Coupe du monde 2006
Le Brésil, comme d'habitude
Coup d'envoi de la XVIIIe Coupe du monde, événement qui va tenir en haleine pendant un mois une bonne partie de la planète
et occuper bien des esprits, des amateurs comme des moins amateurs de ballon rond. C'est encore, et peut-être plus que
jamais, l'heure des pronostics. Un nom se détache comme à l'occasion d'un plébiscite, celui du Brésil.
Le Brésil naturellement. Le Brésil est intouchable. Voilà, c’est dit. Personne de sensé n’osera prétendre le contraire. Champion
sortant, le Brésil est le favori de tous ceux qui suivent le football de près. Qui oserait d’ailleurs prétendre le contraire. C’est
presque inscrit dans les gènes de la Coupe du monde. Non pas une fatalité mais souvent la promesse d’un football festif. Car
les héritiers du Roi Pelé n’ont toujours pas leurs pareils pour donner au jeu sa magie, sa folie ludique, son sens unique de la
fête et de la joie de jouer. Et cette fois il ne débarque pas avec une star mais, au moins, un quatuor
Ronaldinho-Ronaldo-Kaka-Adriano qui va faire chanter la balle. Un véritable poker d’as ou, si vous préférez, de divas. Non, il
est impossible, au risque de paraître ridicule de ne pas tourner ses yeux vers le Brésil à l’heure du coup d’envoi de
l’événement le plus médiatisé de la planète.
La question qu’il est légitime de se poser est de savoir qui rencontrera le Brésil en finale…même si la sélection auriverde –
impensable naturellement ! – n’y accède pas. Regardez vos journaux: vous trouverez en très bonne place le nom de l’Argentine.
Brésil et Argentine sont comme de vrais jumeaux, indissociables même si leurs qualités ne sont pas les mêmes. Virtuosité
technique à l’identique mais, depuis les heures glorieuses de Maradona, les Argentins sont toujours à la recherche d’un petit
génie capable de transporter toute l’équipe. Derrière les latinos vous trouverez telle une antienne le nom de tous les anciens
vainqueurs: Allemagne, Italie, Angleterre et France. Il ne manque que l’Uruguay pour la bonne raison qu’elle n’est pas là. C’est
comme un réflexe pavlovien de considérer que les meilleurs sont ceux qui ont déjà inscrit leur nom au palmarès de la Coupe
du monde. Plus facile que de faire travailler ses méninges.
L’Angleterre, très souvent citée, n’a plus disputé une finale depuis la conquête de sa seule couronne il y a quarante ans. Tous
les quatre ans, c’est un peu le même scénario, on la dit parée de ses plus beaux joyaux et elle échoue inexorablement. C’est
sûr, disent ses thuriféraires, cette fois sera la bonne. L’Allemagne joue chez elle et c’est probablement son meilleur atout.
Sur ce qu’elle a démontré ces derniers mois, lui faire confiance témoignerait d’un optimisme très béat. L’Italie vient d’être
secouée par un scandale qui touche tout le football du pays. Pas bon pour le moral lorsqu’il faudra puiser dans ses ressources
profondes pour tenter le coup d’accélérateur. La France, elle, continue d’entretenir le souvenir de 1998. Mais elle aligne la
formation la plus âgée de la compétition avec une moyenne d’âge voisine des trente ans. Reste les autres, tous les autres que
l’Europe découvre chaque quatre ans. Comme si le football sur les autres continents n’existait pas. A ce compte, la Turquie et
la Corée du Sud n’auraient pas disputé les demi-finales de la dernière édition, pas plus que les Etats-Unis et le Sénégal
n’auraient atteint les quarts de finale, le Sénégal en particulier dont on se souvient qu’il avait réglé son sort lors du match
d’ouverture à la France qui étrennait ses galons de champion. Il y aura des surprises, peut-être du remue-méninges.
L’extraordinaire dans le football, ce dont tout le monde convient, c’est que précisément rien n’est définitivement arrêté. Que
tout y est possible. Et que l’ambition des sans-grades a parfois raison des prétendus inaccessibles. Ils seront des centaines et
des centaines de millions à en rêver car, quand ses couleurs ne figurent pas parmi celles des pays qualifiés, si on adopte une
équipe souvent en raison de la même appartenance continentale, du partage de la langue ou de l’immédiateté frontalière, on
n’en demeure pas moins supporteurs des moins connus, des présumés plus faibles. Beaucoup épousent, ce qu’ils font rarement
hors de la Coupe du monde, la cause des petits. A la Coupe du monde, plus vous êtes petit et plus on vous aime.
Mais il est impossible, toutes considérations prises, de se détacher du Brésil. Oui, il y a bien le Brésil et…les autres.
par Gérard Dreyfus
Article publié le 09/06/2006Dernière mise à jour le 09/06/2006 à TU
http://www.rfi.fr/actufr/articles/078/article_44266.asp
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Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa
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