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 LUTTES ANTI-ESCLAVAGISTES EN MAURITANIE 2

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mihou
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

15022006
MessageLUTTES ANTI-ESCLAVAGISTES EN MAURITANIE 2

Ces patronymes, comme des buttes-témoins, s'opposent à leur disparition définive. Ainsi peut-on admettre que les Sylla, Camara, Sissokho, Sanokho (des Sénoufo du Kénédougou), les Sibi, les Eyyi (originaires du Macina malien) sont, comme ceux cités plus haut, des ressortissants des ethnies du groupe mandé.. Leur art vestimentaire, monumental et culinaire, est également révélateur de leur ère d'appartenance originelle. La griffe négro-africaine et la greffe arabo-berbère donne aussi à ces Haratines un label musical dominé par la musique bambara (seyéñima; seyni kar; lëgneydiyë; etc ) et les danses guerrières songhaï. Les instruments de musique sont encore pulaar (Moolo ou Moolaaru, guitare monocorde) ou gambari (ou baylol), Nyanyooru ou Rbaab (vielle), etc La permanence de la parure de l'ensemble Kingui- Wagadu- Mali- Songhaï n'est plus à discuter. L'habitat, avec ses cases, ses clôtures, les modes de fabrication des briques d'argile, seront les mêmes de l'Adrar au Guidimakha, en passant par toutes ces régions où le fond négro-africain s'affirme fortement, à telle enseigne que nous mettons plus l'accent sur une assimilation linguistique beydane et une continuité de la civilisation nègre agricole et urbaine. La continuité culturelle nègre est là, permanente. La marque de l'arabisation est également là, qui crève les yeux.
Communauté en transition, les Haratines se donneront contradictoirement, par leur spécificité même, un rôle unificateur bénéfique. Non seulement à toute la Mauritanie, mais à toute la région. Sauf si, pris par le vertige de leur force montante, ils commettent l'erreur de ne pas jouer entre les communautés nationales le rôle qui doit être le leur : le véritable trait d'union entre deux communautés maures et noires auxquelles manquait une passerelle de communication. Cette communauté transitionnelle exprime, en effet, très clairement et mieux que toute autre, la nature complexe des rapports actuels entre Maures et Noirs.
B. Esclaves intégrés dans le système des castes dans les sociétés négro-mauritaniennes
- Chez les Soninké du Guidimakha
L'esclavage est intégré dans le système des castes, et les sous-catégories d'esclaves étaient nombreuses jusqu'à ces dernières années chez les Soninké.
Les Komo se subdivisent en Sardo (captifs acquis par héritage de père en fils) et Nanouma (captifs acquis par achat).
Les Komo-Khasso (étymologiquement = vieux esclaves) qui se subdivisent en Dionkourounko, Wanakounko et Douragandi-komo. Les Dionkourounko comprenaient les mercenaires au service du Tunka. Les Wanakounko étaient des voyageurs manding auxquels on refusait la main de jeunes filles libres et qui se mariaient à des esclaves. Ainsi les descendants de ces étrangers devenaient esclaves. Douraganda-Komo sont des esclaves qui se sont rachetés.
- Chez les Bambara
On distingue quatre catégories d'esclaves :
- Les Tonjon, en bambara de Ton = association et jon, esclaves
- Les Sôfa en bambara, de Sô = cheval et fa =père, ou préposés au pansage des chevaux.
- Les Wolosso en bambara, de wolo = né et so = maison, esclaves nés dans la famille.
- Les Dyon-fin en bambara, de dyon = esclave et de fing = noir.
- Chez les Hal-pulaaren, Wolof
La nomenclature est moins poussée. Nous avons les :
- MaccuBé en pulaar, esclaves ; Jaam, en wolof. Or, les Jaam Juddu, esclaves de case, intimement liés à la famille, sont différents des Jaam Sayor, captifs qu'on peut vendre sur le champ et issus des guerres. Cette catégorie n'existe plus et l'esclavage est pratiquement inexistant chez les Wolof de Mauritanie. Par contre, chez les Hal-Pulaaren, la caste des esclaves compterait plus du tiers de la population. En tout cas, c'est la majorité d'entre eux qui se trouve émigrée en Afrique, en Europe ou en Amérique.
- Il y a les affranchis, nouveaux et anciens : Awgal,en pulaar; Jaambuur,en wolof.
4. Réflexion sur les formes et la permanence de l'esclavage en Mauritanie
L'esclavage est, sous toutes ses formes, présent dans toute la société nationale mauritanienne, aussi bien chez les Négro-africains que chez les Arabo-berbères, même s'il est plus brutal chez ces derniers. Dans les formations sociales négro-mauritaniennes, il y subsisterait sous forme de "séquelle" et est intégré dans le système des castes. Dans ces sociétés, les préjugés de castes touchent l'ensemble des couches sociales. Dans la société maure, il s'y présente sous la forme de "survivances". Dans sa forme d'esclavage de case, qui semble être aujourd'hui la seule existante dans la Mauritanie rurale, il y satisfait aux besoins domestiques. Mais ces rapports esclavagistes en milieu maure sont largement reproduits dans les centres urbains à travers divers canaux de production au profit des maîtres (commercialisation de l'eau dans les bidonvilles, docks, tâches ménagères, etc ).
Car dans nos sociétés, l'esclave est dans tous les cas de figure un paria "arani" (étranger). Il n'a pas de parents dans sa société d'accueil. Il y perd sa référence culturelle originelle. C'est un "perdu" ou "qui a perdu" ses racines. C'est bien le sens que lui donne l'expression pulaar de MaccuDo : "celui qui est perdu" ou "celui qui a disparu". L'esclave est alors un bien, un non-être, chargé d'apporter un plus à la famille qui l'asservit. Sa fonction économique est précise. C'est un Beydaari : celui qui fructifie ou qui croît. Il est Malal : celui qui apporte le bonheur, Malu.
Les anthropologues estiment que deux types d'esclavage ont coexisté dans l'histoire de la Mauritanie : l'esclavage de subsistance ou domestique, que l'école anglo-saxonne appelle "esclavage mobilier", et l'esclavage marchand (traite). Le premier serait lié aux structures de sociétés de subsistance, c'est à dire qu'il est un simple "générateur d'une rente vivrière", tandis que le second, l'esclavage marchand, serait "générateur de profit".
Cette typologie ne fait pas l'unanimité. Car, pour ceux qui la contestent , elle est accusée d'être par trop réductrice des multiples facettes de l'esclavage et de ses fonctions. En effet, certains descendants d'esclaves ne sont pas loin de penser que cette catégorisation semble plus insister sur des aspects formels que sur la nature intrinsèque de l'esclavage. Le réduisant à ces deux formes, domestique et marchande, cette typologie reste piégée par une approche trop économiste, qui pourrait faire oublier au passage que, dans tous les cas de figure, quels que soient les circuits ou les sociétés dans lesquels l'esclave se retrouve, il n'est, après tout qu'un instrument. Mais un instrument dont l'utilité n'est pas uniquement économique. Il est aussi moyen de contrôle politique, administratif ou militaire. L'histoire mauritanienne a connu l'existence d'esclaves remplissant des fonctions multiples hors du champ strictement économique, et régnant quelquefois sur des catégories libres ou aristocratiques au nom du souverain. Mais, dans tous les cas, et quelle que soit sa fonction, économique ou autre, l'esclave est " un être " dont l'humanité est disqualifiée.. Quelques soient les modes de son acquisition, de domination et les modalités de son exploitation. L'esclave n'est pas un " être humain ". Il lui reste à reconquérir son humanité perdue. Il n'est qu'une "une chose animée" (Aristote) dont l'usage et les modalités d'utilisation dans n'importe quelle tâche, de subsistance (rapports viagers) ou de production de surplus (rapports marchands), ne sauraient masquer cette réalité cruelle d'humiliation, d'exploitation, d'oppression et de dépersonnalisation, d'injure fondamentale. Ces types de distinction bipolaire : domestique-marchand, sont même jugés aptes à "banaliser leur calvaire, à profaner leur mémoire". Refusant de nous enfermer dans les nouveaux qualificatifs d'"archaïques" et/ou de "modernes", de l'esclavage en Mauritanie, nous souhaiterions tout de même voir les distinctions "esclavage de subsistance" et "esclavage marchand" être enrichies par la prise en compte des particularités historiques de l'esclavage, de son caractère hybride dans cet espace ouvert et inscrit, depuis le Haut Moyen-Âge, dans une géopolitique de longue durée. ll nous faut cependant admettre l'impossibilité de lui trouver un modèle théorique unique. Nous ne pouvons faire l'économie d'une analyse serrée de ses modalités dans les différentes formations sociales de l'espace mauritanien. Selon les époques et la dynamique actuelle des sous-systèmes de la formation étatique post-coloniale mauritanienne, l'esclavage traditionnel s'est sécularisé dans le système des castes négro-africain; il survit, en milieu maure, dans des logiques de production capitaliste et des stratégies contemporaines de pérennisation dans le secteur rural et celui des services.
En attendant une étude plus serrée de l'esclavage en Mauritanie qui irait plus loin que de simples descriptions, je m'en tiendrai à l'essentiel pour traiter d'une catégorie analytique aussi complexe : l'aliénation de la force de travail de l'esclave.
Je suis d'accord avec Claude Meillassoux lorsqu'il précise qu'en définitive "l'esclavage est ainsi le seul mode d'exploitation qui permette de s'emparer du surplus humain, indépendamment de tout progrès de la productivité du travail au-delà de la reproduction simple". En Mauritanie, la particularité est que l'esclavage domestique est à géométrie variable. Il a pu se transformer très tôt en esclavage de traite, et vice-versa. Encore à ce jour, l'esclave domestique, avec lequel nous vivons au quotidien, peut se retrouver vendu à des commerçants de passage le lendemain. Sans état d'âme de la part du maître qui l'échange en vue d'autres investissements de type marchand. A contrario, un "esclave marchand" peut se retrouver dans la production domestique, rurale ou urbaine. Dans tous les cas de figure, l'esclave est un "sans domicile fixe". Instrument à tout faire selon les besoins du moment, il est toujours un voyageur en transit.
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