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| | NOIR C’EST NOIR:SARKOZY L’AFRICAIN | |
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mihou Rang: Administrateur

Inscrit le : 28 Mai 2005 Messages : 7668 Localisation : Washington D.C.
 | Sujet: NOIR C’EST NOIR:SARKOZY L’AFRICAIN Lun 28 Mai - 0:39 | |
| CQFD N°044
NOIR C’EST NOIR
SARKOZY L’AFRICAIN
Mis à jour le :15 avril 2007. Auteur : Jonathan Ludd.
Au petit jeu du marketing électoral, Sarkozy n’a pas fini de nous surprendre. Fustigeant la politique africaine de Chirac, il affirme qu’il mettra fin à la Françafrique et au soutien des dictatures africaines. Vraiment ? Au placard les Sassou N’Guesso (Congo), les Bongo (Gabon) et autres « racailles » de l’oligarchie africaine ? CQFD a mené l’enquête.
 BÉNIN, 19 MAI 2006. Le ministre de l’Intérieur est en tournée « extérieure » pour améliorer le contrôle de l’immigration. À cette occasion, il dénonce la politique africaine de Chirac : « Il nous faut la débarrasser des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés. » Quelques mois plus tard, Sarkozy récidive. Se définissant comme « l’ami des Africains », il s’engage, une fois élu, à mettre fin à la Françafrique et « cesser de traiter indistinctement avec des démocraties et des dictatures » [1].
Nicolas Sarkozy, fossoyeur de la Françafrique ? Ce terme, rappelons-le, désigne le système de domination néocoloniale mis en place dès 1960 par le général de Gaulle et son bras droit Jacques Foccart. Objectif : instaurer ou maintenir des dictatures africaines « amies de la France », afin de garantir les intérêts économiques et diplomatiques dans les anciennes colonies. Pour y parvenir, tous les moyens sont bons : trucage d’élections, assassinats, coups d’État, détournement de l’aide au développement, etc. Ce vaste système d’ingérence et de corruption, entretenu par tous les présidents français depuis 1960, est l’un des « plus longs scandales de la République » [2] Face aux promesses sarkoziennes, le doute nous saisit. Est-ce le même homme qui expulse 50 000 immigrés en trois ans ? Qui refuse l’asile politique aux dizaines de milliers d’Africains fuyant des régimes tortionnaires soutenus par la France ? Qui proclame le rôle positif de la colonisation française : « La vérité, c’est qu’il n’y a pas eu beaucoup de puissances coloniales dans le monde qui aient tant oeuvré pour la civilisation et le développement et si peu pour l’exploitation. » [3] ?
Oui, c’est le même. Les discours de Nicolas Sarkozy, c’est un peu comme à la Foir’fouille. On trouve de tout. Un patchwork contradictoire destiné à séduire le plus large public possible. Ainsi, quand le candidat UMP dénonce les réseaux françafricains, il tempère aussitôt : « Aucun pays du nord ne porte autant d’attention à l’Afrique que la France. Aucune nation n’a autant à coeur la stabilité, le développement, la réussite des pays du continent africain. » [4] Cherchez l’erreur... Et le pillage des matières premières, l’affaire Elf, la Cogema au Niger, Bouygues au Mali, Bolloré partout ? « Il faut cesser de répéter que la France est présente en Afrique pour piller ses ressources car, à tout bien peser, c’est vrai, nous n’avons pas économiquement besoin de l’Afrique [...] La France est en Afrique avec des ambitions plus amicales. » [5] Et Nicolas Sarkozy de s’ériger en ardent défenseur des multinationales françaises : « Bouygues, Air France, Bolloré, n’ont pas besoin de la diplomatie française pour exister et se développer en Afrique. S’ils y sont dynamiques, c’est grâce à l’ancienneté de leur implantation, ils ont cru à l’Afrique avant beaucoup d’autres. C’est au talent de leur management et de leurs collaborateurs qu’ils le doivent et à eux seuls. » [6] Cocorico ! Deux ans plus tôt, le même, alors ministre de l’Économie, offrait plus d’un milliard d’euros de subventions aux entreprises françaises installées en Algérie, record historique. Raison de plus pour Martin Bouygues de mettre à la disposition de son ami Sarkozy, le temps de la campagne présidentielle, son conseiller Afrique Michel Lunven. Cet ancien ambassadeur de France au Gabon était le conseiller de Jacques Foccart, principal architecte de la Françafrique.
Mais au fait, Nicolas Sarkozy entretient-il des relations avec des dictateurs africains ? Oui. Il rencontre régulièrement Omar Bongo, dirigeant du Gabon depuis 1967. Omar Bongo, qui est à la démocratie ce que l’arsenic est à l’apéritif, déclarait récemment : « Avec Nicolas Sarkozy, il y a une différence parce qu’on est amis. Si demain il me renie parce qu’il est président, je lui dirai : “Ce n’est pas sérieux Nicolas’’. [...] Je crois que le fondement même de la Françafrique restera, quitte à l’améliorer. » [7] Si c’est lui qui le dit... Nicolas Sarkozy est par ailleurs ami de Denis Sassou N’Guesso, parvenu à la tête du Congo par un coup d’État. Il soutient également la monarchie marocaine de Mohammed VI et le pouvoir militaire de Bouteflika. Pour s’introduire auprès des oligarchies africaines, le candidat gaulliste s’est entouré d’un directeur de campagne de premier choix : l’ancien bras droit de Charles Pasqua, Claude Guéant, spécialiste des questions africaines.
Résumons : Nicolas Sarkozy est ami d’Omar Bongo, apôtre des multinationales françaises, conseillé par un ancien du « réseau Pasqua ». Mais il se déclare « contre la Françafrique ». Ah, les présidentielles et leur festival de promesses ! De quoi méditer sur ce proverbe africain pour les semaines à venir : « Ne te laisse pas lécher par qui peut t’avaler. »
Article publié dans CQFD n° 44, avril 2007.
À lire également, l’article PS et Françafrique : une amnésie d’éléphant paru dans le même numéro.
[1] Jeune Afrique, 05/11/2006.
[2] La Françafrique, François-Xavier Verschave, Stock, 1998.
Voir également le site de l’association Survie .
[3] Meeting de Caen, 09/03/2007.
[4] Bénin, 19/05/2006.
[5] Jeune Afrique, 05/11/2006.
[6] Africatime, 20/05/2006.
[7] NouvelObs, 18/02/2007. _________________ Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa Ma devise: se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE |
|  | | mihou Rang: Administrateur

Inscrit le : 28 Mai 2005 Messages : 7668 Localisation : Washington D.C.
 | Sujet: PS ET FRANÇAFRIQUE:UNE AMNÉSIE D’ÉLÉPHANT Lun 28 Mai - 0:46 | |
| CQFD N°044
PS ET FRANÇAFRIQUE
UNE AMNÉSIE D’ÉLÉPHANT
Mis à jour le :15 avril 2007. Auteur : Jonathan Ludd.
Sarkozy titille la Françafrique ? La candidate PS est encore plus virulente. Puisque « les Africains sont malheureusement les premières victimes de cette politique de la “Françafrique” » [1], il faut que ça change fort ! Contrairement au candidat UMP, Ségolène Royal promet même la dissolution de la cellule africaine de l’Élysée, cet organe opaque qui pilote la politique africaine. Le PS, ennemi de la Françafrique ?
Amnésie, sport électoral. Car au PS, les déclarations anti-Françafrique, c’est une tradition ! En 1981, Mitterrand promet la fin du soutien aux dictatures, la dissolution de la cellule africaine de l’Élysée, des services secrets et des RG. On connaît le résultat. Quelques affaires Elf, Angolagate et Carrefour du développement plus tard, Tonton remet ça. En 1990, dans son discours de La Baule, il promet la démocratie en Afrique. Omar Bongo, Lansana Conté et Paul Biya rigolent encore. En 1995, rebelote avec Jospin. Avec lui, fini la Françafrique, basta la cellule africaine de l’Élysée ! Premier Ministre en 1997, il s’est bien gardé de toucher à la chasse gardée du Président...
Et maintenant Royal. Qui fustige la Françafrique, mais admire Mitterrand, grâce à qui « la France tenait son rang » [2]. Comme en 1994, pendant le génocide rwandais [3] ? Mais bon, « dans ces pays-là, un génocide c’est pas trop important. » [4] À l’époque, Ségolène Royal déclarait : « Il faut quand même rappeler que la politique africaine est toujours prise dans une ocntradiction. C’est-à-dire soit on conforte les pouvoirs en place parce qu’on se dit au moins c’est la stabilité, on évite les guerres ethniques ou les guerres tribales, soit on pousse à la démocratisation, on organise des élections, qui débouchent souvent sur des conflits extrêmement violents. » [5] C’est bien connu : ces Nègres, dès qu’on leur donne un peu de liberté, ils se bouffent entre eux. Une bonne dictature, c’est toujours mieux que l’anarchie.
Article publié dans CQFD n° 44, avril 2007.
À lire également, l’article SARKOZY L’AFRICAIN paru dans le même numéro.
[1] Témoignage chrétien, 15/02/2007.
[2] S. Royal, Le Monde, 23/06/2006.
[3] Sur l’État français et le génocide rwandais, cf. L’horreur qui nous prend au visage, F.X. Verschave, Karthala, 2005.
[4] F. Mitterrand, selon Patrick de Saint-Exupéry, Le Figaro, 12/01/1998.
[5] « L’heure de vérité », France 2, 26/06/1994
http://cequilfautdetruire.org/article.php3?id_article=1365 _________________ Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa Ma devise: se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE |
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