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Le Devoir
LE MONDE, mercredi 23 mai 2007, p. b5
L'organisme publie son rapport annuel
Amnesty dénonce la campagne de peur menée par plusieurs gouvernements
Le, Devoir
Dans son rapport annuel publié aujourd'hui, Amnesty International accuse «des gouvernements puissants et des groupes armés» de susciter «délibérément» la peur afin de porter atteinte aux droits fondamentaux et de créer un monde de plus en plus divisé.
L'organisation internationale basée à Londres mentionne la peur des migrants, du terrorisme ou d'une invasion étrangère parmi les thèmes exploités par des gouvernements aussi divers que ceux de l'Australie et du Soudan, en passant par ceux de la Russie et des États-Unis.
Dans son introduction au rapport, la secrétaire générale d'Amnesty, Irene Khan, déplore aussi le non-respect des droits économiques et sociaux dans le monde. «Des population entières - des millions de personnes sont expulsées de leur foyer en toute illégalité, sans indemnisation ni relogement» du fait de l'extraction minière, du développement urbain et du tourisme, souligne-t-elle.
Amnesty International dresse un bilan particulièrement sombre de la situation au Soudan. Malgré la signature il y a un an d'un accord de paix au Darfour, le conflit «a augmenté d'intensité dans l'ouest du Soudan, tout comme les déplacements de population et les homicides», souligne Amnesty.
«Le gouvernement n'a pas désarmé les milices [...] de djanjawids, qui ont poursuivi leurs attaques contre les civils au Darfour et lancé des incursions au Tchad», poursuit l'organisation.
Cette dernière dénonce en outre les arrestations arbitraires et la «détention prolongée au secret» d'opposants par les services de sécurité, ainsi que «le recours à la torture».
De «graves violations» aux droits de l'homme continuent également d'être commises en Afghanistan en toute impunité contre des civils ou des militants par «toutes les parties en conflit», déplore Amnesty International, qui mentionne les forces internationales et de sécurité afghanes ainsi que les talibans.
«Le gouvernement et la communauté internationale n'ont pas saisi l'occasion de créer un État efficace, basé sur les droits de l'homme et l'État de droit», regrette l'organisation.
«L'impunité, la corruption et des institutions gouvernementales corrompues et inefficaces, ainsi qu'un fort taux de chômage et une grande pauvreté ont miné la confiance de la population», indique Amnesty en soulignant que la mort de civils dans des opérations des forces internationales alimentait également le «ressentiment de la population».
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Avec l'Agence France-Presse
Catégorie : Politique nationale et internationale
Type(s) d'article : Article
Taille : Court, 276 mots
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Doc. : news·20070523·LE·144461