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| Sujet: L'Union européenne pousse les pêcheurs africains à l'exil Jeu 31 Mai - 19:20 | |
| L'Union européenne pousse les pêcheurs africains à l'exil
Par Jean Abbiateci (journaliste) 17H42 31/05/2007  En permettant à ses chalutiers de pêcher au large des pays du Sud grâce à des accords bilatéraux, l'Union européenne est accusée de fragiliser l'économie locale. Et de favoriser l'émigration. Un samedi matin, dans les allées bondées d'une grande surface parisienne. Au rayon poissonnerie, la tranche de thon est à 12 euros. Idéal pour un dîner en famille, devant le journal télévisé. Lequel montre régulièrement des images de barques s'échouant aux Canaries ou en Sicile, avec à leur bord des dizaines de migrants subsahariens. Dans l'assiette, un morceau de poisson; sur l'écran, des clandestins africains. Aucun rapport? Voire. Après la Chine, l'Europe est l'une des principales pêcheries, avec 7,5 millions de tonnes de poisson récoltées chaque année par une flotte de 97 000 navires. Mais les réserves halieutiques, surexploitées depuis un demi-siècle, s'épuisent. Les trois-quarts du stock disponible ont été péchés, selon l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Le risque de voir certaines espèces disparaître est réel, et l'activité pour les pêcheurs des états membres est menacée. Ce problème d'approvisionnement s'est compliqué au milieu des années 70, lorsque de plus en plus de pays du Sud ont élargi leur Zone économique exclusive (ZEE) de 12 à 200 milles nautiques. Les chalutiers basques, bretons ou allemands, habitués à mouiller dans ces eaux étrangères depuis plusieurs siècles, ne pouvaient plus y accéder. Des accords contestés avec les pays du Sud Pour aider ses 400 000 pêcheurs -et le reste de la filière-, l'Union européenne a signé des accords bilatéraux avec plusieurs pays de la zone ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique). Le principe: en échange d'une participation financière (par exemple près de 86 millions d'euros par an avec la Mauritanie), les pêcheurs européens ont eu le droit de venir prélever une certaine quantité de poissons, les pays ACP n'ayant pas toujours la flotte nécessaire pour exploiter eux-mêmes ces ressources. Jusqu'en 2002, ces deals dits de "paiement pour accès" étaient uniquement commerciaux, entérinant le principe du "payer-pêcher-partir". "Ces accords participent à la surpêche, menacent la sécurité alimentaire des pays en développement et empêchent le développement des industries de pêche locales. Les pays industrialisés sont accusés de
payer une somme très faible pour des zones de pêche très riches", dénonçait le World Wildlife Fund (WWF). Prenant en compte en partie ces critiques, la réforme
de la politique commune de la pêche, en 2002, s'est orientée vers des Accords de partenariat dans le domaine de la pêche (APP) plus responsables et plus équitables. Un pourcentage de la compensation financière touchée par le pays est affecté pour "moderniser le secteur de la pêche locale, le rendre plus compétitif, améliorer les
normes phytosanitaires et aider au développement des secteurs ayant des liens avec la pêche, notamment les infrastructures de débarquement", explique le Commissaire européen à la pêche et aux affaires maritimes Joe
Borg. Des pêcheurs qui deviennent passeurs Des intentions louables. Mais les bateaux européens sont toujours perçus comme des pilleurs, particulièrement par les pêcheurs d'Afrique de l'Ouest. "Quand les grands chalutiers de haute mer européens pêchent dans la zone sud de la Mauritanie, ça se ressent directement sur les prises des artisans de Saint Louis", explique Dao Gaye, président
du collectif national des pécheurs du Sénégal. A Dakar, au marché de Soumbedioun, où l'arrivage du jour est trié, les espèces nobles comme la daurade sont acheminées vers le marché européen. Les espèces communes comme la sardine finissent dans les échoppes locales. Ici, le poisson est l'un des rares sources de protéines abordables et fait vivre de nombreuses familles. Mais au fil des ans, les pêches artisanales sont de plus en plus maigres. Les locaux n'ont plus les moyens de subvenir à leurs besoins et les jeunes sont tentés par l'émigration. Les quais d'Afrique de l'Ouest bruissent également d'histoires de pêcheurs reconvertis passeurs de clandestins vers les Canaries. Le propriétaire d'une "patera" (barque) peut obtenir plus de 500 euros par clandestin. Une véritable pêche miraculeuse dans un pays où le PIB par habitant dépasse à peine les trois dollars et demi par jour. La concurrence des chalutiers européens n'est pas la seule explication à l'augmentation du nombre de candidats à l'émigration. Mais à l'heure où la Commission européenne a fait du développement l'un de ses chevaux de bataille, le problème des accords de pêche montre la nécessité pour l'Europe d'instaurer des rapports économiques Nord-Sud plus équilibrés. Nos tranches de thon ont des arêtes dures à avaler.
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Fermer Le Commentaire Par Courageux anonyme 18H02 31/05/2007
> L'Union européenne pousse les pêcheurs
Avec le cauchemar de Darwin, nous avions les conséquences d'une création d'espèce vouée à l'exportation et les ravages que cela peut entrainer sur une économie locale... Le principe d'ouverture des zones de pêche (en plus des "récoltes" réservées à l'export) révèle le besoin crucial de l'humanité à rendre le co-développement aussi important que l'environnement et le développement durable... Personnellement, je pense que créer des ministères avec des noms sympas c'est bien, créer des commissions européennes c'est bien... Mais séparer le ministère de l'environnement de celui du co-développement et ne donner aucun pouvoir aux commissions européennes qui ont du sens : incompréhensible ! En gros : quand on aura tout piller, nous restera plus qu'à crever !
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Fermer Le Commentaire Par manu2005 18H54 31/05/2007
En gros : quand on aura tout piller, nous restera plus qu'à crev
J'ai bien peur que ce soit ce qui va se passer. La logique du marché est basée sur le profit plutôt que sur le bien être.
Surtout le bien être général. Qui peut arrêter cela ? Voir a ce sujet le très bon film "The Corporation" de Jennifer Abbott et Mark Achbar. Le démantèlement de l’état et l’OMC ont fait que des entreprises, avec pour seule commande « le dividende », sont en charge du monde. Et comme les médias suivent le même schéma, il est peut probable que l’on puisse reprendre cela en main. Seule l’économie gère. Il n’y a plus un être humain aux commandes. Il n’y a que la tête contre le mur que les choses changeront.
Et il est peu probable que cela se passe de façon douce, et encore moins démocratique. J’espère juste me tromper, et que nous sauront passer un nouveau cap, revoir notre appétit de consommation sévèrement à la baisse, à l’utile par exemple (en ne perdant pas de vue que la culture est utile…)
Mais pour le moment, ce n’est pas bien parti.
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Fermer Le Commentaire Par Daniel R (visiteur d'entreprise) 18H39 31/05/2007
>Ca vous surprend?
Contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, L'Union Européenne n'est pas plus tendre avec les pays faibles que ne le sont les Etats-Unis. Une belle utopie permise par l’entente Franco-Allemande mais qui tourne au cauchemar. Le ver était dans le fruit dès le départ. Rappelons-nous comme ils ont tenté de nous faire accepter, une fois pour toute, un traité constitutionnel que l'on pourrait qualifier de coup de force anti-démocratique et libéral tant les pouvoirs du parlement et des citoyens y étaient bafoués, l'économie de marché sanctuarisée. Observer comment ils s'y prennent cette fois. Ils vont y arriver grâce à notre nouveau président qui a promis de ne pas nous redemander notre avis sur la question. Tout se décidera à huis-clos, entre soi. L'Union, en réalité, n'a pour seul but que de favoriser l'activité commerciale des multinationales.
Tout le reste, c'est du pipeau. L'Union? Rien que ce terme est ridicule tant le spectacle qu’ils nous donnent à voir est lamentable: Les anglais ne veulent pas entendre parler de politiques sociales, les polonais refusent tout ce qu'on leur présente, les allemands profitent de l'incurie française pour continuer à grignoter Airbus, les luxembourgeois protègent leur paradis fiscal et leurs banques (avec la bénédiction de tous), les français se servent de l'Union pour achever la révolution libérale, les italiens font comme les français… et ça fait cinquante ans que ça dure.
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Fermer Le Commentaire Par papiphil (amateur de politique) 18H40 31/05/2007
> L'Union européenne pousse les pêcheurs
Ca doit être ça qu'on appelle le co-développement: (développement) pour les pays riches, (co)-lère dans les pays appelés pudiquement "du sud".
Pas de quoi être fier !
5 vote(s) »
Fermer Le Commentaire Par Courageux anonyme 19H35 31/05/2007
> L'Union européenne pousse les pêcheurs
Article très pertinent dans la mesure où il met bien en évidence les liens existants entre deux sujets à priori sans rapports.
Effectivement, le thiof est aujourd'hui hors de prix, voire introuvable dans la presque totalité des ports du Sénégal et de la Mauritanie, notamment à Saint-Louis qui est pourtant le berceau du thieboudienne (riz zu poisson traditionnel)... L'explication réside dans le fait que la majeure partie des prises est effectuée par des navires étrangers (européens en général et espagnols en particulier) pour être exportée.
Pour alimenter la réflexion sur le sujet, je suggère deux considérations.
La première est d'ordre démographique et sociétal. En effet, en considérant qu'un homme de la région est souvent le père de 8 ou 9 enfants nés de mères distinctes, il est aisé de comprendre qu'il ne pourra transmettre son patrimoine (qui est en fait son outil de travail c'est-à-dire sa pirogue) qu'à un seul d'entre eux, l'aîné en règle générale, les autres, après avoir mené une existance caractérisée par l'errance et été rejetés par les leurs, n'auront d'autre choix que de grossir les rangs des candidats à l'émigration.
La deuxième est plus pragmatique dans le sens où les bénéficiaires des licences de pêche ne sont pas les européens à parts égales mais plutôt les espagnols de manière presque exclusive, chose que l'on omet souvent de mentionner. Il s'avère que les espagnols sont, de par leur position géographique, en première ligne est que l'on a tendance à les victimiser alors qu'ils ne récoltent que les fruits de leur lobby auprès des institutions européennes. Le pire est qu'ils ont ensuite recours à des fonds européens pour se donner les moyens d'imposer, à la limite de l'ingérence, leur politique de maîtrise des flux migratoires (axée sur l'aspect policier plus que sur celui du développement) aux pays côtiers de l'Afrique de l'Ouest. Le beurre et l'argent du beurre en quelque sorte... U Rossu _________________ Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa Ma devise: se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE |
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