Tite Prout Maître de Cérémonie du forum

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 | Sujet: Amérique latine:offensive de charme de Bush Ven 9 Mar - 18:09 | |
| L’offensive de charme de George W. Bush
Manifestants de l'organisation Greenpeace au Brésil. La tournée de George W. Bush en Amérique latine ne sera pas sans danger. (Photo: AFP)
Le président des Etats-Unis ne jouit pas d’une très grande popularité chez ses voisins du sud du continent américain. George Walker Bush a pourtant entamé, jeudi, au Brésil, une tournée qui le conduira dans cinq pays d’Amérique latine. Dans les bagages du président, un nouveau programme d’aide financière et humanitaire. Par ce biais, le président américain espère pouvoir se débarrasser de «l’odeur de soufre», que son homologue vénézuélien Hugo Chavez lui trouve.
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La formule magique avec laquelle George W. Bush compte ouvrir les cœurs des Latinos : l’éthanol. C’est au travers du biocarburant que le président américain veut donner un nouveau souffle aux relations entre les Etats-Unis et les cinq pays qui figurent au programme de sa visite : le Brésil, l’Uruguay, la Colombie, le Guatemala et enfin le Mexique. L’enjeu économique est important pour les pays d’Amérique latine. Car l’objectif, fixé par Bush, est de remplacer 20% de la consommation américaine de pétrole par des biocarburants d’ici 2017. Le coup d’envoi de cette nouvelle ère sous le signe de l’éthanol devrait être donné ce vendredi à Sao Paulo. Les deux premiers producteurs de ce biocarburant au monde, les Etats-Unis et le Brésil, veulent y signer un accord-cadre pour développer ensemble des modes de raffinage et des standards communs. La coopération envisagée provoque cependant l’inquiétude aux Etats-Unis même: Les agriculteurs américains, spécialisés dans les cultures de maïs, craignent la rude concurrence de l’éthanol brésilien, bien moins cher en production car issu de la canne à sucre. Mais la résistance nationale ne vaut pas les intérêts internationaux de George W. Bush : finaliser une coopération avec son homologue Lula da Silva pour de la production d’éthanol lui permet de s’émanciper du pétrole venant de pays qui lui sont moins favorables. Notamment le Venezuela qui est, avec environ 1,5 millions de barils par jour, l’un des quatre principaux fournisseurs de pétrole des Etats-Unis. D’autres sujets que le biocarburant vont être abordés pendant la quatrième visite du président américain dans la région : En Uruguay, par exemple, la délégation venue de Washington évoquera la possibilité d’un soutien américain à un gouvernement de gauche à condition que celui-ci fasse le nécessaire en matière de lutte contre la corruption et d’ouverture commerciale. En Colombie, devant son grand allié, le président conservateur Alvaro Uribe, George W. Bush ne pourra probablement pas éviter le dossier de la lutte contre la drogue et l’insécurité. Depuis le lancement, en 2000, du «Plan Colombie», le gouvernement de Bogota a reçu la somme impressionnante de 5 milliards de dollars pour se battre contre la production de cocaïne, dont la Colombie est producteur et fournisseur numéro un au niveau mondial. Au Guatemala et au Mexique, enfin, les Américains vont essayer de parler du dossier de l’émigration. Près de 5 millions de Mexicains et un million de Guatémaltèques vivent clandestinement aux Etats-Unis. Le mur, construit par Washington le long d’une partie de la frontière américano-mexicaine, n’a pas pu régler définitivement ce problème délicat. Le nouveau président Felipe Calderon devrait alors essayer d’obtenir de son homologue un investissement pour le développement du Mexique, en argumentant : «Il serait plus utile, pour réduire l’immigration, de construire un kilomètre de route que dix kilomètres de mur.» En bref : la tournée de George W. Bush en Amérique latine est surchargée et non sans danger. Car avant même de poser le pied sur le sol sud-américain, le président des Etats-Unis est attendu par de nombreuses manifestations. A Montevideo, la capitale de l’Uruguay, de nombreux graffitis tels que «Bush dehors» ou «Bush assassin» envahissent déjà les murs ; et le quotidien uruguayen La Repubblica a annoncé en titre la venue du «prédateur». Bush à la reconquête d’une région délaissée pendant six ans Autrefois, l’Amérique latine était une des priorités sur l’agenda de George W. Bush. Mais les attentats du 11 septembre 2001 ont absorbé toute l’attention de Washington. Pendant que les Etats-Unis s’occupaient du Proche et du Moyen-Orient, la chaise ainsi abandonnée en Amérique du Sud a été vite récupérée par d’autres, notamment par le charismatique Hugo Chavez. La pauvreté et les inégalités persistantes en Amérique latine ont en effet constitué le terrain idéal pour faire germer les idées du chef de l’Etat vénézuélien. Celui qui a qualifié son homologue américain de «diable à odeur de soufre» et qui pense ramener un socialisme du XXIème siècle dans une Amérique latine unie, a trouvé beaucoup d’adeptes durant ces dernières années. Et son opposition au grand frère-ennemi du nord est inlassable : pendant la tournée du président américain, Hugo Chavez présidera, ce samedi, un grand rassemblement «anti-Bush» organisé par les organisations d’extrême gauche, à Buenos Aires, pour prôner encore une fois l’indépendance politique et économique de la région de son grand concurrent : les Etats-Unis. Dans ce contexte, George W. Bush va tout faire pour regagner en six jours la confiance des pays que son administration a négligés pendant six ans. A cette fin, le chef d’Etat américain n’arrive pas seulement pour le plus long voyage dans la région de tout son mandat. Il apporte également dans ses valises des mesures financières et humanitaires non négligeables censées rivaliser avec l’assistance offerte par le Venezuela : Un navire-hôpital devrait jeter l’ancre dans douze pays pour traiter 85 000 personnes et réaliser 1 500 opérations chirurgicales. De plus, les Etats-Unis envisagent le versement de 75 000 millions de dollars pour soutenir l’étude de l’anglais et 100 millions pour une aide au logement dans la région. En attendant, la rivalité ouverte et virulente entre Bush et Chavez commence à sérieusement gêner les présidents des pays d’Amérique latine. Sous la pression de l’une ou de l’autre idéologie, ils voudraient pour la plupart rester dans une zone grise au lieu de se laisser entraîner dans une polarisation dangereuse en choisissant leur camp.
par Stefanie Schüler Article publié le 08/03/2007 Dernière mise à jour le 08/03/2007 à 18:46 TU ArticlesRFI |
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