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160ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage : 160 ans

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AuteurMessage
mihou
Rang: Administrateur



Inscrit le : 28 Mai 2005
Messages : 7595
Localisation : Washington D.C.

MessageSujet: 160ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage : 160 ans   Mer 9 Juil - 16:38

160ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage : 160 ans de liberté ?


<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%"> <tr> <td width="50"> </td><td class="texte">
L'année 1848 marque t-elle vraiment le début de la liberté pour les esclaves noirs des colonies ?
</td></tr><tr> <td colspan="2">Par Wladimir Msika</td></tr></table>



<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%"> <tr> <td class="texte" align="left" valign="top">
<table align="left" border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="10"> <tr> <td colspan="2" height="5"></td><td background="images/artphototop.gif" height="5">
</td><td colspan="2" height="5"></td><td height="5">
</td></tr><tr> <td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td> </td></tr><tr> <td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td class="texte" align="center" bgcolor="#fff7ef"> © whitehouse.gov
</td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td> </td></tr><tr> <td colspan="2" height="5"></td><td background="images/artphotobas.gif" height="5">
</td><td colspan="2" height="5"></td><td height="5">
</td></tr><tr> <td colspan="2" height="5"></td><td></td><td colspan="2">
</td><td>
</td></tr></table>


En 1848, la France abolissait l’esclavage sur ses territoires. Les
colonies directement concernées sont alors la Guyane, les îles des
Antilles et de l’Océan indien. 160 ans plus tard, alors que de
nombreuses manifestations de commémoration ont été organisées en mai
dernier un peu partout en France et aux Antilles, il est nécessaire de
se pencher sur ce que fut véritablement cette "abolition" (terme au
reste très critiquable puisqu’il occulte la participation des esclaves
à leur propre libération :

celui qui "abolit" l’esclavage est nécessairement celui qui l’a dicté,
la victime s’en "libère"). Quoi qu’il en soit, l’année 1848
marque-t-elle vraiment le début de la liberté pour les 250 000 esclaves
noirs qui vivaient alors dans les colonies françaises et
représente-elle un point de non retour pour les pratiques esclavagistes
sur les territoires soumis à l’autorité française ?

</td></tr><tr> <td class="titre_paragraphe" align="left" valign="top" width="85%">La situation des anciens esclaves dans les Antilles françaises après 1848.</td></tr><tr> <td class="texte" align="left" valign="top">
<table align="right" border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="10"> <tr> <td colspan="2" height="5"></td><td background="images/artphototop.gif" height="5">
</td><td colspan="2" height="5"></td><td height="5">
</td></tr><tr> <td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td> </td></tr><tr> <td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td class="texte" align="center" bgcolor="#fff7ef"> En 1802, l'esclavage fut rétabli par Napoléon

</td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td> </td></tr><tr> <td colspan="2" height="5"></td><td background="images/artphotobas.gif" height="5">
</td><td colspan="2" height="5"></td><td height="5">
</td></tr><tr> <td colspan="2" height="5"></td><td></td><td colspan="2">
</td><td>
</td></tr></table>

Dès 1848, les planteurs des Antilles se plaignirent du manque de main
d’œuvre consécutif à l’abolition de l’esclavage, alors même qu’ils
avaient obtenu une indemnisation pour la perte de leur main d’œuvre
servile (comble de l’ironie lorsque l’on sait que les esclaves libérés
ne reçurent quant à eux aucune terre ou autre moyen d’assumer leur
nouvelle condition d’homme libre) et qu’une partie de la population,
poussée par la misère, était retournée travailler auprès de leur ancien
maître contre un salaire dérisoire.

Mais sous la pression des planteurs, l’administration instaura une
législation coercitive en vue d’obliger les noirs à retourner
travailler dans les plantations : les terres qui n’étaient pas
cultivées en canne à sucre ou en café, c'est-à-dire les terres dédiées
aux cultures vivrière pratiquées par les anciens esclaves, étaient
soumises à une taxe. La possession d’un livret de travail ou d’un acte
d’engagement auprès d’un employeur devint obligatoire et ceux qui, aux
Antilles et en Guyane, ne pouvaient présenter un de ces documents en
cas de contrôle étaient passibles d’emprisonnement ! En Guadeloupe, à
partir de 1857, les cultivateurs devaient disposer d’un visa signé par
leur employeur ou le maire pour se déplacer hors de leur commune durant
les jours ouvrables au risque de se voir jeter au cachot.

Ces sordides histoires de papiers et d’enfermement ne sont d’ailleurs
malheureusement pas passées de mode et l’actualité nous rappelle
quotidiennement que c’est avec la peur au ventre qu’on se déplace
lorsqu’on est "sans papier" aujourd’hui en France. Finalement, les
plantations coloniales firent appel à une main d’œuvre étrangère
d’origine variée (Inde, Chine...) engagée sur des contrats abusifs.
C’est ainsi qu’un étrange relent de traite atlantique se fit sentir
lorsque, entre 1857 et 1861, près de 7000 africains appelés "congos" en
raison de leur origine, sont acheminés vers la Guadeloupe et la
Martinique.

</td></tr><tr> <td class="titre_paragraphe" align="left" valign="top" width="85%">De l’esclavage au travail forcé ou quand les lumières anti-esclavagistes de la France rayonnent sur le continent africain</td></tr><tr> <td class="texte" align="left" valign="top">


<table align="left" border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="10"> <tr> <td colspan="2" height="5"></td><td background="images/artphototop.gif" height="5">
</td><td colspan="2" height="5"></td><td height="5">
</td></tr><tr> <td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td> </td></tr><tr> <td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td class="texte" align="center" bgcolor="#fff7ef">

</td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td> </td></tr><tr> <td colspan="2" height="5"></td><td background="images/artphotobas.gif" height="5">
</td><td colspan="2" height="5"></td><td height="5">
</td></tr><tr> <td colspan="2" height="5"></td><td></td><td colspan="2">
</td><td>
</td></tr></table>


Dans les années 1880, les pays européens s’emparèrent du continent
africain. Cette entreprise fut présentée comme une œuvre
"civilisatrice" ayant notamment pour ambition d’éradiquer l’esclavage
encore présent sur le continent. La réalité est évidemment bien loin
des faits annoncés.
Les populations des colonies françaises africaines furent immédiatement
soumises au Code de l’indigénat qui permettait à tout fonctionnaire
français d’infliger à un "indigène" une amende ou peine pouvant aller
jusqu’à 15 jours de prison. En écartant toute procédure judiciaire,
cette pratique soumettait le colonisé à un arbitraire niant de fait sa
dignité d’homme libre, c'est-à-dire d’homme disposant de droits
garantissant sa liberté. Les indigènes ont toujours été des sujets,
jamais des citoyens.

Afin d’assurer l’exploitation économique de ses colonies, la métropole
soumit la population africaine à un régime de travail forcé désigné
sous le vocable plus rassurant de "prestation". Officiellement chaque
homme devait fournir à l’administration environ 15 jours de travail par
an, mais à cette obligation s’ajoutait parfois des recrutements imposés
qui pouvaient s’étendre entre 3 et 7 ans pour la construction de routes
et de chemins de fer. En raison des conditions sanitaires, du manque de
nourriture, de l’exposition aux maladies, de l’épuisement et des
risques liés aux travaux, la mortalité était très élevée. L’un des
exemples les plus frappants étant celui de la construction du chemin de
fer Congo-Océan, entre 1921 et 1934, au cours duquel 20 000 hommes
périrent sur 127 000 recrutés de force à travers toute l’Afrique
Equatoriale Française.

</td></tr><tr> <td class="texte" align="left" valign="top">
<table align="right" border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="10"> <tr> <td colspan="2" height="5"></td><td background="images/artphototop.gif" height="5">
</td><td colspan="2" height="5"></td><td height="5">
</td></tr><tr> <td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td> </td></tr><tr> <td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td class="texte" align="center" bgcolor="#fff7ef">

</td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td> </td></tr><tr> <td colspan="2" height="5"></td><td background="images/artphotobas.gif" height="5">
</td><td colspan="2" height="5"></td><td height="5">
</td></tr><tr> <td colspan="2" height="5"></td><td></td><td colspan="2">
</td><td>
</td></tr></table>

Le travail forcé était aussi pratiqué par les entreprises privées
occidentales qui pouvaient compter sur la bienveillance et le soutien
de l’administration coloniale. Les ouvriers récalcitrants e voyaient
infliger les peines les plus sévères, l’habitude prise au Congo belge
de leur couper les mains ou les jambes donne un ordre d’idées des
pratiques qui purent avoir cours dans les colonies françaises voisines.
Toutes ces pratiques d’asservissement humiliantes et destructrices qui
soulevèrent de nombreuses révoltes dès leur mise en place au début du
XXème siècle, perdurèrent officiellement jusqu’en 1946, dans les faits
parfois jusqu’aux indépendances.

Enfin, notons qu’à l’occasion des guerres auxquelles la France prit
part, notamment les deux Guerres mondiales, des milliers d’africains
furent enrôlés, parfois littéralement kidnappés dans leur village, sans
savoir où on les emmenait pour se retrouver finalement en première
ligne au sein des bataillons de tirailleurs sénégalais. Lors de la
Première Guerre mondiale, les contingents coloniaux de la France
comptaient 200 000 noirs africains . Aux combattants qui survècurent
aux conflits on attribua une pension ridicule (largement inférieure à
celle qui était attribuée aux soldats français) mais certains ne
reçurent strictement rien (sur ce sujet il faut absolument voir le film
d’Ousmane Sembène, le camp de Thiaroye).

</td></tr><tr> <td class="texte" align="left" valign="top"><table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%"><tr></tr><tr><td class="texte" align="left" valign="top">
</td></tr></table></td></tr></table>

_________________
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mihou
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MessageSujet: Re: 160ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage : 160 ans   Mer 9 Juil - 16:38

<tr></tr>

<table align="left" border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="10"> <tr> <td colspan="2" height="5"></td><td background="images/artphototop.gif" height="5">
</td><td colspan="2" height="5"></td><td height="5">
</td></tr><tr> <td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td>
</td></tr><tr> <td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td class="texte" align="center" bgcolor="#fff7ef"> © unknownnews.net
</td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td>
</td></tr><tr> <td colspan="2" height="5"></td><td background="images/artphotobas.gif" height="5">
</td><td colspan="2" height="5"></td><td height="5">
</td></tr><tr> <td colspan="2" height="5"></td><td></td><td colspan="2">
</td><td>
</td></tr></table>


Amer constat lorsque l’on sait que c’est grâce à ces troupes
coloniales, principalement constituées d’africains, que De Gaulle a pu
se faire reconnaître comme le chef de la France libre en 1945 et éviter
que le pays ne rejoigne le camps des vaincus en raison de la politique
de collaboration menée par Vichy...Sans l’Afrique, pas de De Gaulle,
pas de France "victorieuse" et donc pas non plus de siège de membre
permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU avec toutes les conséquences
que cela implique en terme de puissance.

Si l’esclavage est officiellement aboli sur les territoires français en
1848, il semble bien que la liberté des anciens esclaves y soit loin
d’être reconnue et acceptée, et que l’esclavage lui-même réapparaisse
sous d’autres formes, ou tout simplement, d’autres noms. Il est certes
essentiel de disposer d’une date (d’ailleurs toujours sujette à
polémique) pour préserver la mémoire de cette période profondément
atroce que fut l’esclavage, mais nous devons prendre garde que sous
cette mémoire ne s’efface pas la réalité d’une Histoire où
l’asservissement des noirs perdure bien au-delà de l’année 1848.

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160ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage : 160 ans

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