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 Octobre 1958 : Sékou Touré et la Guinée disent non à la Fran

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AuteurMessage
mihou
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Nombre de messages: 7953
Localisation: Washington D.C.
Date d'inscription: 28/05/2005

25092008
MessageOctobre 1958 : Sékou Touré et la Guinée disent non à la Fran

Octobre 1958 : Sékou Touré et la Guinée disent non à la France








<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%"> <tr> <td width="50"> </td><td class="texte">
Le 2 Octobre prochain, la Guinée Conakry fêtera le 50ème anniversaire
de son indépendance. C’est l’occasion pour nous de revenir sur un
événement qui fit de ce petit pays d’Afrique de l’Ouest un symbole
d’espoir pour tous les africains encore soumis à la domination
coloniale.
</td></tr><tr> <td colspan="2">Par Wladimir Msika</td></tr></table>











































<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%"> <tr> <td class="texte" align="left" valign="top">


Le 28 septembre 1958, toutes les colonies françaises, ou Territoires
d’Outre Mer comme on les appelle à l’époque, acceptent d’entrer dans la
Communauté française, une nouvelle forme d’organisation de l’empire
français, sauf…la Guinée. Par son “Non” désormais célèbre, elle accède
à l’indépendance et devient un symbole de liberté pour toute l’Afrique.
Son leader, Sékou Touré, est érigé en héros de la décolonisation. Nous
tenterons ici d’apporter un éclairage sur les conditions particulières
qui ont conduit la Guinée à prendre seule ce chemin de la liberté et à
devenir une référence dans l’Histoire des indépendances.


</td></tr><tr> <td class="titre_paragraphe" align="left" valign="top" width="85%">Un référendum dans les colonies</td></tr><tr> <td class="texte" align="left" valign="top">


































<table align="left" border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="10"> <tr> <td colspan="2" height="5"></td><td background="images/artphototop.gif" height="5">
</td><td colspan="2" height="5"></td><td height="5">
</td></tr><tr> <td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td> </td></tr><tr> <td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td class="texte" align="center" bgcolor="#fff7ef"> Sékou Touré

© usherbrooke.ca
</td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td> </td></tr><tr> <td colspan="2" height="5"></td><td background="images/artphotobas.gif" height="5">
</td><td colspan="2" height="5"></td><td height="5">
</td></tr><tr> <td colspan="2" height="5"></td><td></td><td colspan="2">
</td><td>
</td></tr></table>



Après la Seconde Guerre mondiale, il apparaît de plus en plus
clairement que le statut des colonies est appelé à évoluer vers plus
d’autonomie, sinon vers l’indépendance. En effet, la jeune Organisation
des Nations Unies ne proclame-t-elle pas le "droit des peuples à
disposer d’eux mêmes"? Le courant Tiers-mondiste, en plein essor,
réclame quant à lui l’indépendance immédiate pour toutes les colonies
lors la conférence de Bandung en 1955. Les Etats-Unis et l’URSS, grands
vainqueurs de la guerre, luttant pour répandre leur influence à travers
le monde vont-ils accepter encore longtemps le vieux monopole des Etats
européens sur leurs colonies ? Et la première génération d’étudiants
issue des universités européennes arrivant à maturité ne risque-t-elle
pas de revendiquer une participation au pouvoir ?



Ainsi, la France entreprend-t-elle de réformer le cadre juridique qui
régit son empire. En 1956, la loi Cadre confère une certaine autonomie
aux colonies en leur permettant d’élire des assemblées territoriales et
un conseil de gouvernement. En 1958, De Gaulle, rappelé au pouvoir pour
résoudre la crise algérienne, propose une nouvelle constitution pour la
France, celle qui donnera naissance à la Vème République dans laquelle
nous vivons encore. Cette constitution prévoit notamment de regrouper
les colonies dans une “Communauté française”, une sorte de fédération
où les colonies n’obtiendraient, en réalité, pas plus de pouvoir
qu’auparavant.



Sous la pression des partis et des syndicats africains, De Gaulle
accepte néanmoins que les colonies puissent décider, au cours de leur
participation au référendum sur la nouvelle constitution, si elles
souhaitent intégrer la Communauté française ou accéder à
l’indépendance. Mais De Gaulle menace : la France coupera tout lien, et
notamment toute aide économique à ceux qui refuseront. Et à l’époque,
l’apport économique de la métropole n’est pas négligeable, la France
investit trois fois plus en Afrique noire entre 1947 et 1958 que dans
les 50 années précédentes.


</td></tr><tr> <td class="titre_paragraphe" align="left" valign="top" width="85%">Sékou Touré, celui qui a dit non</td></tr><tr> <td class="texte" align="left" valign="top">


Au mois d’août 1958, De Gaulle entreprend une tournée dans les colonies
afin de présenter son projet et de s’assurer de l’adhésion des leaders
locaux. Les sources différent sur l’accueil qui est fait au dirigeant,
on parle tantôt d’un enthousiasme général, tantôt d’une ambiance plutôt
hostile. Le 25 août, De Gaulle arrive en Guinée, avant-dernière étape
de sa tournée. D’après Lansine Kaba (La Guinée dit "Non" à De Gaulle,
Paris, Chaka, 1989), il semble que le dirigeant ait reçu tous les
honneurs dus à son rang, s’en trouvant même assez flatté…jusqu’à ce que
son hôte, Sékou Touré, qui est alors président du conseil de
gouvernement de la colonie, lui déclare fièrement que les guinéens
préfèreront “vivre dans la pauvreté libre plutôt que riche dans l’esclavage !”



En effet, pour Sékou Touré, la Communauté telle que la définie De
Gaulle n’est pas acceptable. Il réclame la création d’un pouvoir
exécutif communautaire réel auquel les Etats africains participeraient
au même titre que la France. Fervent défenseur de l’unité africaine et
convaincu que les Etats africains ne pourront s’émanciper isolés les
uns des autres, il demande aussi que les structures communautaires
coloniales telles que l’AOF (Afrique Occidentale Française) soient
maintenues. Frustré, De Gaulle rejoint Paris où il confie à son
entourage qu'“on ne pourra rien tirer de cet homme là!”


</td></tr><tr> <td class="titre_paragraphe" align="left" valign="top" width="85%">
</td></tr><tr> <td class="texte" align="left" valign="top">
</td></tr><tr> <td class="texte" align="left" valign="top">
</td></tr><tr> <td class="titre_paragraphe" align="left" valign="top" width="85%">
</td></tr><tr> <td class="texte" align="left" valign="top">
</td></tr><tr> <td class="titre_paragraphe" align="left" valign="top" width="85%">
</td></tr><tr> <td class="texte" align="left" valign="top">
</td></tr><tr> <td class="titre_paragraphe" align="left" valign="top" width="85%">
</td></tr><tr> <td class="texte" align="left" valign="top">
</td></tr><tr> <td class="titre_paragraphe" align="left" valign="top" width="85%">
</td></tr><tr> <td class="texte" align="left" valign="top">
</td></tr></table>
[url=http://www.grioo.com/pinfo15148.html#]


_________________
Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa
Ma devise:
se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE
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Octobre 1958 : Sékou Touré et la Guinée disent non à la Fran :: Commentaires

<tr></tr><tr></tr><tr></tr><tr></tr><tr></tr><tr></tr><tr></tr><tr></tr><tr></tr><tr></tr><tr></tr>
''Cet homme là''


































<table align="right" border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="10"> <tr> <td colspan="2" height="5"></td><td background="images/artphototop.gif" height="5">
</td><td colspan="2" height="5"></td><td height="5">
</td></tr><tr> <td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td>
</td></tr><tr> <td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td class="texte" align="center" bgcolor="#fff7ef"> Billet de banque à l'éffigie de Sékou Touré

© http://www.banknotes.com
</td><td bgcolor="#fff7ef" width="8"></td><td bgcolor="#de8a18" width="1"></td><td>
</td></tr><tr> <td colspan="2" height="5"></td><td background="images/artphotobas.gif" height="5">
</td><td colspan="2" height="5"></td><td height="5">
</td></tr><tr> <td colspan="2" height="5"></td><td></td><td colspan="2">
</td><td>
</td></tr></table>



“Cet homme là”, dont le caractère fier et bien trempé n’a rien a envier
à l’homme du 18 juin, n’en est pas à son premier coup d’éclat contre la
puissance coloniale. En 1945, alors fonctionnaire des postes, il fonde
le premier syndicat de Guinée. En 1953, il prend la tête d’une grève
qui parvient pour la première fois à faire plier le gouvernement
français en Afrique. Son activité militante le conduit même à faire un
séjour en prison en 1950. Porté par son talent d’orateur hors pair,
grisé par l’enthousiasme général de la population et soutenu par le PDG
(Parti Démocratique de Guinée) qu’il préside et dont le réseau
développé lui permet de relayer son message dans toute la Guinée, Sékou
Touré encourage les guinéens à se prononcer massivement en faveur du
non.



Le 28 septembre, à l’issue d’un scrutin qui s’est déroulé, à peu de
chose près, sans fraude, le “non” remporte une victoire écrasante avec
95% des voix. Sensible aux signes du destin et gonflé par la liesse
populaire, Sékou Touré n’hésite pas à s’inscrire dans la lignée des
grands héros africains, rappelant que 60 ans auparavant exactement, le
28 septembre 1898, les français capturaient l’indomptable Samory Touré
après 10 ans de résistance acharnée. Mais malgré la joie et l’ivresse,
Sékou Touré sait que sans l’aide économique et technique de la France,
la Guinée se retrouverait dans une situation très difficile.





S’il décide d’aller jusqu’au bout, c’est parce qu’il ne pense pas
réellement que la France coupera les ponts. Ses prises de positions
n’ont d’ailleurs selon lui aucune résonance anti-française, il déclare
dire “oui à la France, mais non au gouvernement français”.
D’autre part, il croit au soutien de certaines colonies comme le
Sénégal et le Niger qui semblent suivent elles aussi la voie du
non…jusqu’à ce que les résultats du référendum le détrompent. Malgré
l’intervention d’hommes politiques français tel que François Mitterrand
(dont l’amitié avec Sékou Touré ne faiblira pas, même aux heures les
plus sombres de la dictature), De Gaulle reste inflexible, il évacue
rapidement tous les fonctionnaires français, met un terme aux échanges
avec la Guinée et laisse les appels de Sékou Touré sans réponse.


La Guinée triomphante.


Les dés sont jetés, le 2 Octobre, la Guinée est indépendante. C’est
alors qu’un formidable engouement s’empare du pays : certains se
mettent au travail gratuitement pour soutenir l’Etat naissant, les
étudiants guinéens à l’étranger rentrent au pays pour apporter leur
aide, des intellectuels progressistes affluent de toute la sous région
pour mettre au service du gouvernement, de nombreux syndicats et
associations d’étudiants africains proclament leur soutien à la Guinée
qui a “sauvé l’honneur de l’Afrique” et Sékou Touré est acclamé en
héros lorsqu’il se déplace sur le continent.

Malgré cet enthousiasme général et l’aide matérielle et technique des
soviétiques, les difficultés se font bientôt sentir. Des
mécontentements s’élèvent de la population, des complots réels ou
imaginés par le pouvoir vont conduire le régime à se durcir à partir du
milieu des années 60 et finalement à se transformer en une terrible
dictature qui plongera la Guinée dans une longue période de terreur,
jusqu’à la disparition du libérateur devenu dictateur, en 1984.



Mais, en 1958, le “non” guinéen résonne à travers toute l’Afrique comme
un cri de liberté et de dignité plein d’espoir pour le continent. Pour
Jacques Rabemananjara, ancien ministre et héros de l’indépendance
malgache : “la
fermeté du geste guinéen a permis au négre à l’échine courbée de se
redresser de toute sa hauteur, de se laver d’une longue souillure (...)
chaque africain, chaque colonisé est concerné par la décision
guinéenne”.



Vidéo : Sékou Touré par Mory Kanouté







[/url]
La fin du rêve des Etats-Unis d’Afrique : Sékou Touré, le dernier des Mohicans







Sékou Touré en visite à Paris : ''l'opinion française ignore...''


[url=http://www.youtube.com/v/Z7IWku66z3s&hl=en&fs=1]


[/url]
 

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