon Mohamed Lemine Ould Ahmed.
Le 5 mars 1978, El Hor manifeste son existence et adopte une charte constitutive pour l'émancipation et la dignité de centaines de milliers de femmes, d'hommes et d'enfants privés pendant des siècles de leur droit d'être des hommes parmi les hommes. El Hor prend naissance chez les Maures comme, au XVIIème siècle, le premier mouvement maraboutique. Certainement parce que dans cette société, l'exploitation esclavagiste a toujours été la plus féroce, et ce probablement en raison de déterminations écologiques dominantes. Il faut y ajouter l'imaginaire racial devenu désormais "un soubassement anthropologique" au concept d'esclavage, justifié par la différence culturelle et épidermique. Alors que l'esclavage s'éteint par sécularisation dans des sociétés négro-africaines, sa férocité dans la partie désertique semble n'avoir d'autre issue que le changement radical, ou une transformation souple, mais longue : une lente évolution, consubstantielle à la pénétration des nouveaux rapports de production et d'échange d'extraversion capitaliste. Le mouvement qui voit ainsi le jour entend lutter pour l'égalité sociale, en mettant fin à l'exploitation des Haratines, en combattant l'ignorance qui les écarte des centres de décision, etc . Il entend agir dans deux directions : en direction des Haratines et en direction des mouvements politiques et sociaux et des populations.
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