Flux  | |
| QUOI DE NEUF SUR NOTRE PLANETE | |
| | | | Auteur | Message |
|---|
mihou Rang: Administrateur

Inscrit le : 28 Mai 2005 Messages : 7661 Localisation : Washington D.C.
 | Sujet: Thomas Sankara Mer 8 Juin - 9:14 | |
| Dossier d'actualité. le 15/10/2002
Burkina Faso
Voilà quinze ans disparaissait le capitaine Thomas Sankara, chef de la révolution burkinabé de 1983 à 1987. Retour sur les événements tragiques de son assassinat et portrait d’un chef d’État pas comme les autres…
Il était une fois… Thomas Sankara Il y a quinze ans disparaissait le capitaine Thomas Sankara. Retour sur son assassinat et portrait d’un chef d’État pas comme les autres…
De notre correspondant au Burkina Faso Jeudi 15 octobre 1987. Il est 16 heures. Des armes crépitent au Conseil de l’entente, l’état-major du Conseil national de la révolution à Ouagadougou, tout près des ministères et de la présidence. Un groupe de soldats para-commando vient de débarquer avec, à l’évidence, pour mission de liquider tout le monde. Dans la cour, tous les gardes sont abattus. Dans un bureau, le capitaine Thomas Sankara en réunion avec des conseillers lance à son entourage : «restez-là, c’est moi qu’ils veulent !» Le président, en tenue de sport, se précipite dehors les mains en l’air. Mais il est immédiatement fauché à l’arme automatique. Aucun de ses gardes ni conseillers ne sera épargné. En tout, une quinzaine de personnes sont abattues. Ils seront tous enterrés à la hâte, la même nuit, au cimetière de Dagnoen, un quartier de l’est de Ouagadougou. Dans toute la zone de la présidence et du Conseil de l’entente, militaires et civils courent dans tous les sens. Les Burkinabés qui sont au bureau ou à la maison se précipitent vers les postes transistors. Sur Radio Burkina, les programmes sont suspendus. On ne diffuse plus que de la musique militaire. Pour des Burkinabés déjà habitués aux coups d’État, c’est un signe qui ne trompe pas : le pouvoir a changé de main. La confirmation ne tarde pas. Un communiqué lu à la radio par un officier annonce notamment la démission du président du Faso, la dissolution du Conseil national de la révolution et proclame la création d’un Front populaire dirigé par le capitaine Blaise Compaoré, jusque-là numéro deux du régime révolutionnaire. La confusion est totale. Le citoyen de base ne comprend pas pourquoi un règlement de comptes aussi sanglant entre deux leaders considérés comme «amis et frères». Mais les observateurs, eux, ne sont pas surpris. Depuis quelques mois, la guerre des chefs avait commencé au sommet de l’État entre les deux capitaines, numéros un et deux du régime. L’entente entre ces deux hommes, qui partageaient même des repas familiaux ensemble, s’effritait alors que la révolution déclenchée le 4 août 1983 entamait tout juste sa cinquième année. A Ouagadougou, les rumeurs de coup d’État se faisaient de plus en plus persistantes. «Le jour que vous entendrez que Blaise Compaoré prépare un coup d’État contre moi, ce n’est pas la peine de me prévenir. Car, ce serait trop tard », avait lancé avec prémonition Thomas Sankara à des journalistes. Il faisait ainsi allusion à la forte amitié qui le liait à Compaoré. Par naïveté ou par impuissance, le charismatique chef de la révolution burkinabé n’! échappera donc pas aux balles de son entourage. Sa mort fit l’effet d’une bombe. Au Burkina et partout sur le continent, tout le monde est sous le choc. La consternation est générale notamment au sein de la jeunesse africaine. Le rêve placé dans ce jeune officier de 38 ans vient de se briser. Arrivé au pouvoir 4 ans plus tôt à la suite d’un coup d’Etat mené par un groupe de jeunes officiers, le capitaine Thomas Sankara avait engagé une révolution pour changer les mentalités dans son pays, la Haute-Volta, l’un des États les plus pauvres de la planète. Il encourage ses compatriotes à compter sur leurs propres forces. Son gouvernement engage alors de vastes chantiers dans les domaines de la production, de l’éducation, de la santé, du logement, des infrastructures, etc.
Ses successeurs dresseront un bilan positif de ces quatre années de révolution. Thomas Sankara reprend à son compte les discours panafricanistes de Kwamé Nkrumah ou de Lumumba. Il pourfend l’impérialisme dans ses discours et appelle à de nouveaux rapport! s entre le Nord et le Sud. Invité au sommet Franco-africain de Vittel quelques mois après son arrivée au pouvoir en 1983, il refuse de serrer la main à Guy Penne, le conseiller de François Mitterrand venu l’accueillir à l’aéroport à Paris pour protester ainsi contre le manque de considération à un chef d’État africain. Thomas Sankara s’attaque avec force à l’apartheid. A la tribune de l’OUA, des Nations unies, son discours dérange. «Je dis que les Africains ne doivent pas payer la dette. Celui qui n’est pas d’accord peut sortir tout de suite, prendre son avion et aller à la Banque mondiale pour payer», avait lancé le président burkinabé dans un tonnerre d’applaudissements à la tribune d’un sommet de l’OUA à Addis-Abeba. L’homme tranchait des autres présidents par sa simplicité et la rigueur imposée aux membres de son gouvernement. Il avait mis au garage les Limousines du parc automobile de l’Etat, imposant des Renault 5 comme voitures de fonction pour lui et ses ministres. P! our inciter la consommation locale, il imposait des tenues en cotonnade tissée à la place des costumes occidentaux. La corruption avait disparu dans ce pays qu’il avait rebaptisé en 1984 Burkina Faso : la patrie des hommes intègres en langue locale. La révolution multiplie les victoires mais aussi les erreurs, comme la décision de rendre gratuit durant toute une année les loyers, ou les dérives des Comités de défense de la révolution (CDR) qui faisaient la loi dans les quartiers et les services ou encore les nombreux «dégagements» de fonctionnaires pour manque d’engagement dans la révolution, ou une diplomatie régionale très critique à l’égard de ses voisins, en dehors du Ghana de Jerry John Rawlings. Quinze après sa disparition, les Burkinabés gardent de lui l’image d’un homme intègre, qui a changé les mentalités de ses concitoyens et donné une dignité à son pays. Une image et un idéal qui résistent encore au temps et dont se réclament une demi-douzaine de partis politiques, détenteurs de sept sièges à l’Assemblée nationale depuis les élections législatives de mai dernier.
--------------------------------------------------------------------------------
Dossier d'actualité. le 14/10/2002
Burkina Faso
Il n’y a pas d’avancée dans l’affaire Thomas Sankara. Quinze ans après son assassinat dans un coup d’Etat, la famille et les partis sankaristes réclament toujours justice, sans succès. La procédure judiciaire enclenchée il y a cinq ans piétine.
Affaire Sankara : la vérité ne semble pas pour demain... Quinze ans après l'assassinat de Thomas Sankara dans un coup d’Etat, la famille et les partis sankaristes réclament toujours justice, sans succès.
De notre correspondant au Burkina Faso Depuis plus d’un an, la procédure judiciaire sur l’affaire Thomas Sankara est pratiquement bloquée. Elle avait démarré le 29 septembre 1997 par une plainte déposée in extremis par un avocat burkinabé au nom de l’épouse du défunt président Mariam Sankara et de ses deux enfants. La veuve et les enfants qui vivent en exil à Montpellier (France) ont pu éviter ainsi la prescription du crime commis le 15 octobre 1987. La plainte déposée auprès du tribunal de grande instance de Ouagadougou est dirigée contre X pour «assassinat et faux en écriture publique». Le certificat de décès signé par un médecin militaire mentionnait que l’ancien président tombé sous les balles, était mort de «mort naturelle». Alors que beaucoup d’observateurs étaient pessimistes sur la suite de la procédure, un juge d’instruction Alexis Kambiré prend immédiatement une ordonnance pour ouvrir une information sur le dossier. Mais sur requête du parquet général de la cour d’appel de Ouagadougou, la chambre d’accusation prend un arrêt le 26 janvier 2000 qui rend les juridictions de droit commun incompétentes pour connaître de cette affaire. Les avocats de la famille de Thomas Sankara s’étaient alors pourvus en cassation devant la cour suprême. Mais celle-ci juge, le 19 juin 2001, irrecevable «en la forme» la plainte pour défaut de caution non versée auprès de la Cour par les avocats de la famille. Cette dernière décision renvoie les parties à se conformer à l’arrêt de la chambre d’accusation. Celle-ci avait fondé son argument sur le fait que le crime s’était déroulé dans une enceinte militaire à savoir le Conseil de l’entente qui abrite encore aujourd’hui l’Etat-major de la sécurité présidentielle. Ce qui revient à dire que seul le tribunal militaire peut juger cette affaire. Or, selon le code de procédure de la justice militaire au Burkina, seul le ministre de la Défense peut donner l’ordre de poursuite à cette juridiction d’exception. Mais jusqu’à ce jour soit 14 mois après la décision de la cour suprême, cet ordre n’a toujours pas été donné par le général Kouamé Lougué. Pourtant dès le verdict de la Cour suprême, maître Dieudonné Nkounkou du barreau de Montpellier et maître Bénéwendé Sankara (sans lien de parenté avec l’ancien président) qui représentent la famille Sankara écrivaient au ministre de la défense pour lui rappeler «son devoir de donner l’ordre de po! ursuite».
Parallèlement, les deux avocats écrivent au procureur du Faso pour lui demander de faire «diligence» dans la poursuite du dossier. Ils s’appuient dans leur requête sur une autre affaire du même genre, celle du chauffeur du frère du président Blaise Compaoré mort dans des conditions mystérieuses en 1997 au sein du régiment de sécurité présidentielle. Alors que la rue grondait pour obtenir la vérité dans cette affaire sur laquelle le journaliste Norbert Zongo enquêtait lorsqu’il a été tué en décembre 1998, le ministre de la Défense avait rapidement donné l’ordre de poursuite au tribunal militaire en 1999. Mais sans doute les enjeux ne sont pas les mêmes. En tout cas, le ministre de la Défense n’a non seulement pas donné suite à l’affaire, mais il n’a pas non plus répondu directement aux avocats de la famille Sankara. En revanche, le procureur du Faso, lui, a fait connaître sa position dans une réponse adressée le 23 juillet 2001 à maître Sankara : l’! affaire «porte sur des faits qualifiés crimes commis le 15 octobre 1987, soit plus de 13 années et huit mois». Autrement dit, le crime portant sur l’assassinat du capitaine Thomas Sankara tombe sous le coup de la prescription qui est de 10 ans. Vrai ou faux ? Le débat divise les deux parties. Pour les avocats de la famille, la plainte déposée en 1997 auprès du tribunal civil suspend la prescription. Pour eux, la dénonciation des faits devant un tribunal militaire ne constitue pas une nouvelle plainte mais plutôt la suite de celle déposée devant le tribunal civil. Au contraire pour le parquet et le pouvoir, il n’y a pas de lien entre les deux procédures. Ce qui suppose dans ce cas que l’action est éteinte du fait de la prescription. Pour contourner cet imbroglio juridique, les avocats viennent d’engager une nouvelle plainte toujours contre X mais cette fois pour séquestration. «Depuis le 15 octobre 1987, alors qu’il était présent à Ouagadougou, où il exerçait les fonctions de chef de l’Etat du Burkina Faso, Thomas Sankara n’a plus réapparu», écrit maître Dieudonné Nkounkou le 30 septembre 2002 au doyen des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Ouagadougou. Le choix de cette nouvelle infraction n’est pas le fait du hasard. Selon le code de procédure pénale burkinabè, la séquestration est une infraction continue c’est-à-dire qu’elle n’est jamais prescrite. Cette nouvelle procédure a-t-elle des chances d’aboutir ? Rien n’est sûr. En tout cas, maître Sankara ne se fait pas trop d’illusions. «Je me suis laissé convaincre que si Blaise Compaoré ne tombe pas, point de vérité, point de justice pour Thomas Sankara».
Alpha BARRY |
|  | | mihou Rang: Administrateur

Inscrit le : 28 Mai 2005 Messages : 7661 Localisation : Washington D.C.
 | Sujet: THOMAS SANKARA Lun 15 Oct - 14:58 | |
|  Personnage charismatique, disparu en 1987, Thomas Sankara a appartenu à la génération nouvelle, apparue en Afrique dans les années 1980, de jeunes militaires révolutionnaires épris d’intégrité et de liberté. « Sans formation politique, un militaire n’est qu’un criminel en puissance », disait-il, marquant ainsi sa différence avec tant de putschistes en kaki, dénués d’idéaux, dont l’Afrique avait connu la triste succession depuis les indépendances. Ses déclarations fracassantes ont fait trembler les pouvoirs et inquiété les chancelleries, au nord comme au sud. Et sa mort aux accents tragiques a contribué à faire de lui une des figures mythiques de l’histoire contemporaine africaine, adulée par les jeunes Africains.Né en 1949 d’une famille modeste du nord-ouest de la Haute-Volta, Thomas Sankara entre en 1966 au prytanée de Kadiogo. Cette année-là, les syndicats voltaïques protestent contre leurs élites et le président Yaméogo est renversé. Le jeune Thomas intègre l’Académie militaire d’Antsirabe (Madagascar) en 1969, puis les centres de formation parachutistes de Pau (France) et de Rabat (Maroc). Pieux, studieux, rigoureux jusqu’à l’ascétisme, il lit tous les classiques et affectionne les débats politiques. Il y évoque les héros des indépendances africaines - Amilcar Cabral, Patrice Lumumba -, les rêves déçus (ceux des Kwame Nkrumah ou Julius Nyerere), ou encore les révolutions trahies (Madagascar, Guinée, Bénin, Congo-Brazzaville). Il analyse la situation en Afrique de l’Ouest, où la misère semble sans issue, minée par l’effondrement des cours des matières premières, les sécheresses successives et les dictatures corrompues, au service de puissances extérieures. « La patrie ou la mort, nous vaincrons ! »Thomas Sankara passe pour un héros lors la « guerre des pauvres », qui oppose en 1975 la Haute-Volta au Mali. Instructeur au centre de formation des para-commandos de Pô, le bouillant capitaine est un patriote épris de justice - à l’instar de son aîné, le Ghanéen Jerry Rawlings, qui, en 1979, fait exécuter plusieurs anciens dirigeants jugés corrompus. Un an après, en Haute-Volta, le président Lamizana est destitué, accusé d’avoir laissé des fortunes se bâtir grâce au détournement de l’aide alimentaire. Secrétaire d'Etat à l'Information sous le colonel Saye Zerbo,en 1981, Sankara se rend au ministère à bicyclette. Son charisme inquiète. Premier ministre en 1983, il prononce cinquante-neuf fois le mot « peuple » dans son discours d’investiture. Le président Ouédraogo l’assigne à résidence. Blaise Compaoré, son ami et frère d’armes, le libère et prend la direction d’un putsch. Le 4 août 1983, placé à la tête du Conseil national de la révolution (CNR), Sankara devient chef de l’Etat.Frêle dans son treillis vert-olive ou léopard, flanqué de deux pistolets sur les hanches, Thomas Sankara transforme son pays en laboratoire. Inspirés par les révolutions cubaine ou libyenne, ses Comités de défense de la révolution (CDR) ont en charge le développement à la base et l’autosuffisance alimentaire. « Ainsi le peuple se met à la tâche, comptant sur ses propres forces », disait Franz Fanon, l’un de ses inspirateurs. Sankara lance une réforme foncière, des vaccinations-commando, une « bataille du rail » pour désenclaver le Sahel. Il construit des retenues d’eau, des écoles… Coups de feu au palais du Conseil de l’ententeLes slogans fleurissent : « Les maris pourris, A bas ! », et l’'excision est interdite. Ouagadougou vit survoltée, les journalistes étrangers raffolent du nouveau régime qui multiplie les actes symboliques. Parfois Thomas s’empare de la guitare, Blaise du micro. Le sport de masse n’épargne pas les ministres qui circulent en Renault 5 et portent le Faso Dan Fani, cotonnade made in Burkina. Les artistes sont invités à se mettre au service du peuple. « Je parle au nom de ces millions d’êtres qui sont dans les ghettos parce qu’ils ont la peau noire », clame Thomas Sankara à la tribune des Nations unies en 1984. Il rebaptise la Haute-Volta « Burkina Faso », pays des hommes intègres, pour effacer la blessure coloniale et reconquérir la dignité. L’aide n’est que « calvaire et supplice pour les peuples », lance-t-il en 1986 au président Mitterrand. Le PF (président du Faso) invite les Africains à faire front commun contre la dette. Et ses mesures d’austérité sont plus amères que celles du Fonds monétaire international. Mais « Tom Sank’ » se met à dos bourgeois, intellectuels, fonctionnaires, chefs traditionnels… La situation interne du pays est loin d’être rose : les jeunes des CDR multiplient les abus et les exactions, on murmure contre l’arbitraire des Tribunaux populaires (TPR), on s’émeut des licenciements pour fait syndical, mais aussi des querelles pour le leadership au sommet de l’Etat, tandis que s’attisent les inquiétudes des pays voisins et des Occidentaux. Le 15 octobre, Thomas Sankara meurt lors d’échanges de coups de feu au palais du Conseil de l’entente, à Ouagadougou, entre ses partisans et ceux de Blaise Compaoré, qui s’empare du pouvoir.
par Antoinette Delafin (MFI) Article publié le 15/10/2007 Dernière mise à jour le 15/10/2007 à 10:46 TUPublié dans Les 100 clés de l’Afrique (sous la direction de Philippe Leymarie et Thierry Perret). Paris, RFI/Hachette littératures, 2006.
On n’est pas sûr que le corps de Thomas Sankara soit vraiment celui qui se trouve dans la sépulture qui porte son nom. (Photo : Stanislas Ndayishimiye / RFI)
Au cimetière de Dagnoen, à l’est d’Ouagadougou, où sont enterrés Thomas Sankara et ses 12 collaborateurs tués avec lui, des fidèles viennent se recueillir. (Photo : Stanislas Ndayishimiye / RFI)
Thomas Sankara et ses 12 collaborateurs ont été enterrés le 13 octobre 1987, à la hâte, nuitamment, par le commando qui venait de les abattre. (Photo : Stanislas Ndayishimiye / RFI) _________________ Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa Ma devise: se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE |
|  | | mihou Rang: Administrateur

Inscrit le : 28 Mai 2005 Messages : 7661 Localisation : Washington D.C.
 | Sujet: Sankara:DECLARATION DE BIENS Lun 15 Oct - 16:36 | |
| DECLARATION DE BIENS - Le Président du Faso devant la Commission du peuple chargée de la prévention contre la corruption : Sankara avait un salaire mensuel net de 138 736 francs Cfa
Morceaux choisis par Soro DIOP du journal Le Quotidien
«(?) Je vais vous communiquer lecture de mes biens, assuré que vous ferez mener des enquêtes, toutes les enquêtes ici et partout, pour vérifier la véracité, assuré surtout que les militants du Burkina, partout où ils se trouvent, ici ou ailleurs, aideront la vérité à se manifester, si par hasard, je venais à oublier un texte, si, volontairement, je venais à tenter de me soustraire à cette obligation de dire la vérité, toute la vérité... (rires dans la salle). En matière de biens immobiliers, je citerai d’abord un réfrigérateur, je signale qu’il est en panne (rires dans la salle). Cet appareil n’est pas actuellement à ma disposition. Il a été prêté à un couple d’amis, parce que, de par mes fonctions, j’ai reçu ce matériel au palais de la Présidence. Je possède également deux téléviseurs avec magnétoscope qui sont installés à mon domicile et dans mon salon de travail. J’ai également installé un téléviseur à mon lieu de travail, parce que j’ai souvent besoin, partout où je me trouve d’être à l’écoute de nouvelles du monde (rires dans la salle). A titre personnel, je possède un salon complet et une bibliothèque qui devrait être livrée incessamment. Peut-être d’ici la fin du mois. C’est une commande personnelle. Je possède également trois guitares sèches. Je les cite parce que je leur attribue beaucoup de valeur. Comme biens immobiliers, je possède une villa à la cité Bnd, au secteur 2. Elle a été acquise par engagement auprès de la Bnd-B sur prêt N° 313/109-862 en décembre 1976. Je suis soumis à un remboursement en 120 mensualités et à ce jour, il reste à payer à la banque la somme de 678 824 francs que je règle par des mensualités de 31 944 francs, ainsi que je pourrai vous le prouver par les documents de la Bndb que je détiens ici. Cette maison est actuellement occupée par un parent, qui je l’espère, me paiera ce qu’il me doit (rires dans la salle). Je dis cela parce que j’ai l’intention de me dessaisir de cette maison, et nous établirons entre lui et moi, un contrat en bonne et due forme. Nous possédons un terrain au secteur 7 non mis en valeur ce jour, que mon épouse avait déjà acquis. Nous possédons un terrain dans mon village, non mis en valeur. Il avait été saisi par les Cdr (rires dans la salle). Selon les dernières nouvelles, les Cdr l’ont restitué en nous invitant à investir sur cette nouvelle parcelle. Ils l’avaient retirée parce que nous n’y avons pas investi pendant un certain nombre d’années. Donc, nous avons reçu sommation de la part des Cdr de réaliser quelque chose sur le terrain. Je m’acquitterai également de cette obligation que me font les Cdr de mon village. Nous possédons une voiture de marque Mitsubishi, acquise en 1978. Elle a été régulièrement dédouanée en dix-huit mensualités auprès du Trésorier-Payeur Général. J’ai ici la décision du Ministère des Finances de février 1979 qui m’avait accordé la possibilité de m’acquitter de ces charges douanières. Je pourrai vous lire la lettre. Et également l’attestation du Trésorier-payeur général qui prouve que j’ai régulièrement payé toutes ces traites douanières. Je possède deux vélos de course, un vélo de dame et un vélo pour enfant. Nous n’avons ni actions ni effets de commerce. Nous avons deux salaires : mon salaire, (confère la fiche de solde émise par la Direction de l’intendance militaire) révèle un net de 138 736 francs Cfa par mois (rires dans la salle). Mon épouse a un salaire de 192 698 francs Cfa. Comme je l’ai dit tout à l’heure, nous partageons les charges et mon épouse s’occupe des charges courantes de ménage et moi je m’occupe des grosses dépenses et aussi surtout des obligations sociales, notamment les incessants secours à des amis et autres personnes qui le demandent.»
COMPTES BANCAIRES ET DONS
«Je possède un compte en banque à la Bicia-B et un compte à la Caisse nationale d’épargne. A la Bicia-B, mon compte est créditeur de 353 665 francs Cfa. (?) Cette somme a été gelée parce que nous avons réalisé une commande, des commandes nouvelles qui devraient être payées, dès le mois de décembre.
Malheureusement, le menuisier auprès de qui nous avons passé la commande n’a pas encore livré ce que nous attendons. Et nous attendons, par conséquent, qu’il nous livre pour que nous payions (?) A la Caisse nationale d’épargne, je possède donc un compte, qui, je crois, depuis 1979 n’a pas été mouvementé. Je n’ai pu faire des retraits, mais je n’ai pas fait de dépôt non plus, et la Caisse nationale d’épargne révèle que je dispose de 69 792 francs Cfa. Malheureusement, je ne suis pas en règle pour jouir de ce compte parce que j’ai égaré les documents du fait de mes nombreux déménagements incessants et répétés (rires dans la salle). Mon épouse a un compte créditeur à la Bicia-B de 43 037 francs Cfa. Evidemment, ce compte est régulièrement mouvementé en retraits, vu nos charges familiales, les scolarités également. A la Bicia-B, elle est également détentrice d’un compte créditeur de 63 646 francs Cfa. Nous avons chacun une alliance en or qui a de la valeur. Mon épouse possède d’autres bijoux, chaînes et bracelets, mais je voudrais préciser tout de suite et me tenir à la disposition de la Cppc, que ces bijoux ainsi que nous l’avons inventorié, nous n’avons pas pu chiffrer la valeur, parce que ce sont généralement des bijoux en imitation or ; donc ces bijoux, les bijoutiers ne peuvent leur attribuer des valeurs, sauf à l’achat. Une fois que vous les avez achetés, ces bijoux que l’on appelle généralement de la pacotille, perdent leur valeur. Mais je le cite quand même parce que des camarades militants ont dit avoir vu mon épouse avec du diamant à la télé. Je précise qu’il n’en est rien. Mais nous tenons ces bijoux à la disposition de la commission pour toute expertise.
«(?) J’ai reçu un don de 400 000 francs Cfa, un don de 20 000 000 francs Cfa, un don de 75 000 000 francs Cfa, un don de 350 000 000 francs Cfa et un don de 400 000 000 francs Cfa (vacarme de surprise et d’ahurissement dans la salle). Pour toutes ces valeurs, ces sommes d’argent, tout en remerciant les généreux donateurs, j’ai déposé ces sommes après du Budget national, soit auprès d’institutions de l’Etat qui pourront faire la preuve de ces dépôts. J’ai reçu également des voitures qui ont été toutes cédées au parc de l’Etat. J’ai reçu donc une Bmw, une Alpha Roméo, une Cressida Toyota, une Mitsubishi également, mais j’ai reversé tous ces véhicules au parc automobile de l’Etat. Mon épouse a reçu 5 000 000 francs Cfa une fois, 5 000 000 francs Cfa une deuxième fois, 10 000 000 francs Cfa. Ces sommes ont été cédées à la Caisse de solidarité révolutionnaire, puis au restaurant des femmes.»
Extraits de Histoire politique du Burkina Faso 1919-2000 de Roger Bila Kaboré, l?Harmattan, févrie _________________ Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa Ma devise: se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE |
|  | | mihou Rang: Administrateur

Inscrit le : 28 Mai 2005 Messages : 7661 Localisation : Washington D.C.
 | Sujet: Burkina commemorates slain leader Mar 16 Oct - 2:54 | |
| Burkina commemorates slain leader
[size=14]
 Thomas Sankara was overthrown by the current president
Burkina Faso is paying tribute to its late revolutionary leader, Thomas Sankara, on the 20th anniversary of his assassination.
Known as Africa's Che Guevara, Captain Sankara was hailed by admirers as a charismatic and revolutionary leader.
But he was killed when his former comrade and current President Blaise Compaore seized power in a coup.
Crowds greeted Sankara's widow, Mariam, as she arrived in the capital from exile in France for the commemorations.
Rival events are reported to be being held.
The government has organised a conference on democracy and development before holding a concert on 20 October, whilst Sankara supporters are holding their own gathering and concert to remember him.
A group of Sankara supporters from as far away as Mexico have arrived in Ouagadougou to pay tribute to him.
Brazilian President Luiz Inacio Lula da Silva arrived in the country on Monday at the start of his seventh trip to Africa since taking office in 2003. He is scheduled to hold talks with Mr Compaore. Sankara himself seized power in a coup in 1983 masterminded by Blaise Compaore.
He gained plaudits for strongly promoting health and women's rights but antagonised many vested interests in the country.
He also had a knack for publicity, and famously replaced government Mercedes Benz cars with small Renaults.
Send us your memories of Sankara and his legacy using the form below.
Many African leaders now in power lack true patriotism for their countries only fighting to remain in power for their own benefits. On the 14th October Tanzania commemorated eight years since the founding father of Tanzania Mwalimu Julius Nyerere passed away. Look at how Nyerere was angered by corruption and how he respected the rule of law but now Tanzania is sinking even deeper into poverty because of greedy leaders. I wish Blaise Compaore, Mwalimu Nyerere and Nkwame Nkrumah could live forever. They are true African leaders. Basil Mbakile, Morogoro, Tanzania
Thomas Sankara, like his mentor and friend, Jerry Rawlings of Ghana, was a true hero of Burkina Faso. He took power from corrupt politicians to right the wronged in the society. He was truly a visionary leader who would have catapulted Burkina Faso from medieval into modern. In Africa, heroes don't last long. What a continental tragedy! Malik, Toronto, Canada
He is a true African leader. We will remember him all the days. Chediel Kodema, Dar es Salaam, Tanzania
Sankara was such a bright leader with vision and purpose for Burkinabes and Africa as a whole when he came on board as the president of his country. Unfortunately, Africans do not realise the value of what they have until they destroy them. It is high time now to know that we Africans are the enemies of ourselves. Sankara shall continue to be vindicated. May his gentle soul continue resting in peace. Adesina Oladokun, London, United Kingdom
Thomas Sankara reflected the yearnings and aspirations of young Africans like me. He exemplified the life of personal sacrifice needed from African leaders in order to pull the continent out of the current abyss. Unfortunately, he was cut down in his prime. Like a demented hen, Africa has been sucking its finest eggs for too long. Adieu Sankara. Majek Adega, Toronto, Canada
It is difficult to comprehend why visionary people like the late Thomas Sankara are out of the scene during their prime, not by natural cause but by the wicked hands of man. Sankara deserved to be honoured for the little he managed to achieve during a short rule. That rule brought tremendous changes in his motherland, for which, people cannot forget after 20 years of his demise. This is a lesson for other African leaders to always strive to do what is best for their people. This way they too would be remembered after they are violently killed in coups, by rebels or through democratic elections like in Liberia, Ghana and Sierra Leone. Long live Africa's visionary leaders. Elise A Zoker, Monrovia, Liberia
I love Sankara. In my military training I was registered in a Sankara regiment Please convey on my behalf the message of sympathy and love to Mariam Sankara. Let her visit our country, Rwanda and see how many people love her. Charles, Kigali
Sankara represented the new dream of African leadership that is designed to cater to the concerns and sufferings of the underprivileged - the poor, women and children. The coup that halted is match to socio-economic progress in one of Africa's poorest countries represents the vested interest of the class of exploiters. Until Africa embraces a rise of a new era that produce leaders like Thomas Sankara, the continent will continue to play host to poverty, disease, ignorance and human suffering. Kai G Wleh, Washington, DC
Sankara likened as Che Guevara is not a mistake. It will not be an overstatement to say he was and will be one of Africa's most admired and cherished leaders who had his fellow citizens at heart. He made Africa proud in his leadership in not tolerating corruption by himself driving a very modest car. Nsangou Yenkong, Manchester, England
Thomas Sankara was a leader we couldn't really have - futuristic and too revolutionary for his own good. I remember the day he visited Owen Falls Dam in Jinja, Uganda before it was changed to local name after he asked the sense of naming such an iconic place after a white man. I vividly recall that we hotly also debated when he changed the country's name from Upper Volta to Burkina Faso. How inspiring and promising it all was. There will never be another you Sankara and we miss you dearly. John Inkirane, London, UK
It was during one of those normal days back in 1987 that the death of Thomas Sankara was announced over the state radio in the Gambia. I could still remember that day. A s for me he was a pioneer and a great statesman. His political ambitions was tragically shorten by the military coup. One of Thomas Sankara's sayings that inspired everyone in Africa is ''A SOLIDER WITHOUT POLITICAL KNOWLEDGE IS VIRTUAL CRIMINAL''. Here he was trying to point out that many soldiers that lunch coup d'etat have no political knowledge and therefore must go back to school before any attempt of lunching a coup. May his soul rest in peace. Tijan Nimaga, New York, US
Thomas Sankara was brother to Africa, he set an example on who and military rule can sometime better than democratic governments. Amadou Busso, US
Sankara gave his people - PRIDE - the Burkinabe always considered the poor underdogs by the rest of West Africa, during his rule, held their heads high in the knowledge that they had a great leader a future "world" league political player. Cheryl Reed, Ivory Coast/US
When Africa (sub-Saharan) gets close to good... it turns to a mirage! Sankara was 'wasted'. In my own Nigeria, we had a brilliant Chief Obafemi Awolowo denied leadership of Nigeria. He was premier in the west and he is still famous today (more than Azikiwe or the Sarduana) for his progressive politics and people cantered practices. It might not be exact but it seems we end up with the present crop of 'hopeless' leaders we have today who... I'll stop so I don't 'convulse'! Olalekan, London
The only fond memories, I have about this great son of Africa, could be summarised by the song - US (Underground System) dedicated to him by the great Fela Kuti. May his ghost continue to haunt all reactionary forces in Africa, who are holding us down from reaching our potentials. Olanrewaju Abimbola, Abuja, Nigeria
He was a man of strong conviction and courage. His death was a setback in Africa's struggle for complete emancipation. Africa lost a great son due to (Blaise) one man's greed and ambition. May his soul rest in peace. Osric Johnson, Freetown, Sierra Leone
Sankara is Africa's great, his legacy will live on. Perry Ehis, Abuja, Nigeria
Good things don't last, but bad things tend to stay very long. Some events in some African states are typical examples. Thomas is a true African and all positive, and if he comes back 20 times we will always stand by him as a true African. John Ene, Lagos, Nigeria http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/7045029.stm
_________________ Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa Ma devise: se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE |
|  | | mihou Rang: Administrateur

Inscrit le : 28 Mai 2005 Messages : 7661 Localisation : Washington D.C.
 | Sujet: citation de Thomas SANKARA Mer 17 Oct - 6:16 | |
| Thomas SANKARA : « L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite
pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se
fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend
l’affranchir. Seule la lutte libère… » _________________ Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa Ma devise: se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE |
|  | | mihou Rang: Administrateur

Inscrit le : 28 Mai 2005 Messages : 7661 Localisation : Washington D.C.
 | Sujet: Thomas Sankara [1949-1987], l’Eternelle valeur de l’exemple Mer 17 Oct - 6:57 | |
| Thomas Sankara [1949-1987], l’Eternelle valeur de l’exemple
14/10/2007
Thomas Sankara, le charismatique président du Burkina Faso du 04 Août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat par son ami et toujours président burkinabé [en 2007], est certainement avec Nelson Mandela la figure politique africaine la plus marquante des années 80, suivant les prestigieux devanciers N’krumah, Sékou Touré, Lumumba, Nyerere et autres. Habité par un idéal révolutionnaire communicatif tenu dans une irréversible volonté de rupture, de justice et de liquidation des rapports de domination, Thomas Sankara a conquis une audience largement au de là de l’Afrique par une puissante vision du monde et une force de persuasion aux idéaux de progrès universel, sans jamais faire l’impasse sur l’état de son pays, de son Afrique, du peuple dont il se disait issu et porte-parole.
Celui qui se voulait la voix des Indiens, des Africains, des Femmes, des Esclaves et des Opprimés a légué un inimitable style politique assorti de réflexions inoubliables. Ses discours son restés gravés dans les mémoires de ceux qui, épris d’un réel renouveau dans le rapport du capitalisme aux peuples extra-occidentaux, n’ont cessé d’appeler de leurs vœux, dans un élan quelque fois messianique, l’avènement d’une figure qui incarnerait enfin les combats de tous pour tous.
A l’occasion du 20ème anniversaire de sa mort, quelques extraits de ses discours permettront de poursuivre un travail de deuil, de mémoire et d’espoir plus impérieux que simplement nécessaires, dans un faux village planétaire où les prédations démultipliées se sont obligées les plus médiatiques philosophes et intellectuels, donnant bonne conscience à une rapacité pulsionnelle aiguisée par les lucratives et vulnérables sociétés du globe. Eventrées, violées, investies au pas de charge au cri de libéralisme, libéralisme, libéralisme !
Sankara restera par dessus tout par la suprême valeur de l’exemple, celle qui fait défaut aujourd’hui aux combattants de la liberté dans le paysage politique africain. Les dinosaures, les vieux, les anciens ont réussi à durer, à trop durer, savent-ils encore pourquoi ? Hier adulés ou loués pour les besoins de la cause clanique ou sincèrement dans l’espoir de voir des changements prochains, les anciennes gardes sont honnies et le savent, bannies de l’estime et de la dignité des leurs et plus encore de leurs alliés occidentaux. Les pays qui s’enfoncent dans les misères n’offrent même pas la possibilité de jouir en toute quiétude des biens mal acquis qui font par ailleurs l’objet récent de l’intérêt des appareils judiciaires occidentaux. Il reste alors celui qui avait parlé, … et qui avait dit vrai. Impasse est faite sur les «papa» des peuples, les «mama» autoproclamées, la force de l’exemple résonne à jamais. Les erreurs sont oubliées, tout un chacun a pu juger de leur bonne foi, et du parti pris de l’action réformatrice, révolutionnaire.
A bientôt Sankara tes idées ne pourront ne pas servir, il y avait en elles tellement de vérité et tellement de volonté d’apaiser les souffrances de tous. En passant en revue quelques une des phrases restées célèbres les contemporains revivifient désormais quotidiennement l’esprit d’un très haut parmi les grands fils de l’Afrique, vraie, généreuse, courageuse, sans début ni fin.
A propos de la justice, on retiendra de Sankara parmi d’autres réflexions fulgurantes :
" Tant qu'il y aura l'oppression et l'exploitation, il y aura toujours deux justices et deux démocraties : celle des oppresseurs et celle des opprimés, celle des exploiteurs et celle des exploités. La justice sous la révolution démocratique et populaire sera toujours celle des opprimés et des exploités contre la justice néo-coloniale d'hier, qui était celle des oppresseurs et des exploiteurs. " 3 janvier 1984, ouverture des 1ères assises des Tribunaux Populaires de la Révolution.
Sur la condition féminine et les rapports de genre :
" Il n'y a de révolution sociale véritable que lorsque la femme est libérée. Que jamais mes yeux ne voient une société où la moitié du peuple est maintenue dans le silence. J'entends le vacarme de ce silence des femmes, je pressens le grondement de leur bourrasque, je sens la furie de leur révolte. J'attends et espère l'irruption féconde de la révolution dont elles traduiront la force et la rigoureuse justesse sorties de leurs entrailles d'opprimées." 8 mars 1987, Ouagadougou
Thomas Sankara s’illustra à plusieurs reprises, au grand agacement de ses homologues africains occupés à accompagner le pillage capitaliste des ressources continentales, par ses propos cinglants contre le néo-colonialisme. Rupture, le mot fut lâché :
" Il faut proclamer qu'il ne peut y avoir de salut pour nos peuples que si nous tournons radicalement le dos à tous les modèles que tous les charlatans de même acabit ont essayé de nous vendre 20 années durant. Il ne saurait y avoir pour nous de salut en dehors de ce refus là. Pas de développement en dehors de cette rupture là. Il faut ranimer la confiance du peuple en lui-même en lui rappelant qu'il a été grand hier et donc, peut-être aujourd'hui et demain. Fonder l'espoir. " A un journaliste américain.
Doté d’une grande lucidité sociologique qui allait lui valoir des inimitiés de la part d’oligarques africains, il dénonça le mimétisme et l’aliénation culturelle encore tenaces, caractéristiques des pesanteurs des sociétés post ou néo-colonisées :
" La plus grande difficulté rencontrée est constituée par l'esprit de néo-colonisé qu'il y a dans ce pays. Nous avons été colonisés par un pays, la France, qui nous a donné certaines habitudes. Et pour nous, réussir dans la vie, avoir le bonheur, c'est essayer de vivre comme en France, comme le plus riche des Français. Si bien que les transformations que nous voulons opérer rencontrent des obstacles, des freins." A un journaliste américain.
Liberté, dignité, lutte, des thèmes récurrents:
" L'esprit de liberté, de dignité, de compter sur ses propres forces, d'indépendance et de lutte anti-impérialiste […] doit souffler du Nord au Sud, du Sud au Nord et franchir allègrement les frontières. D'autant plus que les peuples africains pâtissent des mêmes misères, nourrissent les mêmes sentiments, rêvent des mêmes lendemains meilleurs. " Août 1984, Conférence de presse.
Aussi incisif envers l’apathie des oppressés qu’à l’endroit des oppresseurs, se moquant des préséances et des sempiternelles obséquiosités, Sankara n’hésita ni à faire la leçon au très craint président français, Mitterand, ni à critiquer la coopération ou ce qui s’en réclamait :
" Nous n'avons pas compris comment ils [Jonas Savimbi de l'Angola et Pieter Botha d'Afrique du Sud, pro Apartheid] ont eu le droit de parcourir la France si belle et si propre. Ils l'ont tachée de leurs mains et de leurs pieds couverts de sang. Et tous ceux qui leur ont permis de poser ces actes en portent l'entière responsabilité ici et ailleurs, aujourd'hui et toujours. " Novembre 1986, discours fait à François Mitterrand, en visite à Ouagadougou.
Dans le même discours, et de la même veine :
" Parce que de toutes les races humaines, nous appartenons à celles qui ont le plus souffert, nous nous sommes jurés de ne plus jamais accepter sur la moindre parcelle de cette terre le moindre déni de justice. "
La remise en question des privautés, habitudes, relations de copinages franco-africains occupait une place de choix dans les positions de Sankara, la dette notamment fut abordée dans l’optique qui triompherait plus tard, celle de l’abolition :
Vous parlez beaucoup, souvent, de la dette, du développement de nos pays, des difficultés que nous rencontrons dans des forums internationaux. (...) Nous vous demandons de continuer à le faire, parce que, aujourd'hui, nous sommes victimes des erreurs, des inconséquences des autres, L'on veut nous faire payer doublement des actes pour lesquels nous n'avons pas été engagés. Ils nous ont été conseillés et octroyés dans des conditions que nous ne connaissons plus. Sauf qu'aujourd'hui, nous devons subir et subir. Mais pour nous, ces questions ne se résoudront jamais par des incantations, des jérémiades, des supplications et des discours…
Toujours à l’adresse d’un Mitterrand pourtant familier, y compris en France, d’une déférence frisant parfois l’idolâtrie, le révolutionnaire lançait à un homologue qu’il traitait d’égal à égal :
Parlant de la coopération entre la France (...) et le Burkina Faso, (...) nous ne demandons pas, comme cela a été le cas déjà, que les autorités françaises viennent s'acoquiner avec des autorités burkinabè, africaines, et que seulement quelques années plus tard, I'opinion française, à travers sa presse se répande en condamnations de ce qui s'appelait aide, mais qui n'était que calvaire, supplice pour les peuples...
Cette pensée révolutionnaire, cette incarnation d’une indomptable volonté de rupture, cette démocratisation des pratiques du pouvoir africain, ce charisme politique ont à jamais marqué les jeunesses africaines, leur fournissant au milieu d’un désert politique, une figure qui devait avec le temps, même disparue, ne pas ternir au contraire se bonifier. Jurant d’avec un paysage occupé par les clientèles politiciennes sans commune mesure avec les enjeux du vivre-ensemble, de l’émancipation, de la liberté des peuples dominés, Sankara, avec un à-propos dévastateur, n’épargnait pas ceux pour qui il était parti en guerre :
… l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère… Extrait de discours à l’ONU, 1984.
Première parution 16/10/2003, modifiée
Voir les discours de Thomas Sankara sur www.thomassankara.net Akam Akamayong
http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1919
_________________ Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa Ma devise: se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE |
|  | | mihou Rang: Administrateur

Inscrit le : 28 Mai 2005 Messages : 7661 Localisation : Washington D.C.
 | Sujet: Il y vingt ans, Thomas Sankara, le Che Guevara africain Mar 23 Oct - 4:44 | |
| Il y vingt ans, Thomas Sankara, le Che Guevara africain et Président du Burkina Faso, était assasiné.
19 octobre 2007
CADTM, octobre 2007.
Il y a tout juste vingt ans, le 15 octobre 1987, Thomas Sankara |1|, président et père de la révolution du Burkina Faso (1983-1987), était assassiné lors du coup d’Etat de Blaise Compaoré, l’actuel président soutenu par les puissances occidentales. A l’instar de Patrice Lumumba (père de l’indépendance de l’ex-Congo belge), Thomas Sankara, aussi appelé le « Che africain », reste une figure emblématique de la lutte de l’Afrique contre la domination des puissances du Nord. Au cours de sa brève carrière politique, il a accompli des avancées majeures en faveur de son peuple, en se positionnant notamment pour le non-paiement de la dette, la lutte contre la corruption, l’autosuffisance alimentaire, la libération de la femme,... Un des temps forts de sa vie politique fut le discours qu’il prononça à la conférence de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA), le 29 juillet 1987 à Addis-Abeba. |2| (...)
- Lire l’ article www.cadtm.org
Arrivé au pouvoir par une « révolution démocratique et populaire » en août 1983 en Haute-Volta, qu’il rebaptise Burkina Faso (« pays des hommes intègres »), Thomas Sankara a été assassiné le 15 octobre 1987. Le CADTM tient à commémorer aujourd’hui le 20e anniversaire de sa mort tragique.
Les peuples africains n’ont pas oublié celui qui incarne aujourd’hui encore la résistance la plus éclatante et la plus sincère à la logique imposée par le FMI et la Banque mondiale. Très vite, il a tenté d’instaurer une indépendance économique et de développer la production locale. C’est le « consommer burkinabè », pour lequel il n’a pas hésité à déclarer : « Regardez dans vos assiettes. Quand vous mangez les grains de mil, de maïs et de riz importés, c’est ça l’impérialisme. N’allez pas plus loin. » Il s’est attelé à la construction de services sociaux solides (santé, éducation, logement), a agi pour la libération de la femme et mené une grande réforme agraire de redistribution de la terre aux paysans.
Très populaire, il a milité avec acharnement pour la constitution, de la part des dirigeants africains, d’un front du refus de rembourser la dette, que le CADTM appelle également de ses vœux à l’échelle de tous les pays du Sud. Lors de son discours à Addis Abeba le 29 juillet 1987, Thomas Sankara avait lancé l’offensive : « La dette sous sa forme actuelle, est une reconquête savamment organisée de l’Afrique (...). La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également. ». Avant de mettre ses pairs au pied du mur : « Qui, ici, ne souhaite pas que la dette soit purement et simplement effacée ? Celui qui ne le souhaite pas peut sortir, prendre son avion et aller tout de suite à la Banque mondiale payer. »
Mais il était parfaitement conscient des risques qu’il courait : « Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence ! Par contre, avec le soutien de tous, dont j’ai grand besoin, nous pourrons éviter de payer. Et en évitant de payer, nous pourrons consacrer nos maigres ressources à notre développement. »
Thomas Sankara n’a pas pu se rendre à la conférence suivante... En rupture totale avec la logique des grandes puissances, il est mort assassiné voici 20 ans et Blaise Compaoré l’a remplacé alors pour « rectifier la Révolution » et la mettre sur les rails du néolibéralisme. (...)
- Lire l’ articlre www.cadtm.org
Quel Burkina en 1983 avant la révolution ?
La HauteVolta, pays de près de 8 millions d’habitants, très pauvre en ressources naturelles, était le fournisseur de main d’œuvre bon marché de toute la sous-région. Son économie dépendait de la vente à l’extérieur de ses produits agricoles et, financièrement, il vivait des aides internationales. Il était donc voué à appliquer les politiques dictées de l’extérieur. Mais... (...)
Sankara voulait libérer son peuple de cette logique là : mais l’avenir qu’il prônait ne peut être possible que si l’Afrique se libère totalement du joug occidental en s’unissant, en assurant son éducation de masse, en protégeant la santé de ses populations et la pureté de son environnement naturel et en se réappropriant ses richesses. (...)
- Lire l’ article www.cadtm.org
- Notre pays a besoin d’hommes libres pour mettre en place un monde de paix et de respect. Thomas Sankara Website www.thomassankara.net _________________ Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa Ma devise: se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE |
|  | | |
| Page 1 sur 1 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |