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 les populations berbères

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mihou
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

15022006
Messageles populations berbères

D'après de récentes études, il semblerait que les populations berbères
soient totalement autochtones et probablement issues du peuple noir,
il y a environ 10 à 12 000 ans:

Introduction.

Protoméditerranéens de la préhistoire, Libyens et Garamantes de
l'Antiquité, Berbères du Moyen Âge, enfin, Imazighen actuels : telle
est l'extraordinaire permanence de l'histoire du peuple berbère, comme
l'exprime avec justesse Gabriel Camps qui, assisté d'une équipe de
collaborateurs, lui consacre une magistrale encyclopédie berbère.

Le véritable nom des Berbères est Amazigh, au pluriel Imazighen. Sa
racine est construite sur un radical constitué des lettres Z GH ou Z Q
et remonte au moins à l'Antiquité. Elle se retrouve chez les Maxyes
d'Hérodote, les Meshweswh des inscriptions égyptiennes, les Imouhagh
des Touaregs, les Imagighen de l'Air, lesImazighen du Rif et du Haut
Atlas.

« Au niveau sémantique, de nombreux chercheurs ont pensé et écrit
qu'Amazigh signifiait "homme libre, noble" (ce qui est du reste le cas
de beaucoup de noms d'ethnies dans le monde) [...]. Elle n'est
pourtant certainement pas fondée... » (Chaker S. 1987, p. 566-567) et
le sens précis de ce terme... reste donc à découvrir.

Dans un précédent ouvrage, nous avons esquissé l'apparition des
Berbères du Sahara central, plus précisément dans l'art préhistorique
du Tassili des Ajjer, avec les Protoberbères Bovidiens (Hachid M.
1998). Reconstituer le peuplement préhistorique du Sahara fut l'un des
objectifs de ce travail, mettre en valeur sa contribution au progrès
de l'humanité, le fil conducteur. Longtemps, de la Méditerranée
orientale au golfe Persique, l'incontournable Croissant fertile fut
considéré comme le seul centre fondateur de la civilisation de
l'Ancien Monde. À partir du Proche-Orient, les changements
fondamentaux engendrés par le Prénéolithique et le Néolithique -
notamment l'agriculture - ont été transmis à l'Europe, par les voies
du bassin du Danube et celle de la Méditerranée occidentale. Bien sûr,
c'est en tout dernier lieu que l'on considérait que le continent
africain allait à son tour en bénéficier.

Tel est certes le cas pour l'Europe, mais pas pour l'Afrique.

Le Croissant fertile ne fût pas le seul pôle de civilisation.

Le Sahara central en fut un autre. Si penser l'Afrique, c'est
rejoindre la quête des origines de l'homme, penser le Sahara, c'est
rejoindre celle des origines civilisationnelles. Les innovations
économiques et culturelles qui y naquirent, parfois avant même celles
du Proche-Orient, comme l'invention de la poterie, par exemple, et de
tout un fonds symbolique et mythologique, jouèrent le rôle d'une
matrice civilisationnelle qui apporta progrès et spiritualité aux
hommes tant en Afrique que sur les rives de la Méditerranée.
Aujourd'hui, de plus en plus, il apparaît qu'un fonds culturel
africain, au centre de ce vaste Sahara, n'a pas été sans influence sur
ses régions périphériques, et notamment certaines cultures de la
vallée du Nil.

Le présent ouvrage se situe dans la continuité chronologique et
historiographique du précédent ; il défend les mêmes principes
valorisants de réécriture de l'histoire. Il raconte essentiellement
l'histoire des premiers Berbères du Sahara, depuis leur apparition
dans les derniers millénaires de la préhistoire jusqu'à la veille de
l'islam en passant par l'Antiquité. Ce sont d'abord les Protoberbères
de la préhistoire, ces élégants pasteurs et chasseurs, puis, les
Paléoberbères, Libyens et Garamantes de l'Antiquité, cavaliers et
conducteurs de chars émérites. Leurs successeurs des temps médiévaux
et modernes, les grands chameliers Sanhadja, les futurs Touaregs,
complètent le long cheminement historique de ce groupe qui résistera à
toutes les adversités. La plus éprouvante fut celle de survivre à
l'âpreté du désert où le choix de rester libre, souvent, le guida.

Au Sahara, la reconstitution de ce long cheminement historique doit
presque tout à l'archéologie, et notamment à l'art rupestre, ainsi
qu'aux monuments funéraires de ces anciens Berbères. Elle le doit
aussi aux précieux témoignages de l'art et des chroniques de l'Egypte
prédynastique et pharaonique, des auteurs gréco-latins, à des éléments
historiques émanant du Proche-Orient, du monde égéen, des empires
carthaginois et romains. Les premiers Berbères du Sahara ne vivaient
pas isolés dans leurs rochers : ils n'ignoraient pas le tumulte du
monde méditerranéen et souvent y participèrent, allant parfois jusqu'à
mettre en danger la puissante Egypte des pharaons et à présider à la
destinée de cet empire.

Nous ne pouvions décrire les Protoberbères du Sahara sans nous trouver
confrontée à la question fondamentale de l'apparition des Berbères,
sachant que les traces les plus anciennes de ce peuple se trouvent au
Maghreb. Aujourd'hui, les grandes lignes d'une théorie synthétique des
origines des Berbères se dessinent par la convergence de trois
disciplines auxquelles nous aurons successivement recours : la
paléontologie humaine, la linguistique historique et l'archéologie
(l'avenir exigera qu'une troisième voie soit exploitée, celle de la
génétique).

Les données de ces disciplines concourent de plus en plus à démontrer
que la berbérité émerge au Maghreb, il y a environ... 11 000 à 10 000
ans ! Si, comme nous allons le voir, l'origine proche-orientale qu'on
a longuement prêtée aux Berbères est aujourd'hui caduque, celle de
leur identité et de leur culture est assurément autochtone. Pour notre
part, nous défendrons une position plus nuancée : les ancêtres les
plus lointains des Berbères sont de pure souche africaine, mais ils
sont déjà mixtes. Les uns, les Mechtoïdes, sont strictement
autochtones du Maghreb ; les autres, les Protoméditerranéens Capsiens,
sont arrivés sur les rives de la Méditerranée à une époque si reculée
de la préhistoire que se poser la question de savoir s'ils sont
étrangers ou non perd tout son sens. Ces deux groupes vont
s'interpénétrer anthropologiquement et culturellement à tel point que
l'on peut affirmer que la berbérité en tant qu'identité et culture
s'est forgée sur la terre d'Afrique du Nord et nulle part ailleurs.

Le recouvrement de l'identité dans ses racines les plus profondes est
un travail de mémoire avant d'être un devoir, un travail que
l'historien se doit de mener objectivement et avec responsabilité.
Faire une synthèse de cette mémoire, découvrir comment celle-ci, par
certains aspects, peut continuer de fonctionner dans le présent en
quelques endroits de cette vaste Berbérie, fut un exercice qui nous
révéla beaucoup de surprises tant sur le terrain que plume à la main.

Dans un monde où les marchés règnent en maîtres, on oublie que la
vraie richesse d'une nation se mesure à celle de son niveau de savoir,
et ce savoir passe par sa mémoire. Toutefois, cette mémoire ne saurait
être un "barricadement" identitaire car l'Afrique du Nord, dès sa
passionnante préhistoire, était déjà une terre multi-culturelle, riche
de sa diversité ethnique, comme le montre le Néolithique saharien, par
exemple, où Noirs, Blancs et Métis, langue et religions diverses, se
côtoyaient sans qu'il y ait guerre mondiale. Aujourd'hui, cela
s'appellerait une nation.

Dans le cadre de notre travail, la réécriture de l'histoire ancienne
des Berbères était inévitable : nous aborderons les raisons pour
lesquelles certaines idées, certaines conceptions ainsi qu'une
terminologie, anciennes et surtout orientées, ne peuvent plus avoir
cours, car elles sous-tendent une approche subjective de l'histoire
des peuples des rives sud de 1a Méditerranée, trop souvent
sous-évaluée par rapport à celle des rives nord. La diffusion
civilisationnelle systématiquement orientée du nord vers le sud, cette
écriture victime d'un dialogue nord-sud historique et
européo-centrique ne peuvent plus être admises. Le changement ne peut
que s'inscrire dans une terminologie nouvelle, plus précise et plus
juste, dans une réécriture exprimant les connaissances à travers des
critères et des conceptions objectifs.

IL Y A l 000 à 10 000 ANS, LES PREMIERS BERBÈRES DE L'AFRIQUE

LES FOSSILES HUMAINS

La thèse de l'origine proche-orientale des Berbères ne peut plus être
admise

Comme l'a très justement souligné Olivier Dutour, médecin et
anthropologue : « C'est en effet sur un nombre très réduit de fossiles
humains que reposent les connaissances de l'aspect physique des
populations d'Afrique septentrionale au Pléistocène* supérieur (voir
glossaire), nombre qui se réduit à zéro pour le Sahara, exception
faite de la vallée du Nil » (Dutour 0. 1997, p. 411). Le constat est
hélas fort vrai, mais il ne doit pas nous empêcher d'exposer le peu de
connaissances que nous possédons à ce sujet.

En Afrique du Nord, à la fin du Paléolithique* - plus précisément
appelé Épipaléolithique* au Maghreb - puis au Néolithique* (tableau
I), il existe, selon la théorie classique, deux variétés d'Homo
sapiens sapiens modernes. La plus ancienne est celle des Mechtoïdes,
du nom de Mechta el-Arbi, au sud-ouest de Constantine, un des deux
sites nord-algériens, avec Afalou Bou Rhummel, à l'est de Béjaïa, où
ce type humain a été identifié. Il est l'équivalent de l'Homme de
Cro-Magnon en Europe dont il ne diffère que par quelques caractères
physiques (et peut-être ne sont-ils, tous les deux, que des variétés
d'une forme africaine plus ancienne). Les Mechtoïdes sont les auteurs
de la culture dite « ibéromaurusienne » que l'on sait remonter
aujourd'hui jusqu'à 22 000 ans BP (21 900 plus ou moins 400 ans BP à
Taforalt au Maroc) (voir BP et BC à glossaire). Les populations
mechtoïdes du Maghreb ont principalement vécu dans les régions du
littoral et du Tell, mais leur présence est attestée plus au sud, dans
les Hautes Plaines et l'Atlas saharien en Algérie, ainsi que dans le
Haut et Moyen Atlas au Maroc. Le terme « ibéromaurusien », évoque des
contacts entre l'Espagne et le Maghreb, comme le pensait P. Pallary
qui a identifié ce faciès en 1899, mais on sait qu'il n'en est rien.

Références de l'ouvrage :
Malika HACHID,Les Premiers Berbères. Entre Méditerrannée, Tassili et
Nil, Ina-Yas / Edisud, Aix-en-Provence, 2000, 317 pages.
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les populations berbères :: Commentaires

Re: les populations berbères
Message le Lun 4 Juin - 4:33 par maria0033

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