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| Sujet: Immigration clandestine. Les petits profits d’Abdoulaye Wade Lun 29 Mai - 0:25 | |
| Immigration clandestine. Les petits profits d’Abdoulaye Wade Le 24/05/2006 à 8 h 00 - par Patrick Girard
En prévision des prochaines élections, le président sénégalais tente d’obtenir des aides financières dont il pourra exciper pour redorer un bilan passablement terne de son mandat.
« Le président maquette », c’est ainsi qu’on surnomme à Dakar Abdoulaye Wade, apôtre d’un sopi (« changement » en wolof), dont on serait bien en mal de trouver la trace dans l’action de ses différents gouvernements. La situation économique et sociale sénégalaise ne cesse de se dégrader et la plupart des partis politiques qui avaient soutenu Wade contre Abdou Diouf l’ont abandonné et se sont regroupés dans une coalition unie de l’opposition qui entend bien lui faire mordre la poussière lors du prochain scrutin.
Abdoulaye Wade a besoin de résultats et l’affaire de l’afflux d’immigrants clandestins aux Canaries lui permet un providentiel répit. Il s’est déclaré prêt à prendre les mesures nécessaires pour freiner l’immigration clandestine de ses concitoyens à condition que les pays européens, l’Espagne en particulier, l’aident à financer certains projets, notamment l’attribution de lopins de terre aux candidats potentiels au départ.
Lors de l’afflux d’immigrants, sénégalais et maliens, via le Maroc, à Ceuta et Mellila, le chef d’Etat sénégalais avait obtenu le financement par le Maroc et par l’Union européenne de plusieurs projets ciblés en faveur des immigrants sénégalais rapatriés du Maroc au Sénégal. Il vient de récidiver en déclarant au Journal du Dimanche, à l’intention du gouvernement espagnol, à propos des immigrants clandestins débarqués aux Canaries : « Qu’ils me les renvoient, mais qu’ils me donnent aussi des champs », des champs dont il estime le coût entre 62 000 et 92 000 euros. Devant l’importance suspecte de cette somme, il s’est résigné à déclarer que, tout compte fait, il préférait « obtenir du matériel de seconde main de l’union européenne » pour encourager le développement de certaines cultures vivrières ou d’entreprises artisanales.
Ce sont là des mesures de rafistolage. Les faibles prix payés aux paysans pour leurs productions ne les décourageront pas de rêver de l’eldorado européen et les salaires ridicules du secteur informel et de l’artisanat sont bien peu de choses par rapport aux revenus d’un travailleur clandestin en Europe Mais Abdoulaye Wade pourrait de la sorte se flatter d’avoir mis en œuvre le sopi et une amélioration des conditions de vie de ses concitoyens.
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