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le truand Jacques Mesrine
Jeu 5 Mar - 6:12 par mihou
Que s’est-il réellement passé le 2 novembre 1979, à 15h15, porte de Clignancourt, à Paris ?
Après
une longue traque, le truand Jacques Mesrine, meurt, au volant de sa
voiture, sous les balles des policiers de l’antigang. Sa compagne,
Sylvia Jeanjacquot, est grièvement blessée.
Pour
le commissaire Robert Broussard, en charge de l’opération, il s’agit
d’une intervention légitime, précédée de sommations et effectuée en
état de légitime défense face à un individu particulièrement dangereux
et déterminé.
Pour la famille de Mesrine, en revanche, il s’agit là d’une véritable exécution.
Dix
jours après la fusillade, la fille aînée et la mère de Mesrine déposent
plainte avec constitution de partie civile pour « assassinat ».
L’instruction
est rouverte en mars 2000. Elle débouche sur un non-lieu, le 14 octobre
2004. Un non-lieu confirmé le 1er décembre 2005 par la chambre
d’instruction de la Cour d’appel de Paris.
Un pourvoi des proches de Mesrine est rejeté par la Cour de Cassation, le 6 octobre 2006.[b]Retour sur les coulisses de la mort de l’ex- "ennemi public numéro 1" de la France giscardienne, avec Benoît Collombat[/b]

.
Ecoutez le journal de 19H de France-Inter du 2 novembre 1979,
où l’on entend notamment la première réaction du commissaire Broussard
: « En Cour d’assises, Mesrine m’a dit : « Le premier qui tirera aura
raison ! » Nous n’avons pas tiré les premiers. Il a voulu sortir une
grenade. Nous avons tiré… »

Jacques Mesrine : « Je suis mort les armes à la main, même si, peut-être, je n’ai pas eu le temps de m’en servir… »


Dans
un enregistrement audio réalisé avant sa mort à destination de sa
compagne, Jacques Mesrine décrit, de façon très troublante, les
circonstances de sa future mort.
Un document
sonore aux allures de testament où Mesrine explique que « s’il avait eu
le temps de mettre la main » sur son arme, il s’en « serait servi »
face aux policiers…
Et de conclure à sa
compagne, Sylvia Jeanjacquot: « Si tu écoutes cette cassette, c’est que
je suis dans une cellule d’où on ne s’évade pas… »

Robert Broussard : « Je n’ai jamais eu la moindre instruction d’abattre Mesrine ! »


C’est
le commissaire Robert Broussard, chef de la BRI, la brigade de
recherche et d’intervention (l’"anti-gang") qui a donné l’ordre
d’intervenir aux quatre tireurs cachés derrière la bâche d’un camion,
posté juste devant la BMW de Jacques Mesrine.
Sollicité,
Robert Broussard explique aujourd’hui qu’il ne souhaite plus s’exprimer
sur cette affaire. Dans ses Mémoires et dans ses nombreux entretiens
accordés à la presse sur la mort de Mesrine, le commissaire Broussard a
toujours affirmé que ses hommes étaient en état de légitime défense,
après sommations.
Ecoutez, sur ce point, cet
échange mouvementé entre le journaliste de Libération Gilles Millet,
qui avait interviewé Mesrine lors de sa cavale, et le commissaire
Broussard, lors de l’émission d’Emmanuel Laurentin, "L’Histoire en
direct", sur France Culture, le 10 février 1997…

Dans
cet autre extrait de l’émission, le commissaire Broussard qualifie
Mesrine de « monstre d’orgueil », « un tueur qui a réussi à faire
parler de lui… »

Lucien Aimé-Blanc : « Il ne fallait pas le louper ! »


Lucien
Aimé-Blanc, ancien commissaire à l’OCRB, l’Office central de répression
du banditisme, était connu notamment pour utiliser l’ "infiltration" et
les indicateurs dans les enquêtes.
Il va suivre la trace de Mesrine à partir de l’enlèvement du milliardaire de l’immobilier, Henri Lelièvre, en juin 1979.
Le
2 novembre 1979, il se trouve à proximité de la porte de Clignancourt,
dans la voiture de commandement de Robert Broussard, à quelques
dizaines de mètres de la voiture de Mesrine.
Sans
condamner le modus-operandi de l’opération, Lucien Aimé-Blanc dément
les affirmations de Broussard qui affirme avoir été le témoin direct de
la fusillade et des sommations policières. Selon Aimé-Blanc, un certain
"feu vert moral" pour abattre Mesrine était alors dans tous les
esprits… « Mesrine faisait peur, il fallait appliquer un principe de
précaution.»

photo : Lucien Aimé-Blanc. © Benoît Collombat
Emmanuel Farrugia : « Il y avait légitime défense… »


Emmanuel
Farrugia était inspecteur-divisionnaire, chef de groupe à l’OCRB,
adjoint de Lucien Aimé-Blanc. Il se trouvait dans le même véhicule que
Broussard et qu’Aimé-Blanc au moment de la fusillade.
Il
raconte les minutes qui ont précédées la mort de Mesrine, et comment le
commissaire Broussard avait caché aux hommes de l’OCRB la présence du
fameux camion bâché avec des tireurs, qui feront feu sur Mesrine…

photo : Emmanuel Farrugia. © Benoît Collombat
Charles Pellégrini : « Si Mesrine ne lève pas les bras, il meurt ! »




Charles
Pellégrini était chef de groupe à l’OCRB lors de la mort de Mesrine.
Lui aussi était présent porte de Clignancourt, le 2 novembre 1979, à
proximité du camion où se postaient les tireurs d’élite.
Pour lui, c’est Mesrine lui-même qui, par son attitude, a signé ce jour là son arrêt de mort…


Pour
Charles Pellegrini, Mesrine n’avait rien d’un mythe. Il le décrit comme
un « voyou ordinaire dans son fonctionnement, flamboyant dans sa
présentation »…

photo : Charles Pellégrini. © Benoît Collombat
Guy Peynet : « S’il y avait eu des sommations, j’aurais du les entendre! »




Le 2 novembre 1979, Guy Peynet était le patron du bar "Le Terminus", porte de Clignancourt.
Selon
ce témoin de premier plan, jamais entendu sur procès-verbal dans la
procédure judiciaire (il a envoyé une lettre, jointe au dossier), les
policiers n’ont pas effectué de sommations avant de tirer sur Mesrine.

Geneviève Adrey : « Pour moi, c’était un assassinat »


Elle ne s’est jamais exprimée publiquement depuis ce fameux 2 novembre 1979.
Ce
jour là, Geneviève Adrey, alors étudiante en musicologie, se trouve
dans une cabine téléphonique, avec une amie, porte de Clignancourt, à
quelques mètres de la voiture de Jacques Mesrine…
Elle a entendu des rafales de mitraillette, avant de voir les lieux immédiatement investi par la police. Elle raconte…

Cette fusillade du 2 novembre 1979 a fait basculer la vie de Geneviève Adrey.
Traumatisée, elle a préféré arrêter ses études, et n’a jamais revu la moindre image à la télévision…


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